Nous voilà de retour au Yeah! après une première soirée incroyable qui nous as transportés. Nous vous proposons une immersion dans cette deuxième journée sous le ciel de Lourmarin.
Nous arrivons sur site en fin de journée, juste le temps d’attraper au vol la déambulation du DJ Claude Framboise qui a officié toute l’après-midi auprès du non moins réputé Hugues aux Fraises du côté du village pour une Déca Dance Partie qui a revisité les années 60 à 90 en quatre heures.

L’ambiance est joyeuse et nous amène tranquillement vers l’entrée du château, but affiché de notre soirée.
Dans les festivals, on a tendance à vite prendre des habitudes. Pour nous, c’est direction le stand des marseillais pour des panisses et du poulpe accompagnés du chant des cigales.
Sur la petite scène, nous découvrons ce soir un duo féminin belge portant le curieux nom de Mek Dr Dr. Armées d’une basse, d’un clavier, de pleins de percussions, Mien et Sara proposent une musique minimaliste très punk et libre.
Elles nous expliquent avoir fait 11h de route pour se retrouver avec nous ce soir. Et avoir l’impression d’être arrivées dans un lieu paradisiaque. C’est donc avec beaucoup de joie qu’elles enchaînent leurs morceaux jusqu’à un improbable morceau qui intègre une imitation de vomissures plus vraie que nature. Au delà de cette anecdote, Mek Dr Dr est un projet foutraque rafraîchissant bien adapté à ce début de soirée.


Les portes vers la place du château s’ouvrent avec, comme hier soir, Ruddy Aboab aux platines. Programmateur de grands festivals (Rock en Seine, les Inrocks), il est en outre direction de FIP depuis 2022 ! Nous aurons droit à une sélection aux petits oignons à chaque inter-plateau.

C’est une bande de jeunes musiciens anglais qui va emporter notre cœur ce soir. Ce groupe orchestral n’en finit plus de récolter des éloges et on le comprend ! The Orchestre(For Now) est une véritable révélation post rock.
Les sept musiciens mélangent cordes et batterie pour un rock orchestral et théâtral qui embarque immédiatement. Le dernier album, « Plan 76« , est une réussite absolue dans ses montées puissantes et ses mélodies parfaites. Pourtant, il n’en joueront que deux morceaux ce soir Amsterdam et Hattrick en début de set. Le reste se retrouve dans « Plan 75 » sorti en 2025 (Skins, Wake Robin) ou n’existe pas encore sous forme de disque (Only for the Day, Kindly Waits, Charlie’s Theme).
Mais quel pied ce concert, et que dire de l’attitude de son frontman, Joseph Scarisbrick, clope au bec avec ou sans verre de vin (genre mauvais garçon auquel on ne croit pas trop). On vous invite à vraiment les découvrir sur scène, plaisir assuré.





La soirée se poursuit avec le quatuor Gros Coeur et ses rythmes psychédéliques. C’est franchement plaisant mais ça tourne en boucle au bout de moment, en ayant l’impression d’une boucle qui ne s’arrête jamais. Peut-être que cette impression est liée au côté un peu figé de la scéno ?
J’en avais lu pas mal de bien mais n’ai pas été convaincu par le projet ce soir. Le public est quant à lui plus réceptif avec une bonne transe partagée en fin de set.



Changement radical d’ambiance avec le groupe Sarāb qui mixe poésie arabe, gros riffs métalleux et synthés analogiques. Alors est-ce que ça marche ? Oui, en partie mais on s’y perd un peu. Le mélange de la langue arabe et du métal donne un résultat souvent époustouflant que nous n’avions jamais entendu. Mais sur la longueur, on se perd parfois dans le projet. Peut-être est-ce lié à la présence trop importante des guitares qui couvraient trop la voix de Climène Zarkan ? Nous nous sommes d’ailleurs déplacé au fond du public afin de mieux profiter de l’expérience.
Le projet est en tout cas à découvrir en live pour une expérience totale.



Nous terminons la soirée sur le deuxième choc du jour. Je ne savais pas à quoi m’attendre mais la claque reçue par Adult DVD est sévère. On a vraiment l’impression d’avoir une bande de potes sur scène qui prend un malin plaisir à faire disjoncter le public avec une nonchalance extrême.
Originaire de Leeds, le groupe mené par Harry Hanson (mains planquées dans ses manches, derrière le dos) est né pendant le confinement du Covid. Peut-être que cette volonté de faire danser les gens jusqu’à plus soif vient de cet événement ? Une manière de vivre plus fort après cette privation totale de notre liberté de mouvement.
En tout cas, le set est efficace et on n’en demandait pas moins pour finir la soirée.



On se retrouve pour la dernière journée dans la chronique à suivre.



Crédits photos : Olivier Scher
