Le week-end dernier, c’était la 10ème édition pour le festival Loir’en Zic du côté de Brives-Charensac en Haute Loire. Alors, forcément, la programmation s’est mise au niveau. Et quand il y a autant de sourires et de bonnes humeurs au bord de la Loire, cela ne pouvait que très bien se passer !
Grande première pour Le Musicodrome qui découvre, avec des anciens de l’équipe, le chaleureux accueil des bénévoles de l’association en charge de l’organisation de Loir’en Zic. Sur place uniquement le second soir du festival, nous avons donc raté la première soirée avec la chaleur bondissante de The Locos (ex Ska-P) ainsi que duo éphémère Skarra Mucci meets Manudigital. Ce sont des choses qui arrivent…
Au programme de ce beau samedi, il y a de nombreuses activités qui s’offrent à nous l’après-midi pour profiter, avec une petite scène, d’un village gourmand et artisanal. Il fait chaud, il fait beau, le bar est déjà ouvert et le marchand de glace se régale. Entre les fripes, les créateurs et les différentes choses à déguster, il y a de quoi s’occuper et ce pour tous les âges.


20h30 approchant, voilà que les locaux de l’étape, Salut l’Orage, se chargent d’ouvrir en grande pompe le début des concerts payants de ce Loir’en Zic 2026. Encore inconnu à nos oreilles avant notre venue sur le festival, Salut l’Orage se présente sur la forme d’un combo rock, tendance pop. Les stéphanois n’ont toujours pas de premier album à leur actif mais cela ne saurait tarder : ils ont déjà un joli répertoire de morceaux et cela défriche un terrain rock sans concession. Textes en français, guitare affûtée et batterie aiguisée dressent le décor principal de Salut l’Orage : s’il y a forcément de l’orage dans l’air, il est surtout dans les têtes (De la sueur et des larmes) et aussi dans le cœur (Tu me manques). A l’image de ce titre, Salut l’Orage n’hésite pas à agrémenter sa toile de fond rock de synthé et de machines, digitalisant son univers. Tantôt intense, tantôt plus mélo, Salut l’Orage a ouvert comme il se doit cette soirée.

Sur les braises encore ardentes laissées par les stéphanois, les Zoufris Maracas ont une place toute chaude pour reprendre le flambeau. Nous n’en doutions pas : la côte de popularité des Zoufris est toujours au beau fixe ! Le chapiteau, ouvert sur les côtés, est absolument plein comme un œuf. Il faut dire que partir à la rencontre des Zoufris, c’est accepter un voyage vers un ailleurs pas si loin (lorsqu’ils racontent les misères du quotidien) et voguer au-delà des frontières. Il y a cette frénésie caribéenne, ces notes reggae, cumbia cuivrée qui mutent avec la chanson française et qui font surtout que les Zoufris Maracas ont une identité unique. Porté par Vin’s, Zoufris ne se résume pas qu’au chanteur, bien en contraire, il ne forme qu’un avec le restant des membres du groupe. Ils ne sont pas loin d’être dix sur scène et la force du collectif est puissante : avec leurs quatre albums au compteur, ils ont su combler les amateurs de la première heure, celle de « Prison dorée » (2012) tout comme les derniers arrivés de « La course folle » (2024).
En 1h45, Zoufris Maracas n’a fait aucun impair en revisitant tous ses albums : ils ont pu dérouler certains des grands classiques de leurs débuts (Prison doré, Ta mère, Un gamin) en choisissant de miser sur l’alternance. Même si les titres du dernier album sont majoritairement un peu moins cuivrés et plus calmes, plus grattés/swingués, les choix ont été payants : à l’image de Liberta, Si c’était pire, Les couloirs du métro, Le goût de l’eau, le public a suivi et a repris à l’unisson ces nouveaux titres. D’ailleurs, mention toute particulière à La douce illusion, une balade acoustique qui fait hérisser le poil… même si les spectateurs ont la fâcheuse tendance de parler pendant les chansons calmes.
Dans le grand bain de leurs influences musicales, Zoufris Maracas n’a pas oublié des morceaux de « Bleu de lune », devenus « incontournables » comme Mon ami, mon frère ou Sur quel pied danser, afin de continuer à dynamiter la fosse. On n’oubliera pas non plus le célèbre Bande de moules ou Chienne de vie, sur l’album éponyme justement histoire de boucler la boucle. Après plusieurs comiques de répétition (« ça va ? »), les Zoufris ont doucement glissé vers la fin du concert en nous offrant leur Pâle estime, morceau lumineux dévoilé l’an dernier, avant de finir en ébullition sur Bois bourgeois en mode punk !



Au fil des ans et des albums, les Zoufris Maracas restent fidèles à leurs idées et à leur sincérité : leur musique évolue et leur énergie reste intacte avec un nouveau concert solaire et festif. Nous avons déjà hâte de les recroiser !
Minuit passé, le chapiteau s’est un peu vidé avant de ré-attaquer avec les avignonnais d’Ashkabad. Eux qui ont remplacé, au pied levé, quelques jours avant le festival, Soom T, avaient donc la double tâche de clôturer aussi cette 10ème édition. Dans le cocon du chapiteau, c’est donc des effluves dub qui envahissent l’espace. Le duo en a sous la pédale et cela fait plus de 15 ans qu’Ashkabad façonne son univers, ils ont de nombreuses belles scènes à leur actif. En mode « International skankers » (2016), ils nous ont envoyé à Londres (London), grand classique de leur répertoire, à Pékin (Beijing) avant de partir sur leur « Fire drop » (2022). Avec JAEL, ils avaient concocté Out of space, et ils ont surtout partagé le toast avec de nombreux artistes en collab’. Du dub électronique, au dub steppa, de la techno au dubstep, Ahskabad a électrisé le chapiteau… qui est finalement resté jusqu’au bout !
2h00 sonne et l’édition 2026 du festival Loir’en Zic peut se refermer. Ce samedi soir fut une belle réussite (quand la bière commence à manquer au bar c’est que c’est bon signe !) et nous ne pouvons que recommander de découvrir ce festival. Une organisation parfaite couplé à un accueil chaleureux, soupoudrée d’une belle ambiance familiale, c’était un succès assuré !
Photos d’ambiance : Aïollywood (pas de photographe de l’équipe présent sur ce festival)
