Interview

Dr Pââle et Hide à I love Patio (Montpellier, 34) 18.06

2 juillet 2021, OlivierS
Temps de lecture : 4’50

Le début de l’été rime comme chaque année avec le retour des soirées I love Patio et leur belle programmation. Un été qui débute le 18 juin dans les jardins de Victoire 2 avec un groupe que nous sommes ravis de retrouver, HIDE. L’occasion pour nous d’échanger avec son mentor Alban Barate, guitariste des versions live des Limiñanas et de L’Epée.

Mais avant tout, quel plaisir de retrouver le beau patio de la salle montpelliéraine de Victoire 2 ! La perspective de retrouver la musique en live et en extérieur nous a tenu motivés toute la semaine même si l’obligation de réserver en avance n’a pas permis à toute l’équipe d’être là. Mais bon, c’est le jeu des quotas, situation qui devrait s’améliorer dans quelques jours avec la levée des dernières « contraintes » liées au Covid. C’est donc assis et avec un service à la table que nous allons entamer cette première soirée estivale.

Et c’est la DJ Emeraldia Ayakashi, membre du collectif des mixeuses solidaires, qui aura la lourde tâche d’ambiancer la soirée malgré la contrainte de la position assise du public. Et ce ce qu’elle fera avec beaucoup d’inspiration. C’est une vraie bonne idée de faire appel aux talents de ce collectif montpelliérain qui ne déçoit jamais.

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Et qui dit concert, dit première partie. Ce rôle est endossé par le talentueux homme-orchestre Dr Pââle qui va déployer l’énergie de tout un groupe pendant son set. Un musicien habile de ses pieds (nus) et qui, armé de sa guitare et d’une mâchoire de sanglier, déroule un blues exotique entrainant et communicatif. Car le public est convié dans son groupe pour assurer une partie des chœurs pendant le set. Ce docteur un peu excentrique a trouvé le moyen de nous vacciner de tous nos maux accumulés ces derniers mois.

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Voilà une belle entame avant d’accueillir le groupe HIDE que nous sommes ravis de retrouver sur scène après la forte impression qu’il nous avait faite lors de la sélection régionale des Inouïs du printemps de Bourges il y a quelques mois, déjà à Victoire 2. Nous profitons de ce concert pour poser quelques questions à Alban sur ce projet et son évolution.

Bonjour Alban.  Merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Peux-tu nous expliquer la genèse du projet HIDE et comment il s’est construit en parallèle de tes autres projets (Les Limiñanas et L’Epée). Il représente un projet plus personnel ?

HIDE est effectivement né d’une envie de faire quelque chose tout seul à la base. Ça a commencé avec de la chanson folk. Puis petit à petit, d’autres idées venaient et ça a muri pour aboutir à ce que c’est devenu aujourd’hui : une musique éclectique avec beaucoup d’influences. Et puis ce sont les voyages que j’ai faits avec les Limiñanas pendant cinq ans qui ont nourri ma musique.

Lors de ton concert précédent, nous avons constaté que tu étais entouré de jeunes musiciens. Comment s’est constitué ce collectif ?

Je voulais avant tout trouver des musiciens intéressés par le projet. Et il est important de s’entendre avec les gens, surtout dans la musique. J’ai simplement rencontré des gens qu’on m’avait recommandés, que j’avais rencontrés ou à qui j’avais parlés ; des musiciens assez honnêtes pour prendre le projet à cœur et en faire quelque chose en live.

Quand on vous a vu sur scène la première fois, nous avons été marqués par votre énergie et surtout par l’envie qui transpirait des musiciens, de tout donner…

En fait, on n’est pas dans le calcul. Ça transparait comme ça doit l’être. Trop calculer rend malhonnête. Les choses se font sur le moment.

Personnellement j’ai senti une certaine liberté quand je vous ai vu, une certaine rage.

Oui bien sûr, il en faut. Surtout qu’avec l’époque dans laquelle on vit, on a très peu joué. Nous sommes dans l’attente depuis un an et demi ! Et puis les textes sont assez introspectifs. Les musiciens avec lesquels je joue le sentent aussi. Il y a un côté un peu épique, on se sent tous un peu embarqués dans cette rage positive qu’on a envie de transmettre.

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Ce qui nous avait marque également lors du concert des Inouïs était la cohérence du projet, comme si le groupe existait depuis longtemps.

Cela fait deux ans qu’on répète, qu’on fait des grosses sessions à la Casa musicale et au Mediator. Il faut laisser le temps aux gens qui en ont besoin et j’ai besoin de beaucoup de temps.

Finalement, la pandémie et l’état de claustration qui en découle m’ont fait un peu peur au début. Puis je me suis dit : c’est pas grave, tout le monde va bosser de son côté même si on est enfermés, et quand on a va se retrouver, les répétitions vont nous manquer. C’est exactement ce qui c’est passé. On a bossé pendant 10-11 mois à fond (grosses sessions d’une semaine) puis on s’est pas vus pendant des mois. Et dans qu’on s’est revus, en octobre dernier, ça a été la révélation. On a trouvé un sens au set du live.

Certains artistes n’ont pas réussi à travailler pendant cette période, d’autres si. La période a finalement été productive pour HIDE ?

Oui cette période n’a pas été évidente pour tout le monde. Pareil pour moi. On était dans le doute mais on ne pouvait pas sortir, il fallait se filer un coup de pied au cul.

C’est d’ailleurs la première fois qu’on joue devant un « vrai » public (le public des Inouïs était composé de professionnels, ndrl). C’était d’ailleurs à peine notre deuxième concert à cette époque ! Mais ce soir, c’est plus cool, c’est plus détendu, on a même eu le temps de faire des balances pendant 1h30 !

Tu évoquais les textes un peu plus tôt. Peux tu nous présenter leur autrice, Natasha Malakhova ?

Natasha est russe et vit à Perpignan depuis plusieurs années. Elle y écrit des poèmes en anglais (et a commencé a écrire en français). C’est quelqu’un de touchant avec une sensibilité forte. Elle écrit sur les thèmes de l’amour, de la possession, de la famille (l’amour de sa mère en particulier). J’ai essayé de prendre les textes qu’elle m’amenait pour composer. Comme par exemple pour le titre Sharon, qui est en fait un poème assez triste dont j’ai voulu faire une musique contrastée qui raconte une histoire, comme dans un film. Mais même si elle peut parfois être surprise par la musique que m’inspirent ses textes, elle m’a toujours fait confiance.

Poursuivons sur votre actualité avec un premier EP intitulé Mono & Decrease qui sort aujourd’hui chez Ditto music, mais uniquement sur support numérique ?

Oui on le sortira peut-être plus tard sur vinyle mais là on n’a pas encore beaucoup de concerts et je ne pense pas que le projet ait beaucoup d’audience pour l’instant (au delà de la région). Il sort néanmoins en numérique chez Ditto music grâce à Pierre-Etienne Aurousseau qui adore le projet ce qui est déjà super. Après, HIDE, est un petit projet et je ne suis pas pressé de faire 60 dates par an ! On verra comment les choses se passent à la rentrée. C’est déjà super d’être entourés par des professionnels qui croient au projet.

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Et le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas été déçus par la prestation de HIDE et par l’énergie hyper communicative du groupe. Ce groupe fait clairement partie des groupes à suivre attentivement en région car il ne devrait pas manquer de faire parler de lui très vite !

En attendant, les soirées gratuites d’I Love Patio continuent jusqu’au 16 juillet et il serait dommage de ne pas en profiter ! Toute la programmation est à retrouver sur la page de Victoire 2.

Crédits photos : Olivier Scher

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