Arthur Satan ou la révolution pop

10 min de lecture

Nous avons profité du festival Yeah! pour partir à la rencontre d’Arthur Satan, venu présenter son dernier projet solo

Arthur Satan ne s’arrête jamais. Déjà investi dans un grand nombre de projets dont l’incontournable JC Satan, Arthur a produit un projet plus pop pendant le confinement, le disque So Far So Good. Un projet personnel qui navigue entre modernité et références appuyées aux Beatles et à toute la pop bien réalisée. Rencontre avec une figure incontournable et respectée du paysage rock français.

Bonjour Arthur, j’aimerais débuter cette interview par la couverture de ton album et la signification de ce que tu as dessiné. Jusqu’ici tout va bien, une référence à la crise covid ?

Ce visuel fait plus référence au cheminement de la vie qu’on a menée jusque-là. On n’a jamais réussi grand-chose d’exceptionnel. On a toujours été là et c’est très bien comme ça. Avec la période covid on était tous enfermés mais moi j’étais trop content. J’habite avec Gaspard (ndrl le bassiste de JC Satan) et on a fait de la musique tout le temps. C’est ça l’histoire, là tout va bien mais tout est train d’aller mal. Être enfermé j’ai trouvé ça trop bien, je n’ai jamais été aussi productif. C’était mon ressenti à la sortie de ce disque.

Quelle est la signification de cet univers avec des squelettes de tous les côtés et toi, encerclé… et qui finit par se faire embarquer ?

J’aime bien me perdre et je préfère les beautiful losers. En fait j’adore l’heroic fantasy, celle des années 80, un peu désuète, les livres dont vous êtes le héros, Donjons et Dragons. Mon frère avait d’ailleurs la première édition française. J’ai passé mon temps à mater le livret de règles, le bestiaire, etc. Et du coup je dessine depuis tout petit. J’ai fait des études d’art pour faire de l’illustration mais finalement j’ai fait de la musique. Donc pour moi c’était important de faire la pochette. Je ne voulais pas me dessiner mais être quand même dessus. Et du coup je me suis mis en tout petit comme un Charly qui se fait cerner par son univers, quoi. Je tatoue, je dessine et j’aime bien l’idée que si je fais un truc pour moi, je mets tout dedans.

Revenons à cet album. Il a certes une vraie influence des 60s mais au-delà de ça, cela reste surtout un très bon disque de rock. Et pour toi, c’est quoi faire du rock en 2022. On a l’impression que c’est une population qui disparait, non ?

Je pense qu’on met du rock un peu partout en fait, dans les productions, quand on veut être moins lisse, quand on salit un peu les choses. Y’a du rock dans la pop mainstream, y’a du rock dans la variété internationale, c’est du rock qu’on n’aime pas des fois. Pour moi le rock, ça restera toujours une base simple, des arrangements évidents, une écriture intelligente. Y’a des idées géniales dans tout. Tu fais ce que tu veux dans le rock. Il y a une base de guitare et tu y mets ce que tu veux.

Et j’ai lu que les mélodies te venaient souvent en faisant du vélo ?

Oui, ça m’a valu quelques accidents. Je ne me déplace qu’en vélo. Quand j’ai des idées de musiques, ça arrive toujours dans les moments d’absence, sous la douche, à vélo. T’es là, tu regardes rien, t’avances, tu penses à rien et t’as un riff qui arrive. Je le chante et j’ai une batterie qui arrive dans ma tête puis un arrangement et là je rentre chez moi et je l’enregistre. Ça arrive vraiment dans des moments à la con. Ça surgit et je vais l’enregistrer. Le plus chiant c’est que ça arrive souvent. C’est pour ça que je suis dans la lune.

J’ai lu que ce qui te caractérise c’est justement ça, le fait d’enregistrer très vite.

J’aime bien que ça aille hyper vite, oui. Là par exemple on est engagés dans un autre spectacle, dans un truc de danse avec Philippe Decouflé. Ça prend vachement de temps et j’ai plein de morceaux que j’ai écrits et que j’ai pas la temps d’enregistrer. Ça me rend fou. Je vais me retrouver avec une dizaine de morceaux que je vais garder dans la tête pendant un an et ça c’est infernal. J’adore faire un truc, sortir le disque puis passer à autre chose. T’enregistres avec les moyens que tu as, je ne cherche pas à perdre du temps à trouver d’autres moyens. Tu fais plus vite, plus évident. Je trouve que c’est toujours mieux quand tu fais avec les moyens que tu as, au moment où tu as l’idée.

Et tu aimerais développer ce type de collaboration ? C’est un truc que tu recherches ?

Non, pas spécialement. Là on nous a contactés pour ça. Je n’ai jamais fait ça, j’ai dit oui. Je ne connaissais pas Decouflé avant mais c’est un mec énorme.

C’est quand même étonnant comme choix de sa part

Je pense qu’ils voulaient quelqu’un hors des circuits habituels (SMAC et autres). Moi je suis arrivé à l’arrache, j’ai improvisé des morceaux, et ça les faisait marrer que je trouve des idées sur le moment, hors d’un cadre de travail. On s’entend hyper bien, Il y a Romain (ingé son) qui est venu avec moi. On va jouer en live, sur scène avec les danseurs. Donc c’est cool. Le spectacle sera assez loufoque, basé sur les clichés du rock. C’est plutôt marrant.

Et ici, sur le Yeah!, première fois ?

Oui, c’est pas mal du tout. Bon, jouer dans un château on a l’habitude dans le bordelais ! Ici, tu as la vue sur le village en jouant, c’est très beau.

Cette tournée va se poursuivre cette année ?

Le truc c’est que Decouflé, ça prend énormément de temps donc on essaie de caler des dates entre mais c’est quand même plus compliqué.  Là j’aimerais faire un autre disque rapidement et partir faire le tour de l’univers ! Il est sorti comme un cheveu sur la soupe cet album, en 3 mois. Mais les retours sont plutôt cool.

Et sur scène alors ?

On joue comme on sait jouer, sans réfléchir. On règle tout avec l’ensemble du groupe pour le live. Je n’ai pas de backing band. On fait tout ensemble. On arrange un peu mieux. On chante à deux voix. Ça reste de la pop. Je refuse que les gens entendent sur scène la même chose que sur l’album, chez eux dans leur salon.

Arthur Satan au Yeah! à Lourmarin en juin 2022

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