Une dernière journée aux Eurockéennes – Jour 4 (Belfort, 90) 05.07

12 min de lecture

Finalement, je commence à m’y faire à cette marche quotidienne pour retrouver le cœur des Eurockéennes sur le magnifique site du Malsaucy. Comme hier, je viens en avance (interview avec Jenny Beth en fin d’après-midi). L’ambiance est toujours aussi douce et agréable. C’est déjà dimanche et la soirée sera plus condensée que les deux dernières.

The Hives pour lancer les hostilités

Interview oblige, je n’aurai pas le plaisir de revoir Joe Yorke. Dommage car j’avais bien apprécié son concert à Marseille l’an dernier.

C’est donc du côté de la grande scène que je lance ma dernière journée avec le show toujours aussi incroyables des légendaires suédois de The Hives. Ils attaquent d’ailleurs très fort avec Enough is Enough tiré de leur dernier opus « The Hives Forever Forever The Hives » sorti l’été précédent. On retrouve dans ce titre toute l’énergie garage punk de ce groupe maître du genre.

Ils enchaînent avec Main Offender et son riff entêtant qui ne donne qu’une envie, sauter encore et encore. Ce groupe a vraiment une énergie taillée pour les stades. Et ça déroule avec Rigor Mortis Radio, Bogus Operandi ou Hate to Say I Told You So toujours rythmé par des guitares insolentes et le show provocateur de Pelle Almqvist.

La fumée se soulève de toute part quand débute O.C.D.O.D. puis Born a Rebel et Come On!. Simple et efficace. Et que dire de Tick Tick Boom, toujours du plaisir et du rock. Encore un petit Walk Idiot Walk avant de terminer sur The Hives Forever Forever The Hives, clin d’œil à leur immortalité affirmée pour ce groupe toujours bon bien bon œil depuis plus de 30 ans.

Deux salles, deux ambiances ou le dilemme des soirées de festival

Voilà, un des moments redoutés du festivalier, devoir faire un choix quand deux artistes qu’il a envie de voir jouent exactement au même moment…

Je décide de rester dans l’énergie et file vers la plage pour retrouver Jehnny Beth que j’ai interviewé un peu plus tôt. Acclamée pour les performances de son groupe Savages, c’est en mode solo que la chanteuse retrouve les Eurockéennes. Et il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que la fougue se déploie. D’abord sur Broken Rib et ce cri qui déchire l’espace dès le début du morceau, puis sur High Resolution Sadness où la belle laisse ses talons sur le bord de scène avant de se jeter sur les premiers rangs, complémentent interloqués par son arrivée au milieu d’eux.

Après avoir secoué un public encore relativement endormi, Jehnny revient sur scène avec I Still Believe, faisant la part belle à son récent album You Heartbreaker, You. Un peu plus loin, après avoir célébré la magie des femmes, elle nous offre une reprise électrique de l’iconique Army of Me de Björk. Wow, celle là je ne m’y attendais pas. Dans le crash, Ecca Vendal ne manque pas une miette du show.

S’ensuit un moment un peu atypique avant de lancer Push-Ups où Jehnny Beth se lance dans une série de pompes (11) et invite ensuite une jeune femme du public à faire de même sous les applaudissements de la foule. Cette dernière s’en collera 15, de quoi impressionner l’assistance.

J’écoute ensuite Innocence avant de repartir vers la Greenroom où joue l’autre artiste que je souhaitais voir. Avec Curtis Harding, c’est un gros changement d’univers qui s’offre à moi. Je traverse tranquillement la fosse sur un Can’t Hide It qui me met direct le smile.

Après avoir raté par deux fois ses passages au Rockstore, je suis enfin devant lui et me laisse immédiatement pénétrer par le groove de cet artiste à l’amour inconditionnel.

Les morceaux s’enchaînent – Next Time, Explore, Freedom – et on sent vraiment la chaleur nous envelopper. C’est vraiment magique et encore plus quand Need Your Love résonne. Une belle manière de conclure cette moitié de set (pour moi), avec toujours le regret de ne pas avoir pu assurer ces deux concerts dans leur intégralité…

Encore des surprises à venir

Je profite de la fin de ce concert pour aller m’alimenter du côté des produits locaux où le fromage est à l’honneur. Sur le chemin, c’est bien Aya Nakamura que j’entends et surtout son célèbre DjaDja que tout le monde fredonne en se marrant. J’entends donc ça de loin et suis surpris par le contenu très zouk de son univers, que je dois avouer ne pas connaître du tout.

Une fois mon repas avalé, direction la plage pour retrouver une artiste dont j’avais gardé un excellent souvenir lors de son passage à Tinals en 2018, à savoir la musicienne australienne Ecca Vendal. Et pour le coup, je ne vais pas être déçu. Son univers atypique est un mix insensé entre punk, grunge, hip-hop et électro. C’est un véritable ovni qui sème le chaos partout où il passe. Les pogos sont d’ailleurs légion sur la plage qui se transforme en grand bazar survolté où la foule se débride enfin au rythme de la diva underground.

En voilà un show comme on les aime ! N’hésitez pas à aller découvrir son univers contestataire dans son dernier album « Looking for people to unfollow » sorti il y a quelques mois.

Pendant ce temps Feu! Chatterton a investi la Greenroom. Autant j’ai été assez déçu par leur passage à Paloma en mai dernier, autant je suis agréablement surpris ce soir. Déjà, je trouve que la scénographie est beaucoup plus aboutie avec ce fond lumineux changeant et eux aussi, me semblent beaucoup plus inspirés.

Il faut dire qu’ils n’avaient pas pu jouer il y a 4 ans à cause de la tempête qui s’était abattue sur le site. C’est peut-être ce qui les motive à tout donner ce soir pour rattraper ce rendez-vous manqué ? En tout cas la communion est totale avec le public qui reprend de bon cœur quasiment tous les titres. Pas de surprise sur la setlist avec la part belle offerte à leur dernier album Labyrinthe. Mais de bons moments avec Écran total, Monde nouveau ou l’incontournable Malinche qui met toujours le feu.

Je vous sers un Ben Harper pour conclure ?

La fin du festival touche à sa fin avec l’arrivée sur scène de la grosse star américaine Ben Harper. Je ne l’avais pas vu depuis au moins 15 ans. Ça me faisait donc plaisir de le retrouver et surtout de pouvoir le prendre en photo pour la première fois. Sauf que… les conditions imposées par sa productions ont fait bondir l’ensemble des photographes présents ce soir là. En effet, il fallait signer un contrat nous engageant à céder nos droits sur l’ensemble de la planète avec interdiction de publier les photos sur nos comptes et laissant la possibilité à l’équipe de Ben Harper d’utiliser nos photos comme bon leur semblait sans aucune contrepartie… Venant d’un mec comme lui, aussi connu, difficile de comprendre ces exigences. Du coup, aucun photographe pour ce dernier concert et aucune chronique à partager.

En conclusion

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas participé à un aussi gros événement musical. Alors oui, ça change d’échelle mais il faut bien reconnaître que le site est vraiment bien pensé et organisé pour le public. Les scènes sont visibles même de loin et les paysages naturels qui entourent le cœur du festival sont super agréables. Par ailleurs, tout est fait pour faciliter les déplacements non polluants (je n’ai jamais vu autant de gens se rendant en festival à vélo) et offrir la meilleure expérience possible aux festivaliers.

Le plus gros point noir reste pour moi l’offre de boisson (d’autant plus avec les machines qui remplacent les bars), vraiment pauvre et industrielle comparée à ce qu’on peut trouver sur un Cabaret Vert par exemple.

En revanche, j’ai trouvé l’offre musicale assez équilibrée en termes de styles et de découvertes ce qui permet à tout le monde de profiter de l’expérience. Cela se ressent au niveau des festivaliers, toujours de bonne humeur et bon public !

Crédits photos : Olivier Scher

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