Chronique Express

Al’Tarba « The sleeping camp » / Orfaz « Home run » (2014)

28 mai 2014, Aiollywood

Les chroniques express de la semaine mettent à l’honneur une nouvelle fois deux EP’s qui ont particulièrement attiré notre attention. Le premier, celui d’Al’Tarba, par la pochette de son album aguichante et surtout par la renommée du monsieur toulousain, mais aussi celui du groupe Orfaz qui vient, avant-hier, de dévoiler son nouvel EP, « Home run ».

Al’Tarba « The sleeping camp » (21 avril 2014) -ABSTRACT HIP HOP-

Al’Tarba n’en est pas à son premier coup d’essai : avec déjà 3 albums dans sa valise en moins de 10 ans de carrière, Al’Tarba a décidé de prendre le temps avant de sortir son quatrième opus, « Let the ghost sing », prévu pour l’automne 2014. Cette envie de se poser et de diversifier sa griffe sonore, cela se ressent d’entrée dans ce nouvel EP, « The sleeping camp », composé de 4 titres et signé chez des habitués du Musicodrome, le JFX Lab, le net label de Jarring Effects. Peu de tracks à se mettre sous la dent mais une tracklist qui fait boum ! Dans cette ambiance sombre et planante, Al’Tarba enveloppe l’auditoire avec des airs de fantômes, comme un bon vieux phonographe qui n’aurait pas gémi depuis un p’tit bout de temps. Des sonorités d’orient à une rythmique hip hop qui va tutoyer les cimes du dub et même du jungle, Dusty signal envoie un premier coup de clairon d’une finesse et d’une puissante déconcertante. Sur Sleeping camp, on se surprendrait presque à vouloir camper avec lui, autour d’un feu, et partir à la découverte de son incroyable armoire à sons : abstract hip hop, contrées lyriques trip hop, scratches et envolées électroniques en tous genres, c’est efficace et terriblement frais. Ce métissage sonore, il le pousse encore plus avec un décapant Hé garçon, quasi-vintage avec ses samples extraits de films de guerre cultes, aux côtés de Dj Ni’xon. Enfin, Al’Tarba n’oublie pas aussi ses racines : lui, qui a toujours été baigné dans ce rap rugueux et violent, revient aux fondamentaux avec le flow de Dirt Platoon au micro sur Heat holders. Comme un boulet rouge, Al’Tarba tire à grands coups de canon dans la marre, n’hésitant pas à sortir des sentiers battus qu’il avait balisé auparavant. Riche, propre, séduisant, on a franchement hâte d’être en octobre prochain pour voir le résultat sur LP ! Dommage que cela ne fasse qu’un petit quart d’heure d’écoute…

Orfaz « Home run » (26 mai 2014) -ELECTRO/DUBSTEP-

Orfaz

Orfaz a toujours jonglé entre différents genres : de l’electro au dubstep à coups de basses suintantes, Orfaz avance à visage découvert. A l’heure où le dubstep est devenu monnaie courante en 2014, difficile d’y trouver de l’originalité à force de voir comment il est trituré et torturé dans tous les sens. Mais Orfaz a su s’y prendre différemment : après avoir tapé dans l’oeil du public aux SFR Jeunes Talents du Printemps de Bourges en 2013, un intérêt plus que naissant a commencé à grouiller autour du groupe parisien. Oui, « groupe », car ce n’est pas qu’un seul homme qui se retrouve aux manettes du crew. Sur scène, ce sont cinq producteurs de musiques électroniques qui se renvoient la donne (DJ, batterie, basse, guitare, effects batterie), conférant ainsi un style propre à Orfaz. Et quand les parisiens ont sorti leur troisième EP, « Home Run », avant-hier, ces derniers n’ont guère mis de temps à prouver qu’ils ne faisaient pas les choses à moitié : 5 titres pour 22 minutes d’écoute, on a été habitué à plus court comme durée d’EP. Et ça tape d’entrée ! Sous le track éponyme de l’EP se cache des soupçons de rock avec les machines dubstep, même drum’n’bass par moment, saturant le tout et laissant place à une ribambelle de scratches hors contrôle. Et cette intensité ne diminuera jamais ! Que ce soit sur Gold fader où un son digital prend le pouvoir avant que N2O n’enflamme le dance-floor avec son electro/dubstep bien léchée, Orfaz nous propose-là un penchant nettement plus electro qu’auparavant. Si l’on peut parfois souligner le côté répétitif des mélodies, Coldsweat laisse aussi présager une explosion sonore avant qu’Elephant trap, et ses infrabasses en plus, ne mettent tout le monde d’accord… La configuration live avec DJ et musiciens risque de faire ressortir ce joyeux mélange de manière inconsidérée, où electro, dubstep, rock ou encore jungle risquent de faire un fort bon mélange !

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