Chronique

Makja secoue les tripes au milieu d’un maquis de mots !

19 octobre 2016, P'titBapt

Makja c’est une fulgurance dans la nuit, une découverte qui d’un coup d’un seul vous marque. Makja c’est avant tout une voix, et puis une gueule et une intonation qui en découle. Makja c’est aussi et bien sûr des textes, et une instrumentation tellement particulière, pétrie d’influences mais vraiment propre au groupe. Makja est donc assurément un groupe à suivre, présentation de l’EP « Un camp », sorti en mars dernier.

Makja, Kalam de son prénom, a, dix ans durant, proposé son amour des mots sur les routes, sans forcément les enrober de musique, pour les distiller aux personnes susceptibles d’y trouver un réconfort. Quand on connaît le parcours de l’homme, les mots ont un sens.

Et puis un jour de 2013, le parolier a décidé de se tourner vers d’autres musiciens, pour habiller ses mots, leur donner plus de force et leur trouver un écho beaucoup plus important au cœur des précipices qui nous entourent.

Et le pari est réussi, Makja, signifiant Maquis en corse, est le symbole de ce besoin de liberté, qui crie, qui hurle, mais qui reste mélodieux malgré la force, et qui arrive à transfigurer le réel à l’aide d’une rime, d’une phrase sortie de sa candeur.

 

Ce qui frappe à dès la première écoute de cet EP, c’est la manière dont Makja absorbe l’auditeur dès les premières notes, dès les premières mots. Et rien ne vient du hasard. Les textes sont chiadés, les musiques s’y greffent parfaitement, alternant entre mélodies entraînantes, passages teintés de rock’n’roll, moments presque jazzy… les univers de ce premier EP « Un camp » sont multiples, et colorent cet album de manière admirable pour un premier disque.

Wake up détonne par son anglicisme simulé, et c’est avec une appréhension planante que l’on lance cette troisième piste. Appréhension vite levée, l’écriture s’envole bien loin des standards anglo-saxons inaudibles et inutiles dans lesquels s’engouffrent beaucoup trop de groupes talentueux. L’écriture se révèle souple et entraînante, facile à suivre mais nous obligeant à nous y plonger dedans, loin de cette lobotomie planétaire.

« Réveille-toi
Le plus dur n’est pas la chute, mais l’atterrissage
les minutes défilent vas-y, sort l’engrenage
coupe le fil, coupe la corde avant qu’ils t’annihilent
et qu’ils te rendent amorphes à en être immobile
                     […]
Lobotomie planétaire »

Makja, ce nom marque, et on le retient une fois les oreilles enfouies sous son flot de mot, partagé entre inspiration hip-hop et force de la chanson, en passant par les apparats du rock.  Sans oublier de pousser des coups de gueule. Habillement maquillés, justement abordés. Car c’est une société imparfaite que Makja repeint sous différents angles. Ces quatre titres en appellent indéniablement d’autres, sous peu on l’espère. A suivre. De très près !

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Décédé
2. Seule
3. Wake up
4. Un camp

Sortie : 18 mars 2016
Durée : 19 min
Genres : Rock / Chanson Française
EP: 1er

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