La Guinguette Sonore – Jour 1 (Istres, 13) 28.08

10 min de lecture

La Guinguette Sonore, c’est notre petit bonbon de fin d’été, le festival qu’on est heureux de retrouver même s’il annonce la rentrée. Comme chaque année, nous sommes fidèles au poste afin de couvrir l’incontournable festival provençal de cette fin de vacances estivales.

La Guinguette, c’est plus qu’un festival

On ne le répétera jamais assez, c’est à la Guinguette sonore que ça se passe. C’est le lieu idéal pour découvrir la scène locale rock et folk mais aussi les pépites venues des quatre coins de la France ou de chez nos voisins frontaliers. Et tout cela dans une ambiance décontractée et inclusive où on peut se saper, acheter des vinyles, jouer à des blind tests déjantés, bien manger et boire et même profiter d’un massage ou d’un relooking express. On y défend également les belles valeurs de SOS Méditerranée et on s’ouvre au monde des malentendants avec des concerts doublés en langue des signes ou en découvrant les gilets vibrants. Un festival comme on les aime, à taille humaine et où on est toujours contents de revenir.

En route pour le club rock de la plage

Depuis Montpellier, pas question de traîner pour arriver à l’heure au bord de l’étang de Berre. La programmation est un peu chamboulée avec l’annulation de Mata Hari. Du coup, c’est FireClub qui assure l’ouverture du festival. Nous les avions rencontrés ce printemps et avions hâte de les voir à l’œuvre sur scène.

Heureusement pour nous, le trafic est fluide et nous débarquons sur la plage de la Romaniquette juste après le début de leur concert. Ils étaient initialement programmés autour de minuit, ce qui était à mon avis plus approprié à leur énergie. Néanmoins, c’est sur la grande scène qu’ils œuvrent et ils vont tout donner pour ambiancer le timide public de ce début de soirée.

Derrière sa batterie, Pierre assure la cadence tandis que Jules bondit d’un bout à l’autre de la scène, plein d’un enthousiasme débordant. Avec un premier album réussi (FireClub), le duo a dans sa besace quelques bangers qui trouvent naturellement leur place en live. De Plastic Doll à Overflow, en passant par My Hometown, leur recette indie-pop est efficace et le set convaincant. Encore un groupe provençal à suivre de près !

Oproer ou la révolution décalée

Tout droit venu de Belgique le groupe Oproer (émeute en néerlandais) n’est pas venu sur la plage pour se la couler douce. Son leader, Dries Van der Schueren, tentera à quelques reprises des phrases en français mais on sent assez vite qu’il est plus à l’aise en anglais, même si il apprécie bien sa venue en Provence. Ce groupe est très atypique dans sa configuration mêlant clavier 80s et son indie pop évoquant tout autant Suede que MGMT ou Talking Heads avec cette touche sombre et funky à la fois.

Leur dernier album The Catch est en écoute intégrale sur You Tube, l’occasion de découvrir un groupe étonnant aux influences multiples. Les musiciens se déchaînent sur scène, de quoi partager cette bonne énergie avec un public de connaisseurs.

Rock et chansigne

Dans l’univers de la Guinguette sonore, on milite depuis longtemps pour le vivre ensemble. C’est donc tout naturellement que le projet Deaf guitar & Sign music trouve sa place à Istres. Le concept est simple : un guitariste, Alexandre, une interprète en langue des signes, Laëty et un écran de karaoké pour que tout le monde participe à ce joyeux bordel. La foule est dense devant la scène de la plage arrière, de quoi créer une communion qui atteint son apogée avec un Killing in the Name de RATM inoubliable !

La Bourgogne à l’honneur avec son meilleur groupe de rock garage

On va pas se mentir, on est vraiment trop contents de retrouver nos fidèles amis de Johnny Mafia qu’on avait pas croisés depuis un petit moment. Débarqués un peu tardivement, les balances se font en direct en toute décontraction. Rien ne parait bien compliqué pour ce groupe cher à nos cœurs, qui nous enchante une fois de plus avec ses titres phares Sleeping, Trevor Philippe ou l’incroyable I’m Sentimental. Quand on les voit jouer et qu’on entre dans leur musique, on n’a qu’une envie c’est de devenir leurs potes et tourner avec eux.

Ce soir, ils nous réservent deux surprises : laisser un membre du public monter sur scène pour raconter une blague pourrie sur les blondes (ça ne marche pas à chaque fois ce type d’appel) et nous servir en live des nouveaux morceaux dont Colourful (on vous met leur clip hilarant un peu plus bas). Il y avait peut-être (certainement) aussi Junior et Sing Out of Tune, morceaux que l’on retrouvera sur leur nouvel album à paraître 2024: Année du Dragon, prévu le 20 novembre chez Howlin Banana.

Vous reprendrez bien un peu de folk ?

C’est notre ami montpelliérain Olly Jenkins, chamaillé par un Jules Henriel (Parade) bien en forme qui a pris place du côté de la plage arrière pour quelques morceaux tout en douceur dont il a le secret. Malheureusement, il va être embêté par quelques problèmes de voix qui lui perturbent le concert. Car l’ami Oliver a un sacré talent, ciselant des morceaux qui parlent autant à l’intime qu’à l’universel. Il prépare toujours un album que nous avons hâte de découvrir et dont nous vous parlerons en exclusivité dès que nous en saurons plus.

Une fin de soirée bien agitée

La nuit est désormais bien tombée et les corps prêts à en découdre avec une suite de programme musclée.

La première mi-temps est assurée par le duo bordelais Équipe de Foot. Si Alex (chant, guitare) est bien vêtu d’un short et d’un maillot de foot, le lien avec le sport du même nom s’arrête là. En effet, ce groupe détonnant nous embarque dans un univers à la croisée de la pop et du rock, efficace et minimaliste. Ils donnent d’ailleurs l’impression d’être plus nombreux tellement l’énergie qu’il donne est généreuse. Et puis, leur pop noise est terriblement efficace, donnant spontanément envie de chanter avec eux des hymnes fédérateurs. Michaël (chant, batterie) bousculera régulièrement le public pour l’embarquer avec eux.

Changement d’ambiance avec Violent Sadie Mode pour la dernière partie de soirée. Punk hardcore, nous voilà ! Emmenés par la jeune Sadie Golding, le groupe bordelais retourne tout dans son sillage avec ses riffs destructeurs et une hargne débordante qui ne peuvent laisser indifférents. Lauréats du prix des Inouïs du Printemps de Bourges 2026, ils ont également sorti un EP Incelcore, sorti lui aussi chez Howlin Banana.

C’est donc dans un nuage de poussière et de pogos que se clôt cette première soirée de Guinguette, du rock plein les oreilles et une furieuse envie de revenir pour la deuxième partie demain.

Crédits photos : Olivier Scher

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