Avec la belle saison, le Théâtre de la Mer reprend des couleurs et se prépare à quatre mois de soirées non stop. Pour sa réouverture, Unænime Collective (Festival BAZR, Le Dancing) a vu les choses en grand en invitant l’icône indie-rock britannique Peter Doherty. Une soirée parfaite face à notre belle méditerranée et une émotion au delà de ce qu’on aurait pu imaginer.
Venir passer une soirée au Théâtre de la Mer, quand on ne vit pas dans l’île singulière, c’est un peu comme partir en vacances. Et le dépaysement commence dès le parking, à l’entrée de la ville, où la navette fluviale nous attend pour un départ toutes les demi-heure vers le centre. La soirée commence donc par un petit tour (gratuit) sur les canaux qui nous amène jusqu’à la Criée, tout près du Théâtre de la Mer, notre objectif du soir. Piloté par des pêcheurs qui n’hésitent pas à nous livrer quelques anecdotes et bons mots, la navette offre un petit moment de détente aquatique bien agréable.
En nous rapprochant de l’édifice Vauban, la file d’attente est déjà bien constituée. Le ciel est bleu, l’air marin un peu frais et nous avons hâte de retrouver la plus belle scène du littoral occitan.
C’est toujours un émerveillement de redécouvrir les gradins face à la mer, et cette scène, toute en bas avec pour seul horizon la Méditerranée.
Première étape, aller chercher à boire. Pendant ce temps, nous voyons débarquer sur scène Peter Doherty, qui vient farfouiller dans son étui à guitare. Il en extirpe des fascicules en papier dont il arrache certaines pages… Tout le monde le regarde faire avec étonnement. Une fois sa tâche terminée, il vient prendre le micro pour souhaiter la bienvenue à tout le monde et nous expliquer qu’il a des fanzines uniques et introuvables ailleurs qu’il vend 10 € pièce.

Ce fanzine, On Strap, est l’outil de « propagande officielle » de son label Stratford Records. Lancé en décembre 2025, il avait envie d’un format papier, à l’ancienne et bien foutraque. Force est de constater que le concept fonctionne avec des dizaines de fans tendant des billets pour accéder au Graal du soir. La scène est totalement surréaliste, avec un Peter Doherty vendeur à la sauvette au bord de la scène. Il prend néanmoins le temps de discuter avec tout le monde et récupère même un portrait de lui qui restera sur scène pendant le concert de Charles Bueller.

Et c’est donc bien Charles Bueller qui à la responsabilité d’ouvrir le Théâtre de la Mer cette année. Artiste embarqué dans l’aventure du label Strap Originals de Peter Doherty, son premier album devrait sortir incessamment. On retrouve d’ailleurs une filiation directe avec son mentor.
Seul avec sa guitare, Charles Bueller crée une atmosphère éthérée et planante. En quelques titres, il nous dévoile un univers très sensible qu’il faudra prendre le temps de découvrir sur son album à venir.


Alors qu’on s’attendait à voir arriver, Peter Doherty, voilà que nous découvrons Vincent Bricks sur scène, invité surprise de l’artiste anglais. Ce dernier devait jouer au Muge ce soir là puis rejoindre le théâtre de la Mer pour assister au concert. A peine après avoir déposé son matériel en loge, Peter lui est tombé dessus, l’a complimenté sur son look et en particulier sur son chapeau. Or ce chapeau lui a appartenu et Vincent Bricks le possède depuis 10 ans au moins ! Ni une, ni deux, Peter l’invite à rejoindre la scène où il jouera deux morceaux. Impro totale et grand plaisir pour ce dernier.

Puis c’est enfin l’arrivée sur scène de la star de la soirée, Peter Doherty, que l’on trouve beaucoup plus affuté qu’il y a quelques années au Ckeck-in festival dans la Creuse.
Quelle présence, quelle classe, quelle manière de malmener sa guitare avec puissance !
Il y a de la générosité dans ce set et de cette désinvolture punk et britannique qu’on adore.
Naviguant entre les titres de The Libertines, Babyshambles ou les siens, Peter Doherty électrise la scène, faisant oublier qu’il est tout seul avec sa guitare. Le public est lui aussi bouillant, incandescent, prêt à reprendre à chaque morceau avec le chanteur désormais presque français.
De Can’t stand me now à Don’t look back into the sun ou Fuck Forever, Peter Doherty nous entraine dans un tourbillon de bonheur punk qui rend cette ouverture de saison au Théâtre de la Mer, légendaire.





En fin de set Charles Bueller rejoint Peter Doherty pour entonner deux derniers morceaux avec lui, des Beatles à The Libertines, dans ce style si intense auquel le musicien nous a habitués.

C’est le cœur rempli de joie que nous quittons le Théâtre de la Mer, avec le sentiment d’avoir assisté à un moment précieux que seuls les grands artistes savent offrir.
Merci à Unaenime Collective pour l’accès à cette soirée.
Crédits photos : Olivier Scher
