Chronique

« Once upon a time » Chinese Man (2014)

14 mars 2014, Aiollywood
Once upon a time Chinese Man

Retour aux sources pour Chinese Man ! A l’occasion des 10 ans de leur label Chinese Man Records, le collectif remet le couvert en 2014 sous le signe des rencontres, des nouvelles compos et surtout, comme à son habitude, au sens de la fête ! Pour célébrer comme il se doit leur réussite, le quatuor sort « Once upon a time », un EP en guise d’avant goût suite à l’annonce du troisième volume de leurs groove sessions pour le mois prochain.

Il y a des groupes que l’on ne présente plus : Chinese Man fait partie de ceux qui, au fil des albums, ont réussi à franchir le temps sans forcément faire de bruit tout en s’entourant d’un public solide et fidèle. Après les deux premiers volumes de leurs groove sessions davantage tournés vers le live, l’envie de marquer au fer rouge les compos de Chinese Man s’est faite ressentir, comme si la griffe de l’Homme Chinois devait être à présent clairement reconnaissable. Sans s’affoler, le quatuor a pris le temps de bien faire les choses : « Racing with the sun » (2011) symbolisa un renouveau, un vent de fraîcheur soufflé sur un album d’une richesse inébranlable, mêlant les genres et les influences. Des samples, des scratchs, du turntablism mixant hip hop, dub, reggae en passant par les antipodes latinos ou asiatiques, Chinese Man s’est joué des influences traditionnelles pour en faire une musique moderne.

Le temps des Grandes Découvertes est peut-être terminé, mais la quête de l’esprit zen est bien en marche. Chinese Man endosse le costume d’explorateurs, d’explorateurs du XXIe siècle. Et 2014 gardera le même tempo : avec « Once upon a time », les marseillais sont partis à la source de leur musique. Entourés de leurs potes MCs au micro (Taïwan MC, Tumi), les voilà en reconquête ! Le titre éponyme Once upon a time résonne hip hop, embarqué par le flow imparable de Tumi repris par Zubz. L’instru, elle, décape : entre cuivres et percus, l’Homme Chinois semble ne pas avoir perdu la recette de ces bonnes vieilles tracks de leurs débuts. Avec en soutien une grosse boite à rythme, Chinese Man déroule sans forcer, même si le morceau aurait mérité un peu plus de folie dans son évolution. Présent en deux autres versions, Once upon a time offre une première déclinaison davantage orientale et dynamitée par Hugo Kant, tandis que sa dernière mue sera une simple démonstration instrumentale.

Mais sur l’autre face, Chinese Man change son fusil d’épaule pour sortir l’artillerie lourde : décidément, après l’énorme brûlot (Heavy this year) produit pour le projet solo d’un de ses MCs, Taïwan MC, Chinese Man réitère une compo de haute volée. Independent music met tout le monde d’accord en compagnie de Johnny Osbourne, YT et Taiwan MC. Le chant, façon ragga, est porté par une lourde instru reggae et digitale, pulsé par un son crasseux tellement roots qu’il donne le ton. Dommage qu’une fois encore le remix, signé Wrongtom Pon Cassette, manque, comme le précédent, de portée…

Si les remixes apportent peu de nouveaux éléments aux compos originales, retenons simplement que Chinese Man, sur ces deux véritables nouvelles réalisations, n’a pas perdu la main. Entre penchants street et hip hop oldschool, Chinese Man conserve toute sa faculté à mélanger les genres pour mieux se les approprier. De bonnes augures pour « The Groove Sessions Vol.3 » annoncé pour le 14 avril prochain !

 Clip « Independent music »

FICHE TECHNIQUE

Tracklist

1. Once upon a time (feat.Tumi + Zubz)
2. Once upon a time (remix Hugo Kant)
3. Once upon a time (instrumental)
4. Independent music (feat.Johnny Osbourne + YT + Taiwan MC)
5. Independent music (remix Wrongtom Pon Cassette)
6. Independent music (instrumental)

Sortie : 24 février 2014
Durée : 24 minutes
Album : EP extrait de « The Groove Sessions Vol.3 » (sortie le 14 avril 2014)
Label : Chinese Man Records

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