Live Report

Festival Grain de Sel (Castelsarrasin, 82) 18-20.05

4 juin 2018, Remilubin

Le Musicodrome s’est déplacé jusqu’à Castelsarrazin dans le Tarn et Garonne (82), afin d’être le témoin de la deuxième expérience de Grain de Sel. Un festival le long du canal du midi qui mérite le détour avec sa programmation salée de diversité. Après cinq heures de route sous un soleil de plomb, c’est la pluie qui nous accueille sur les rives du festival. Bon ou mauvais présage ? Plus de doute à avoir, à l’ouverture des portes les averses ne sont plus qu’un vague souvenir et ce pour toute la durée des festivités.

Chaque soir, il nous a été proposé cinq heures de musique éclectique non-stop. Sur la grande scène, le public est sous le charme de Charlie Winston, le multi-instrumentiste chouchou des français qui a su donner le ton avec élégance. Et c’est le sourire aux lèvres que la foule se déplace vers la scène couverte pour danser et chanter avec la « Reine de la Nu Cumbia » La Yegros que nous attendions avec impatience en Europe pour nous présenter quelques un de ses derniers morceaux qui feront leurs apparitions dans les bacs à l’automne 2018. L’ambiance est chaude, rien de tel pour faire écho à l’affiche du festival.

Cependant les étoiles ne brillent jamais seules dans le ciel. Keziah Jones, General Elektriks et Naâman se succéderont sans nous laisser indifférent. Et c’est à travers l’énergie libre que dégage le public que l’on comprend l’expression « mettre son grain de sel » qui désigne une contribution active mais peu souhaitée. Vous nous demanderez « peu souhaité par qui ? ». Juste par tous ceux qui ont peur du pouvoir de l’amour, le pouvoir de créer et de partager. Nous retiendrons les paroles du chanteur Naâman « Give me some love we gonna build a house of love tonight » tirées de « House Of Love ».

Un festival à taille humaine où il fait bon se laisser porter, voilà notre premier ressenti, et c’est sur nos deux oreilles que nous rêvons déjà au lendemain.

Naâman
Festval grain de sel#2 Photo ©Rémi Lubin/OnePic

La Spedidam est une société qui met en valeur à travers le « réseau Spedidam » des artistes de toutes générations et des territoires qui ont en commun un sens affirmé de la relation entre l’artiste et le public. Partenaire du festival, elle nous offre gratuitement une scène ouverte le long du canal sur le site du Port Jacques-Yves Cousteau.

Que demande le peuple ? Les rencontres humaines sont aux rendez-vous et une ambiance décontractée et familiale règne en ce milieu d’après-midi. D’ailleurs, des découvertes, il y en a avec Wance, Oz Corporation et Denfima. Une ambiance plutôt hip hop où nous retiendrons sans conteste « l’Antihéros » Denfima, un rappeur originaire de Toulouse. Une béquille, du flow, du sens, du cœur, de la réalité. Il nous raconte son handicap et aborde les notions de choix et de liberté. « Bloqué là-haut » (également le nom de son premier album) est le titre que nous retiendrons car il traite la relation entre l’illusion et la réalité, un sujet que l’on ne peut traiter avec justesse qu’avec beaucoup d’humilité. Denfima est un artiste dont vous entendrez parler, il a d’ailleurs déjà chanté en avril dernier en première partie de Bigflo et Oli. Il finira son set avec une improvisation pleine de grâce qui nous dévoile son véritable talent. En résumé, nous pouvons dire : « Denfima, l’antihéros aux mots justes ».

Retour sur les grandes scènes du festival, cette soirée sera la plus éclectique : nous sommes samedi soir et il en faut pour tous les goûts à Castelsarrasin.

Chapelier fou, Malik Djoudi et Selah Sue nous entraîneront dans une ambiance très intime, des mélodies langoureuses s’alternent de grandes envolées mélancoliques. De la musique électronique, des violons, des textes, de la pop, guitare et clavier autant de diversité que d’émotions réveillées. Fort contraste avec la seconde partie de la soirée, qui rassemble une jeunesse endiablée.

Lorenzo, Lord Esperanza X Nelick et Salut C’est Cool nous rappellent que le monde peut être décadent, c’est le choc intergénérationnel, le fracas exprimé à travers une culture où les repères sont transgressés. Bon ou mauvais, ce n’est pas l’ambiance qui vous engagera sur la voie de la négativité. La foule est en transe reprenant en cœur les refrains, telle une armée de guerriers. Le festival Grain de Sel a su une fois de plus nous montrer que la différence n’a pas le parfum de l’indifférence. À nous d’en prendre de la graine.

Nous voilà dimanche 20 mai : que de kilomètres parcourus, de mélodies entendues, de litres descendus et de rencontres partagées. Quoi de plus beau que de vivre ces instants chargés de vibrations ?

Hilton et Agathe Da Rama deux groupes qui animeront avec succès la scène de la Spedidam. Du rock à la folk, de l’homme à la femme, du suave au rugueux, une route toute tracée vers le continent américain. Non loin des activités gratuites pour amuser les petits et les grands, ils nous ont enchanté tant par la qualité de leur textes que par leurs exigences musicales. S’ils passent vers chez vous, il n’y a pas a hésiter, vous repartirez sûrement avec un cd dans votre sac !

Rien de mieux que de se rassasier sur les différents food truck où l’on ressent que les organisateurs du festival (dont fait partie Sophie Valensi, directrice de la société Bleu Citron) ont mis un point d’honneur à ne pas décevoir ses festivaliers, en leur proposant une nourriture de qualité, car tout le monde sait que l’on « est » ce que l’on consomme.

Voilà pourquoi nous soulignerons cette fin de festival avec les chaleureuses Ibeyi, qui signifie dans la langue du peuple xhosa « C’est » et « Jumelle » en langue yoruba.

Skill Crew (rock, hip-hop, ragga), Les Négresses Vertes (rock alternatif), Villejuif Underground (rock garage lo-fi), Bagarre (clubbing), Feu! Chatterton (chanson française) sont tout autant de groupes que de styles musicaux qui entourent l’unicité dualiste des sœurs venezueliano-cubaine. Lisa-Kaindé Diaz et Naomi Diaz, nous apparaissent comme des messagers car elles s’adressent sans demi mesure à ce que nous avons de plus cher : notre cœur, l’estime que nous avons de nous même, notre capacité à donner et recevoir, en résumé notre pouvoir de créer l’histoire que nous voulons vivre.

Il en revient à chacun de nous de mettre notre grain de sel dans l’humanité. River chanson, symbole de leur succès, illustre à merveille ce doux festival convivial le long du canal du midi.

Come to you river
I will come to your river
I will come to you river
Come to you river
(Wash my soul)
I will come to your river
(Wash my soul)
I will come to your river
(Wash my soul again)

Carry away my dead leaves
Let me baptize my soul with the help of your waters
Sink my pains and complains
Let the river take them, river drown them
My ego and my blame
Let me baptize my soul with the help of your waters
Those old me’s are so ashamed
Let the river take them, river drown them

Carry away my old leaves
Let me baptize my soul with the help of your waters
Sink my pains and complains

Let the river take them, river drown them My ego and my blame
Let me baptize my soul with the help of your waters
Those all means are so ashamed
Let the river take them, river drown them

Wemile Oshun
Oshun dede
Alawede Wemile Oshun
Moolowo beleru yalode moyewede
Wemile Oshun
Oshun dede
Alawede Wemile Oshun
Moolowo beleru yalode moyewede
Wemile Oshun
Oshun dede
Alawede Wemile Oshun
Moolowo beleru yalode moyewede
Wemile Oshun
Oshun dede
Alawede Wemile Oshun
Moolowo beleru yalode moyewede

À l’année prochaine pour un Festival Grain de sel #3.

Crédits photos : REMI LUBIN/OnePic

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