Chronique

A Backward Glance On A Travel Road « A Backward Glance On A Travel Road » (2011)

7 janvier 2012, Aiollywood
Critique A Backward Glance On A Travel Road "Album éponyme" 2011

Derrière le nom imprononçable de A Backward Glance On A Travel Road se cache un jeune groupe montpelliérain, encore méconnu pour la plupart, mais qui s’est fait remarquer en assurant de nombreuses premières parties de My Own Private Alaska. Plongé dans l’inconnu, le cd se lança. Vous savez ce que c’est les premières fois : on écoute sans réellement écouter et on attend cette fameuse accroche qui va faire office de déclic. Et d’entrée, A Backward Glance On A Travel Road frappe. Sans prévenir.

Sur « A Backward Glance On A Travel Road », album éponyme, la première piste vous met déjà une immense claque. Emmanuel Jessua et Thibault Lamy, bien connus du paysage montpelliérain à travers le métal produit dans le groupe Hypno5e, se sont lancés dans ce projet avec une créativité qui dépasse tout ce que l’on aurait pu imaginer : « Regular Barbary » retourne les sens et les martèle de manière orchestrale. En près de 6 minutes et 30 secondes, l’auditeur passe par tous les stades : de l’électro acoustique à la folk, des percussions au piano, ce premier titre va puiser au plus profond de votre âme. Un peu comme si ce morceau était le fruit d’une rencontre improbable entre Thom Yorke, Ez3kiel et Rodrigo y Gabriela.

Les autres pistes, même si certaines se montrent très inégales par leur intensité, tendent vers une diversité à la fois sombre mais maîtrisée. Acoustique et très noir, « Falling » vient déchirer les profondeurs avec choeurs, carillons, guitare sèche et violencelle. Très doux, le silence pesant est parfois entrecoupé d’une batterie qui n’en fait qu’à son aise… On reconnait les racines, les sonorités rock ne sont jamais très loin.

Sur « Johnny Got His Gun », la folk se fait plus présente et voilà qu’une nouvelle embardée de 6 minutes vient bercer l’auditoire. Chants sussurés, guitare sèche à peine effleurée, coeur du morceau très trip hop digne du monde merveilleux d’Ez3kiel pour finalement exploser dans une marmite de sonorités : du rythmne effréné de la mandoline se répand une chaleur presque Andalouse alors que le morceau se conclu dans un terrifiant appel à l’aide.

Au cours des deux mélodies suivantes, « In Absentia Part I » et « In Absentia Part II », A Backward Glance On A Travel Road s’est lancé dans la chasse aux démons : après une parade qui sonne finalement très pop, la seconde partie s’avère davantage réussie. Une nouvelle fois, la force des mots et la poésie que distille A Backward Glance On A Travel Road finit par faire le reste du travail. Puissante pour ne pas dire orgasmique, la subtilité des voies masculines et féminines enveloppe chaque composition dans une chrysalide que l’on n’ose à peine toucher.

Proche de la fin de l’album, il ne compte que 8 pistes, « Hier Régnant Désert » part à l’assaut du temps avec des mélodies cycliques entêtantes où le rock assiège les jeunes remparts érigés. « Heat », lui, ne fait qu’agrandir l’emprise de ce dernier pour faire sauter la forteresse. Dans une véritable incarnation, la folk tend de plus en plus vers le côté alternatif originel du groupe. Dans l’ultime composition, « Approximativement Moi », on se demande bien comment un tel qualitatif peut être accolé à A Backward Glance On A Travel Road. Loin de l’approximation, le son est pourtant d’une précision déconcertante.

Avec une intensité fluctuante et un album chargé d’émotions, cette galette retourne les sens. A Backward Glance On A Travel Road tombe les barrières, repousse les limites et la sincérité de ses morceaux est touchante. Avec une simple guitare sèche, une batterie et des samples bien trempés, A Backward Glance On A Travel Road met le monde à ses pieds.

Lentement, des bruits de pas envahissent les enceintes… la fin est proche. Comme pour rappeler qu’après huit tracks et 40 minutes, A Backward Glance On A Travel Road  se parle à lui même :

« j’essaie de cerner ma propre pensée et la parole. D’où vient la parole ? Peut-être que les gens parlent sans arrêt comme les chercheurs d’or. Pour trouver la vérité, ils éliminent tous les mots qui n’ont pas de valeur. Pour finir, ils en trouvent un. Tout seul. Or, un seul mot tout seul, c’est déjà le silence »(paroles « Regular Barbary »).

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1) Regular Barbary
2) Falling
3) Johnny Got His Gun
4) In Absentia Part I
5) In Absentia Part II
6) Hier Régnant Désert
7) Heat
8) Approximativement Moi

Durée : 40 min
Année : 2011
Discographie : 1er
Genre : Rock alternatif

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