Live Report Reportage

Bref. J’ai fait le Positiv Festival… au théâtre antique (Orange, 84) 05.09 #6

10 septembre 2020, OlivierS
Temps de lecture : 4’30

Par les temps qui courent, assister à une soirée de festival relève de l’exploit. Pourtant, loin de baisser les bras, la team du Positiv Festival n’a pas lâché l’affaire et a proposé deux soirées d’électro libératrices dans l’écrin millénaire du théâtre antique d’Orange.

Billets réservés depuis plusieurs mois, il était difficile d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler notre vie en ce mois de septembre 2020. Annulation après annulation, la saison des festivals est devenue un désert musical et l’été n’a pas retenti de sa joie habituelle. Et pourtant, dans tout ce marasme, une lueur d’espoir a jailli du côté de la scène électronique. Contre vents et marées, le Positiv festival a bien eu lieu et on ne remerciera jamais assez les organisateurs de nous avoir offert ça ! Car de l’aveu de Julien Gaona, organisateur de l’événement, les choses n’ont pas été simples : « Nous avons reçu l’arrêté préfectoral autorisant l’événement avec le protocole à respecter une semaine avant. Mais le sous-préfet a ensuite demandé son annulation le mercredi (deux jours avant ndrl) à cause de la circulation active du virus ». Ce sont donc des réunions jour et nuit et le sérieux de l’organisation proposés qui ont fini par faire basculer la balance du bon côté.

Alors, ça marche comment un festival en mode Covid ? C’était bien la question que nous nous posions en approchant de l’antique théâtre d’Orange. La page de l’événement avait bien était claire sur le protocole : port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique, prise de température (par caméra, que croyez-vous) et distanciation physique. Voilà pour les consignes. Et c’est bien ce qui a été appliqué en arrivant. Nous avons même eu droit à une prise de température au thermomètre infrarouge en plus des caméras.

L’entrée du Positiv Festival

Pour la suite, la fouille classique et le contrôle des billets. Jusque là rien de bien perturbant pour les adeptes de concert que nous sommes. Si, un détail important :  il n’y avait pas de buvette sur le site. Et ceci a demandé pas mal d’adaptation nous précise Julien : « l’ouverture de notre buvette a été interdite le vendredi. Nous avions bien prévu 4 désoiffeurs (personnes qui se baladent avec un sac de bière sur le dos pour aller servir directement les spectateurs, ndrl) mais il a fallu en trouver beaucoup plus ». Si ce manque d’effectifs a créé pas mal de mécontentement le vendredi soir, 16 désoiffeurs étaient opérationnels le samedi. Julien nous confie d’ailleurs que le boulot n’est pas de tout repos puisqu’on a dénombré deux entorses parmi ces derniers ! Bon, concrètement, nous n’avons bu qu’une bière de la soirée vu les grappes qui se créaient autour de ces messies de la boisson dès qu’ils apparaissaient au coin d’un escalier. Difficile de savoir qu’elle serait la solution la plus opérationnelle dans ce type de configuration. Comme certains l’ont dit de manière assez philosophe : « au moins, nous ne rentrerons pas trop alcoolisés cette année ! ».

En entrant dans ce site chargé d’histoire, nous ne pouvons qu’être envoutés par la grandeur des lieux. C’est beau et immense et cette impression est d’autant plus marquée que seul l’hémicycle est accessible aux festivaliers. La fosse est en effet condamnée (occupée par une grande fresque réalisée en live) ainsi que la partie supérieure des gradins. Julien Gaona nous a expliqué que « 3 300 billets ont été vendus pour une jauge de 6 600 places dans l’hémicycle. Ceci permet de garantir qu’une place sur deux est libre et donc que la distanciation physique peut se faire ». La jauge est en effet de près de 10 000 places dans le théâtre en configuration complète.

Niveau occupation de l’espace, il faut reconnaître que dans l’ambiance de feu assurée par Nicolas Cuer, N’TO et Stephan Bodzin, personne n’avait la tête à rester assis. Le public est donc rapidement passé en mode « fête » avec cette joie non dissimulée d’enfin communier ensemble dans la musique. Et dans ce contexte, chapeau à celles et ceux qui ont conservé leur masque, une belle manière de soutenir les organisateurs qui ont mouillé la chemise pour que tout cela ait lieu. Ensuite, comme dans tout festival, on a eu droit à la bière dans le dos (malgré la rareté du breuvage), au mec bourré qui te tombe dessus et surtout à la nana qui s’est mise à pisser entre deux gradins (si tu te reconnais). Bref, un beau festival !

Enfin, même si tout semblait rouler, il y a eu l’annulation de dernière minute qui fait mal. Ce sont les allemands de MEUTE qui devaient initialement conclure la soirée et beaucoup de monde n’avait réservé que pour eux. Malheureusement « bien que tout soit calé depuis des semaines, l’hôtel, la récupération du groupe à Marseille (ils devaient jouer au Moulin la veille initialement, ndrl), ils ont annulé à cause de la quatorzaine qui leur était imposée à leur retour en Allemagne, les empêchant d’assurer plusieurs dates dans la foulée » nous explique Julien. C’est le projet de WORAKLS² qui s’est immédiatement imposé dans la tête de l’équipe (ce dernier devant initialement jouer au Family Piknik, annulé lui aussi). Un choix évident à la fois pour l’orga et pour le public qui ne pouvaient rêver de meilleur final pour ce festival rescapé de l’été 2020.

Cette expérience de festival réussi dans un contexte sanitaire qui empêche le monde des musiques actuelles de vivre depuis plus de 6 mois est un signe positif envoyé aux décideurs. Entre parenthèses, cette question n’a pas posé autant de problèmes dans certains sites comme le Puy du Fou qui a accueilli jusqu’à 12 000 personnes cet été dans les tribunes de sa cinéscénie. Et au-delà de la politique, c’est surtout un « bol d’air offert aux 3 300 (fois deux) spectateurs présents pour le Positif Festival. On a levé les angoisses, on a apporté quelque chose à tous ces gens et on s’est battu pour ça » nous déclare Julien Gaona. Ce dernier tient d’ailleurs à remercier tous ces festivaliers « qui se sont déplacés et ont soutenu la culture en étant-là ce week-end ».

Bref. J’ai participé à un festival cet été.

Les live du Positif Festival seront consultables sur la page de Clubbing TV dès ce week-end.

En photo de couverture, l’extrait d’une fresque d’Adec sur un mur de l’incontournable Expo de Ouf à Nîmes (30).

Photos prises exceptionnellement au téléphone.

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