Chronique

Dubanko « Migration » (2021)

7 mai 2021, Aiollywood
chronique dubanko migration 2021
Temps de lecture : 3’00

Découvert l’année dernière sur son excellent EP « Trip into the dub », l’artiste Dubanko s’est ensuite chauffé avec Woody Vibes pour un album collaboratif sans concession. Mais c’est surtout sur son premier LP sur ODG Prod que l’artiste est attendu au tournant. En avril, il a ainsi dévoilé « Migration », un opus de 10 titres pour une quarantaine de minutes. Largement de quoi se poser et se laisser imprégner des nouvelles compositions de Baptiste Chambrion.

Cette écoute va d’abord commencé sur une petite surprise : l’ouverture de « Migration », Walking away, a de quoi déconcerter. C’est en effet sur des sons presque trip hop que les hostilités sont lancées. Avec Nawa au chant, c’est dans un écrin de douceur que Dubanko présente son dub feutré.

Mais ce track d’ouverture va presque faire figure de leurre tant Dubanko va réussir à tromper son monde car jusqu’au prochain featuring de l’album, c’est une montée en puissance complètement assumée qui va s’opérer. D’abord, sur Gros cookie, on prend la direction du Japon avec un dub qui part sur des contrées qui ont toujours attirées les sorciers ou jeunes padawan du genre. Les skanks tutoient les sonorités ‘Fakeariennes’ de ses débuts et c’est un véritable délice sucré qui fond en bouche…

Déjà en jambe, il va falloir pourtant rester aux aguets avec Satyre dance : c’est dans une électro soyeuse, entre orient et modernité, que s’élève un track qui pourrait s’inscrire dans le sillage des compères de leur label, Ondubground. Car l’ascension n’est pas finie… sa deuxième moitié bascule dans un dark dub assumé, penchant « High Tone nouvelle ère » pour les puristes, en repoussant même les frontières du genre. C’est à l’aide de riffs bien rock que cette ascension se termine, plein gaz !

Mais Dubanko veut redessiner le dub à sa manière : la suite s’aventure sur des sentiers appelant des aspérités différentes… Behind the blues porte bien son nom, il fait un appel du pied à des sonorités mêlant dub et blues, avec toujours cette petite touche du pays du soleil levant, pour brouiller les pistes. On sent bien que Baptiste Chambrion aime bien jouer avec nos émotions : une fois encore, il réalise un véritable tour de force avec une compo qui vire vers un côté presque tribal. Une chose est sûre, l’explosion est proche !

Pour se remettre de ses émotions, Dubanko se permet de desserrer l’étau avec Floating hill. Avec cette balade dubby qui sent bon les épices et les influences de l’artiste, on déambule au rythme des beats sous les cerisiers en fleurs… Puis Utopia se laisse approcher, à la fois hybride et pleine de malice, et l’artiste digitalise davantage son univers. Il semble surtout avoir trouvé sa vitesse de croisière même si le bonhomme opère-là un virage brutal : à défaut de nous faire manger la poussière, nous voici propulsé en plein désert avec des machines transe qui s’arrêteraient presque trop vite !

Après ces deux premiers tiers de très haut vol, le dernier tiers se présente autrement : il y a un peu plus de retenue sur Never quit, avec Robinson au micro, pour un dub subtil mais finalement assez commun. Sur Light is coming, le voyage est toujours accompagné puisque c’est Ob.dub qui prend le relai cette fois : le son perd en intensité et des nappages électroniques flottent dans l’air avant une dernière escale salvatrice : Japanese flower nous amène vers un ailleurs, un horizon qui semble bougrement bien dégagé devant Dubanko. Les cordes peuvent résonner en toute légèreté car c’est bien une toile de fond qui skanke sans gène. Avec Ezio en guise de dernière bouchée, c’est l’ensemble de ce « Migration » qui s’achève en un souffle, une once de douceur qui contraste avec la grosse première partie d’album littéralement endiablée, mais qui nous confirme aussi que Dubanko a de nouvelles cordes à son arc.

Dubanko, « Migration », disponible depuis le 9 avril 2021 chez ODG Prod, en téléchargement gratuit sur le label (10 titres, 40 min.)

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