Après les avoir enfin vus sur scène en décembre dernier au Trabendo à Paris, nous avons le plaisir de retrouver Gwendoline à Montpellier. Derrière leur cold wave minimaliste, un projet plein de cynisme et d’engagement qui ressemble à la bande son de notre époque.
Je ne vais pas le cacher, j’ai vraiment sauté de joie quand j’ai découvert que Rock it to the Moon avait programmé le duo breton par chez nous. Et avec la flotte qui tombe depuis des semaines sur le Sud, on était vraiment dans l’ambiance brestoise pour les recevoir dignement, comme à la maison.
Nous arrivons au Rockstore après un bon apéro et découvrons sur scène le duo avignonnais It Was Me. Composé de Smiley aux machines et Dean Chord à la guitare, It Was Me nous propose un set assez brut qui fait la part belle aux boites à rythmes, samples et riffs de guitares.
L’énergie est là, en particulier sur des titres comme Like your dance qui nous attrape par son côté groovy réhaussé d’effets sonores que l’on aurait tiré d’une vieille console de jeux. Même impression sur Pas d’accord qui rappelle certaines ambiances électro-rock des années 90.


Il m’a cependant manqué quelque chose pour pouvoir entrer dans leur univers. Je reste donc un peu partagé sur leur set qui a cependant touché un certain nombre de personnes.
Je profite de la pause pour discuter avec les fidèles Jérome & Agnès du Sac à Son et Monc PlayTime qui n’auraient pas non plus raté cette date. Nous nous étonnons de ne pas nous retrouver dans une salle comble ce soir, d’autant plus pour moi après la folie vécue au Trabendo en décembre.
Mais pour l’instant, c’est Gwendoline qui va s’emparer de la scène. Le dispositif scénique est composé d’un écran qui diffuse des images très explicites et engagées, souvent surmontées des paroles, ce qui crée un karaoké très efficace pour gueuler tout notre désespoir du monde moderne. C’est d’ailleurs avec La fin du monde que le set démarre. De quoi entrer dans le vif du sujet avant de s’ambiancer sur Clubs puis l’incontournable Chevalier Ricard qui parle de cette facilité à décrocher avec le quotidien ou avec la vie en en n’ayant plus rien à foutre de rien.
Le couple n’est pas épargné non plus avec Âmes sœurs et les désillusions qui sont attachées à l’amour, ou du moins à l’image que nous nous en faisons.

Avec Conspire, peut-être mon titre préféré, on se retrouve face à toutes les incohérences de notre monde génial et l’injection à l’accepter tel qu’il est. Un titre d’une grande noirceur qui donne envie de renverser la table et de tout casser, un putain d’hymne pour se (sous)lever.
Après ça, il faut reprendre notre souffle, ce qui sera fait avec Pinata et Rock 2000 qui nous invite au lâcher prise total.
« Tous les soirs, c’est la soirée de l’année, Même si les bars sont déjà fermés »
Petit passage par une reprise réussie de Macumba de Jean-Pierre Mader, histoire de prolonger cette exquise expérience du monde la nuit.



Le set se termine avec les rêves de gloire de Héros national et l’hymne à nos cités avec Merci la Ville.
Les bretons reviennent sur scène une dernière fois pour Startup Nationale et Audi RTT et son slogan
LA VIE, C’EST DUR PUTAIN !
écrit en rouge sang sur fond noir.
Rien à dire, Gwendoline c’est une expérience cathartique, un moment pour se libérer de tous ces trucs qui nous pèsent au quotidien en les nommant et les pointant du doigt. Et rien que pour ça, merci Gwendoline !
Les lumières se rallument sur le 113 et son Tonton du bled qui nous permet de repartir du Rockstore avec le sourire.

Crédits photos : Olivier Scher
