Chronique

Les Wampas « Evangélisti » (2017)

10 février 2017, Aiollywood
Critique Les Wampas Evangélisti 2017

Ce midi, une phrase chatouille mes oreilles : « mais ils sont vivants Les Wampas ? ». Dans le sens, autant clarifier d’entrée la situation, « ils tournent encore les Wampas ? ». Assurément mon jeune môsieur ! On peut même dire mieux : après une crise de la cinquantaine marquée par un « Les Wampas font la gueule », ces derniers sont à nouveau sortis de leur silence et viennent de proposer « Evangélisti ». Comme diraient nos amis québécois : « c’est bein cool ! ».

Alors, oui, ils ont perdu quelques cheveux. Certains se sont blanchis, aussi. En tous cas, Didier Wampas sait toujours aussi bien profiter de sa retraite. A n’en déplaise à ces fumiers de Capital, Didier Wampas compte bien continuer à chanter ses chansons et clamer ses idées à tout vent, de tout temps et sous tout horizon. Si les rails l’ont usé, le rock’n’roll conserve… Après 25 ans d’activité musicale, personne n’arrive à faire taire Les Wampas. 

Trois ans seulement après un mitigé « Les Wampas font la gueule », ces derniers n’ont guère mis de temps à rebondir avec un douzième album studio rudement bien mené. Après tout, le groupe se moque bien des critiques et continue de tracer sa route en maintenant un rythme de sortie d’album assez saisissant (un album tous les 2/3 ans). Avec un Didier Wampas toujours aussi spontané, il n’en pouvait être autrement.

Sur ce « Evangélisti », le groupe a décidé de repartir à la racine même du rock avec un fond de tableau très yéyé. Même si la douce bleue sétoise a eu droit à un joli clin d’œil, il souffle un vent de fureur sur cet opus. Une fureur qui résonne comme un appel à la fête, à faire n’importe quoi sur n’importe quoi. Il est urgent de rire. Il est urgent de dire « j’en ai plus rien à foutre ». Avec Les Wampas, il y a toujours eu, sous leur étendard d’agités, une immense part laissée à la déconne. Dans ce nouveau terrain de jeu qu’est la société du 21ème siècle, le délire reste identique.

A la mode d’un punk-rock modèle, il ne peut s’empêcher de faire un pied de nez aux nouveaux rockeurs rebelles actuels (Révolution), la mèche bien pendue sur le front. Dans son style garage bien à lui, il se délecte d’un « si le rock’n’roll payait ça ne serait plus du rock’n’roll » (Comme dit Bob) même s’il se tape une franche rigolade (objective ?) sur Sans aucuns remords tordant et décapant !

« Chirac n’ira pas en prison (…) / J’en ai chanté des conneries et j’en chanterais encore longtemps / toujours plus loin, toujours plus fort »

Si Les Wampas appliquent au pied de la lettre ce qu’ils nous présentent, ils poursuivent leur marche en avant en tapant à tout va, à commencer par Belle maman (« je ne répondrais plus au téléphone ! ») avec un rock communicatif. De cette explosion des mots, il finit par naître une question existentielle : est-ce-que Didier Wampas porte un slip rose pour aller se baigner (The return of the Little Daewoo) ? A nous de chercher la réponse dans les « ouuuh ouuuh ouuuh » !

Affûtés comme jamais, Les Wampas se dénudent davantage et nous parlent sans gène Des fesses des belges même s’ils avouent être Traumatisé par le petit garçon roux. Là où le précédent album manquait peut-être de répondant sous la pédale, ce « Evangélisti » comble ces manques avec aisance. Les mélodies, efficaces, résonnent avec des riffs bien pesés qui apportent l’entrain nécessaire pour embarquer la foule. A l’image d’un subtil « si tu n’as pas peur des gravillons… baby suce ma roue »Didier Wampas propose une joyeuse invitation de roues en l’air.

Toujours adepte de ces traditionnels portraits, cette nouvelle cuvée ne fait d’ailleurs pas exception : après des virées en Italie, Les Wampas retournent quelques instants en Allemagne pour Patrica avant de vriller façon punk/garage pour les quatre roues de Justin. Face à cette imagination débordante, rien ne semble contrecarrer les plans des Wampas : après une petite pique à Gaëtan Roussel au passage (Même les plus grands ont des moments de faiblesse), on a envie de chanter à tue-tête avec ces joyeux délurés jusqu’au bout de la nuit (Electrodoowop) !

Sans révolutionner son style, Les Wampas proposent un « Evangélisti » fidèle à eux-mêmes qui a le mérite d’être un condensé de déconne à l’état pur. Sur fond de punk et de garage qui auraient bien trempés dans la mouvance yéyé, cela ne pouvait que fonctionner !

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Patricia
2. Justin
3. Electrodoowop
4. Les fesses des belges
5. Sans aucuns remords
6. Belle maman
7. Même les plus grands ont des moments de faiblesse
8. Casteljaloux
9. The return of the little daewoo
10. Révolution
11. Traumatisé par le petit garçon roux
12. Comme le dit Bob
13. Baby suce ma roue
14. 1003

Durée : 40 min
Sortie : 3 février 2017
Discographie : 12ème
Label : Verycords
Genres : Rock / Punk

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