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Feu! Chatterton de retour à Paloma (Nîmes, 30) 13.05

7 min de lecture

Initialement prévu en décembre dernier, le concert de Feu! Chatterton retrouve Paloma quelques mois plus tard. Un concert annoncé complet dès cet hiver pour le groupe français le plus en vogue du moment. Nous y étions et avons retrouvé la fougue de la bande à Teboul.

Qui dit concert complet, dit gros boxon sur le parking de Paloma. Ah ça, fallait pas arriver trop tard ce soir ! C’est donc à peut près au moment de l’ouverture des portes que j’arrive de mon Montpellier lointain et que j’arrive à ma caler non sans mal sur un bout de place. Et là, quelle surprise de voir passer à une dizaine de mètres de moi un très beau et costaud sanglier que je n’avais pas vu sortir d’un fourré adjacent.

Me laissant subjuguer par cette apparition sauvage, je traine un peu sur le parking. Ensuite c’est mission bière et découverte d’une salle blindée qui me fera rater Dragon Bleu qui jouait en première partie. Pardon à eux mais je n’ai vraiment rien entendu…

C’est donc Feu! Chatterton que je retrouve sur scène un peu plus tard.

Je n’ai pas du tout écouté le dernier album du groupe, Labyrinthe, sortie en septembre dernier. C’est donc avec une oreille neuve que je découvre l’entrée du groupe sur le titre Sous la pyramide. Le morceau est idéal pour démarrer un concert. Quasi instrumental, il permet de faire monter la pression doucement, prenant parfois des airs à la Pink Floyd. Puis la voix d’Arthur Teboul vient se poser sur les synthétiseurs et on se dit qu’on est contents d’être là.

Juste après, en terminant Côte Concorde, Arthur, passe en mode taquin et évoque la mer si proche mais si lointaine pour les nîmois…. Tout en rappelant que les Cévennes c’est beau aussi !

Le groupe enchaîne avec le titre Allons voir qui était le premier single issu de le dernier opus puis fait chanter la salle sur Écran total l’excellent titre issu du Palais d’Argile.

Et voilà que débarque sans préavis l’excellentissime La Mort dans la Pinède qui nous renvoie aux débuts du groupe et à cette inspiration poético-rock qui nous a rendus accros au Feu! Chatterton.

La suite permet de découvrir ce fameux dernier album et il faut bien reconnaître que je ne suis pas très fan des quelques morceaux que j’entends. Que ce soit Ce qu’on devient ou A cause ou grâce, la formule semble assez insipide comparée à ce que Feu! Chatterton a su nous offrir. Même avec Mille vagues, qui voit les cinq musiciens s’installer en bord de scène et rendre hommage à à leur manager Jean-Philippe Allard parti soudainement, la mayonnaise a du mal à prendre.

Pourtant le groupe reste toujours aussi magique quand il entonne Libre et fait crier les guitares. La salle exulte, nous sommes à nouveau transportés.

L’audace est pourtant toujours présente quand je découvrir l’Étranger, titre électro rock tiré d’un poème de Louis Aragon.

La fin du set se termine en fanfare avec Monde nouveau et son fameux Bluetooth qui fait hurler la grande salle de Paloma et surtout l’incontournable Malinche qui me permet d’affiche un large sourire de plaisir. Arthur a enfin fait tomber la veste et se retrouve tout débraillé comme on aime à le voir en concert. Ce dernier se permet d’ailleurs son petit bain de foule sous la forme d’un slam bien mérité !

Le groupe revient pour une reprise de Léo Ferré (et Louis Aragon), L’Affiche Rouge. Une chanson qui nous rappelle que des étrangers sont tombés pour la France et que notre liberté tient aussi à la fraternité que nous devons aux autres peuples. Une chanson engagée et pleine de sens dans la période tourmentée que nous subissons.

Le concert se termine plus énergiquement avec Compagnons et avec ce drôle de Labyrinthe qui me laisse perplexe.

En définitive, je suis assez partagé sur ma soirée. D’un côté j’aime toujours autant l’énergie de Feu! Chatterton et d’un autre je ne sais pas trop quoi penser du virage très pop des nouveaux morceaux.

Par ailleurs, on sent que les choses ont changé aussi dans leur accompagnement avec une obligation de validation des photos que je n’avais jamais connue avec ce groupe dont on couvre les concerts depuis des années.

C’est donc avec un sentiment de fête non aboutie que je retourne vers le parking en espérant ne pas tomber sur une compagnie de sangliers autour de ma voiture. Ceci reflète peut-être aussi les attentes que l’on peut avoir avec les groupes que l’on accompagne depuis plusieurs années et qui prennent parfois des chemins déconcertants qui permettront certainement à d’autres de découvrir l’univers de ce groupe qui reste tout de mêle attachant.

Crédits photos : Olivier Scher

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