Cage The Elephant « Cage The Elephant » (2008)

7 min de lecture
Critique Cage The Elephant "Cage The Elephant" (2008)

La semaine dernière a coïncidé avec une découverte intéressante : Cage The Elephant. Avec ce premier album éponyme, on tient là un groupe qui a tous les ingrédients pour percer !

Sur ce coup là, il faut reconnaître que nous avons un sérieux train de retard : sorti en 2008, l’album éponyme de Cage The Elephant a désormais trois ans dans la bouteille. Pire, entre temps, leur dernière galette est sortie. Peu importe, l’album qui nous a littéralement scotché est bien celui-ci. Si aux premiers abords il semblerait que les américains de Cage The Elephant se soient réappropriés le style des Arctic Monkeys, ce constat est cependant très réducteur.

Aucune originalité autour de la découverte : comme beaucoup d’autres, Cage The Elephant a été découvert grâce à son hit « Ains’t No Rest For The Wicked ». Le genre prédominant est l’indie rock, mais le groupe n’hésite pas à dériver vers le punk, le rock ou la pop selon les morceaux. Très rythmé, le début démarre sur les chapeaux de roues : « In One Ear » annonce la couleur. De larges embardées à la guitare électrique, un intensité déjà crescendo avec une certaine originalité dans le chant, agressif et parfois hurlant.

Cage The Elephant : explosion rock !

L’explosion sonore de ce premier track ne pouvait guère mieux lancer l’album. Le morceau suivant, « James Brow » s’inscrit quant à lui dans une atmosphère plus ‘indie rock’, plus proche de l’étiquette générale du groupe. La basse est très incisive, vous perfore le tympan, et pourtant le track dérive à la limite du punk sur la fin. Batterie en ébullition, claviers martelés, pour imaginer un Matt Shultz (chant) hystérique. La troisième piste est le fameux « hit » de Cage The Elephant : « Ains’t No Rest For The Wicked ». Cette piste provoque une première rupture musicale avec le restant de l’album.

Originaires du Kentucky, les membres de Cage The Elephant retrouvent un peu de leur racines avec un track très country en son intro, entre l’acoustique et l’électrique, pour que la mélodie développée ait ce don de vous embarquer dès la première lecture. A la fois attrayant et rythmé, Matt sait s’y prendre… Sur « Tiny Little Robots », le ton augmente d’ailleurs d’un cran : par ses riffs endiablés, on frôle le punk/rock pour finalement dégager une certaine douceur en seconde partie de morceau avec la mise en avant du synthé.

Lever le pied ? Interdit !

De courte durée, un nouveau hit pointe le bout de son nez, « Lotus ». En plein dans le registre « indie », « Lotus » alterne, dans la continuité du précédent track, la mélodie et la douceur au détriment de l’intensité. Moins hurlé et plus chanté, les chœurs donnent un côté ‘pop’ un peu absent jusqu’à présent même si les jeux de basse deviennent dévastateurs !

On enchaîne, pas le temps de lever le pied, « Back Against The Wall » met lui aussi une claque à l’auditeur. Matt démarre quasiment seul au chant pour finalement nous amener en plein cœur de l’Anglettere : c’est le morceau le plus proche des Arctic Monkeys et l’efficacité est le maître mot. L’intonation de Matt donne une seconde peau au track, les mélodies une nouvelle fois très accrocheuses. L’effet est immédiat. « Drones in The Valley » tangue vers un rock’n’roll plus affûté tandis que « Judas » fout une véritable claque ! Impossible de ne pas suivre les déviances psychédéliques de Cage The Elephant, qui peut débuter un track sur des notes douces avant de terminer avec des riffs sales.

Chaque track a son identité, aucune visibilité avant d’aborder un nouveau virage. Les deux derniers morceaux, « Soil To The Sun » et « Free Love » ne dérogeront pas à la règle : si le premier est plus ‘indie rock’, un phrasé lourd fait rappeler le bon temps du rock’n’roll des contrés US, le second a de quoi laisser pantois : Cage The Elephant s’hasarde même sur un punk rétro des années 80.

Alors, le verdict ?

Cage The Elephant a ce petit truc pour rendre les morceaux bougrement efficaces tout en proposant une réelle originalité dans leur composition : cet opus est à conseiller pour tous les amateurs du genre, on tient là 11 pistes d’une grande richesse qui poussent à la fête. Ils font bien sûr des groupes à ne pas rater à Rock en Seine.

Cage The Elephant, « Cage The Elephant », disponible depuis juin 2008 (11 titres, 37 min.)

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent

The Prodigy « World’s on fire » / Danakil « Échos du temps » (2011)

Article suivant

Rencontre avec Le Comptoir des Fous et son « Volume 2 »

Dernières publications

Grife « Girlcott »

Après un premier essai matérialisé par l’EP « Grand galop » en 2024, voilà que le duo Grife