Chronique

SOA « Sally » (2020)

18 mars 2021, Aiollywood
chronique soa sally montpellier
Temps de lecture : 3’10

C’est au beau milieu de l’hiver qu’un coup de chaud est venu nous chatouiller les oreilles : SOA, groupe montpelliérain né sur les cendres du Comptoir des Fous, a dévoilé un projet tout aussi personnel que réconfortant. Et par les temps qui courent, il est urgent de se souvenir des belles choses…

Avril 2020 aurait du marquer au fer rouge la sortie de « Sally », le tout premier album du groupe SOA créé par un artiste hyperactif dans la cité héraultaise, Boris Combes. Le swing’n’roll du Comptoir des Fous mis en pause, Boris Combes a surpris son monde en décidant de revenir marcher sur les plates-bandes d’un de ses premiers projets musical marquant, La Bronca. Louise va pouvoir souffler un peu… ou alors changer de registre car, sous la chapeau de SOA, il se cache des influences à la pelle.

Si le concert de présentation de l’album n’a pu avoir lieu, la joyeuse équipe a toutefois décidé de lancer son album à la fin de l’année dernière, en octobre. La machine va se lancer, patience, il suffit d’attendre encore un peu pour profiter du retour sur les planches. Ce moment, tant espéré, ne semble pas pour de suite mais vous aurez au moins la chance de siroter à votre guise les 12 titres de ce « Sally ».

Ici, pas de prises de têtes ou d’embrouilles : si le champ des revendications continue à être labouré, SOA a décidé de surfer sur une vague plus humaine, entre rassemblement, partage et métissage, pour ce voyage d’une cinquantaine de minutes.

Cette main tendue, on va l’accepter bien volontiers sans grommeler sur le titre d’ouverture de l’album, Les saveurs. Et elles sont marquées ! En compagnie d’Idik, c’est un hymne au soleil et à la liberté qui déboule, cuivré à souhait, qui rappelle forcément le monde de La Bronca. Par son influence musicale latine, les ressemblances existent, forcément, mais l’univers s’est enrichi : El viento, avec son combo basse/guitare, voit arriver des notes reggae avant qu’une facette rock regonfle le moral à bloc ! Énergie et passion font bon ménage, c’est certain.

Doucement, Sally va faire baisser la température, hors de question de tomber dans la facilité : sur des airs résolument ska, c’est finalement dans un écrin qu’il va s’exprimer. La basse donne le rythme, la trompette se charge de donner la marche à suivre vers Lo mental, encore avec Idik, qui est une première grosse claque de l’album. « Si senor », on lâche la bride et on emboîte le pas à Boris Combes qui nous amène loin de Montpellier, vers un ailleurs et un eldorado qui invitent à la danse.

Pas de doute, on a affaire à un très bon premier tiers d’album, coloré à souhait !

La suite est un peu moins équilibrée, chacun y fera son propre avis. Sur 1000 mots, première chanson vraiment chantée en français, la compo se montre percutante et elle va faire un sacré clin d’œil à La Bronca… Elle nous invite à se remémorer le passé tout en nous réservant un sacré lot de surprises avec un final de feu ! Alors que Contigo déboule, la carreta se profile : on y retrouve des similitudes à celle de Karpatt, sur leur dernier opus « Valparaiso », le côté cyclique freine un peu la portée du morceau.

Ce petit coup de mou contrebalance avec le départ sans faute de « Sally ». Destino n’apporte pas grand chose de nouveau à l’univers de SOA même si la longue instru est appréciable. Le temps de breaker, on se serait peut-être même passé de Ventura, boostée aux machines, qui manque sa prise d’élan.

Finalement, ce « Sally » va rallumer la lumière en réalisant de jolis tours de force : quand la tristesse est dépassée, c’est la fête qui finit par primer ! El dia de los muertos offre une vraie bulle d’air. Les notes se suspendent sur le fil en attendant de le dépasser. La douceur du moment se laisse bercer par des envolées cuivrées salvatrices. Plus loin, la deuxième compo penchant vers le français, fait également chavirer : Mayao, avec l’envoutant Adil Smaali (du groupe Aywa), dompte ses envies d’évasion pour un échappatoire illusoire. Les rêves enchaînés aux côtés d’Adil Smaali y font un bel échos et l’Orient se laisse approcher.

Enfin, c’est sur un hit tout droit sorti du répertoire de Ska-P (Cojinetes) que SOA boucle la boucle d’un album qui reste dans l’ensemble une belle réussite ! Une chose est sûre, vivement de les retrouver libre… et en live.

SOA, « Sally », disponible depuis le 4 décembre 2020 (chez Agami Productions).

Articles affiliés :

Détroit Bertrand Cantat

Détroit, un vent de fraîcheur et d’émotion dans les bacs (2013)

17 janvier 2014
"III" Näo (2014)

« III » nÄo (2014)

20 février 2014

Le Réparateur est Heureux et Gros, sans arrondir les angles ! (2016)

30 juin 2016

Pas de commentaire

Donnez votre avis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Conception & réalisation : Cereal Concept