Chronique

Goulamas’k « Luna roja » (2021)

22 septembre 2021, Aiollywood
chronique goulamas'k luna roja
Temps de lecture : 3’10

Nous poursuivons nos sessions de rattrapages des albums que nous avions envie de vous faire découvrir avant l’été avec une sortie datée du mois de mars dernier : « Luna roja », du groupe originaire de Béziers Goulamas’k. 5 ans après un « Resisténcia » plus que percutant, comment allons-nous retrouver notre joyeuse bande d’allumés ?

Avec ce nouveau 9 titres dévoilé au début du printemps et Maudits en guise de porte-drapeau, Goulamas’k est revenu avec des choses à dire dans un contexte sanitaire et culturel compliqué. Un album qui, comme d’autres, a une saveur particulière puisqu’il accouche du confinement, d’autant plus qu’une partie de l’équipe a changé.

La morosité du quotidien depuis un peu plus d’un an et demi n’a cependant pas entamé le moral des troupes : déjà très actif pour défendre l’enseignement des langues régionales, le groupe a multiplié les appels aux rassemblements et les occupations depuis l’allègement des contraintes sanitaires.

Au milieu de tout ça, il y a forcément aussi de la musique et des nouveautés sous le pavillon : une rotation s’est opérée parmi les musiciens et le groupe a élargi ses chakras. Bien ancré dans le paysage punk/ska depuis plus de 20 ans, on ne va pas apprendre Goulamas’k comment distiller de la bonne humeur communicatrice et revendicatrice. Le groupe connait la recette depuis bien longtemps déjà !

Avec « Luna roja », Goulamas’k revient avec 9 nouveaux titres qui s’inscrivent dans la continuité de ce qu’il nous avait présenté sur « Resistència » : c’est brûlant, c’est vivifiant, c’est hybride aussi. On retrouve cette fameuse touche musicale qui suit le groupe depuis si longtemps déjà, avec des morceaux ‘signature’ qui ont le don de faire bouger les têtes ! Tranquilet fait lever un vent de liberté avec un morceau teinté de vert qui part d’une base reggae pour s’envoler vers des cieux plus ska, plus punk. Une basse démoniaque qui répond à la caisse claire, et le tour est joué. Plus loin, Cash partie, fait aussi tourner la tête, reprenant un peu l’air du refrain de Skatalunya, pour dénoncer la course effrénée aux billets verts qui gangrène le monde. En faisant davantage les yeux doux au reggae, Goulamas’k nous propose des morceaux en montagnes-russes d’un point de vue rythmique pour mieux nous surprendre. Crebar de viure, en ouverture, en est un bel exemple : balloté sur la pagode occitane, tout se bascule, entre reggae, punk, world ou encore ska, l’immersion est plus que réussie et chaque virage réserve

Et cette douceur faussement dissimulée va se retrouver ailleurs : Illusoire, toujours très reggae, se fait accompagner d’une guitare électrique qui berce les songes, entre amours perdus et rêves envolés. Et la bascule opère : un des morceaux les plus calmes du répertoire de Goulamas’k réalise un demi-tour soudain, quasi-métal, pour s’estomper aussi vite qu’il est apparu. Cette surprise dans les sonorités travaillées, le groupe en a caché quelques-unes dans ce disque : le morceau suivant, Soi, part explorer des univers inhabituels, machines à l’appui. On garde bien entendu les influences habituelles, cuivrées et punkettes, traditionnelles aussi, avec un son qui se digitalise brusquement. Un final surprenant pour un essai transformé sans trembler ! Et Crebar de viure, en ouverture de l’album, en est aussi un bel exemple : balloté sur la pagode franco-occitane, tout se bascule, entre reggae, punk, world, ska ou encore electro, la virée est plus que réussie même si chaque virage s’appréhende. En 5 minutes chrono, c’était osé !

Au milieu de tout ça, il y a aussi les morceaux qui font partie de l’ADN du groupe, ces chansons qui portent haut les couleurs du groupe et qui font que Goulamas’k arrive toujours à sortir une mélodie qui fonctionne. Le titre éponyme, Luna roja, donne le ton de l’album, entre colère et espoir, et on aime la tournure que prennent les événements : une envolée rock laisse sa place aux instruments traditionnels et la lutte s’organise. On aime, aussi, le puissant Maudits qui remet les haineux fous de Dieu à leur place, en n’oubliant pas de rappeler la part de l’Homme dans cet engrenage. On se délecte enfin de Rôdeur, en mode apache, en mode Bérus, taillé pour couper dans le lard et enrayer la machine. Une bastos et puis tchao !

Bref, « Luna roja » est à découvrir, même 6 mois après sa sortie.

Goulamas’k, « Luna roja », disponible depuis le 28 mars 2021 (9 titres, 38 min.) chez GK Prod.

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