Chronique

Naâman « Rays of resistance » (2015)

2 novembre 2015, Clem
Chronique Naâman

Après « Deep Rockers Back a Yard », Naâman revient fort avec « Rays of Resistance ». 14 titres qui respirent l’espoir et insufflent l’esprit de résistance. Portés par les riddims de son excellent beatmaker Fatbabs et du Deep Rockers Crew, « Rays of Resistance » est un havre de bonheur, signé d’un normand en pleine ascension. 

Un visage d’ange aux cheveux blonds et aux petits yeux enfumés, encerclé de couleurs chaudes. L’air réfléchi, presque condescendant, Naâman nous invite à ouvrir la pochette pour aller s’enivrer de ce sourire caractéristique, qui, sur scène, ravit les foules et ravage les coeurs. Alors, on ouvre l’album comme on se plonge dans un roman. Et on l’écoute comme on regarde un feu de cheminée, l’esprit apaisé et rêveur.

Dans « Rays of Resistance », Naâman navigue aux frontières du reggae et du hip-hop, toujours porté par cette voix groovy qui donne l’impression de venir tout droit de Kingston. Musicalement, les riddims très travaillés de Fatbabs et du Deep Rockers Crew varient selon les horizons : de morceaux hip-hop et énergiques comme Pop Dem Bubble, Turn Me Loose ou encore Big and Bad (avec en prime un gros kiff sur le scratch final), on passe à des riddims plus posés avec Hopeful Word, Karma et Garden of Destiny (feat Massy the Creator), qui sont pour nous les plus belles de l’opus. Le travail instrumental est renforcé par les magnifiques voix des choristes de Groundation qui donnent une vraie profondeur aux morceaux. Dans Garden of Destiny, Fatbabs s’est d’ailleurs inspiré du voyage du crew en Chine.

Le voyage, l’album comme les artistes en sont largement imprégnés. Entre le Népal, la Jamaïque ou encore l’Inde, Naâman a développé une véritable identité et diversité musicale. My Days (feat Soom-T) et Outta Road renvoient notamment à ce bonheur universel de paysages qui défilent à mesure que l’on avance sur les routes de la liberté. Ces immersions à l’étranger ont aussi forgé sa personnalité et renforcé sa croyance en l’humanité. Dans Live Up, Hopeful World ou encore Garden of Destiny, Naâman transmet sa conviction que chacun doit exploiter son infini potentiel et faire vivre cette flamme intérieure, qui porte le chanteur depuis ses débuts. Aussi, il invite la jeunesse à ne pas se laisser pervertir par ses peurs dans Hold On Steady et appelle à un devoir de Resistance, pour défendre la liberté d’expression comme pour mener une vie épanouie. Ses lyrics très optimistes ne sont malheureusement pas toujours faciles de compréhension car le normand ne s’imagine toujours pas chanter en français et préfère l’anglais et le patois jamaïcain. Et pourtant, uniquement par ses riddims, son flow magnifique et sa voix enivrante, le singjay transmet largement sa philosophie de vie.

Il y a un peu plus d’un an, le chanteur avait réchauffé nos cœurs, en retournant le Transbordeur avec une énergie folle.

A l’écoute de cette petite bombe, on a déjà hâte de se faire envahir de good vibes, de sourire et de chaleur par Naâman & Fatbabs, le 11 décembre prochain toujours au Transbordeur. Attention, le thermomètre et le scoopomètre vont exploser !


FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Resistance
2. Turn Me Loose
3. Karma
4. Outta Road
5. Those Rays (ft Nemir)
6. International Love
7. Live Up
8. Big and Bad
9. My Days (ft Soom T)
10. Pop Dem Bubble
11. Garden of Destiny (ft Triple, Massy the Creator)
12. Hold on Steady
13. Honey
14. Hopeful World
15. Let Me Grow

Durée : 59 min
Sortie : 30 octobre 2015
Album : 2ème
Label : Soulbeats Records & Big Scoop Records

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