Live Report

Le Telerama Dub Festival secoue les Docks de Paris (Aubervilliers, 93) 25.11

4 décembre 2017, Ius

Après avoir fait remuer les foules de la région lyonnaise le 11 novembre dernier, le Télérama Dub Festival s’invitait aux Docks de Paris à Aubervilliers ce samedi 25 Novembre. Le Musicodrome revient sur cette soirée tant attendue pour les amoureux de la Dub Culture. 

Après une soirée Panda Dub, Ackboo et GSS Sound System à Massy et le Télérama Dub Festival Lyonnais, c’est à Aubervilliers que la route du Dub nous a mené. Pour cette soirée, la programmation est clairement alléchante avec pour ne citer qu’eux : Brain Damage and Harrison Stafford, Soom T and Dub 4, Iseo and DodoSound, Mahom, Dub de Gaita, Stand High Patrol, High Tone and Friends.

A peine arrivé sur le parking des Docks de Paris, la rencontre de festivaliers fort sympathiques donnera le ton de la soirée, apparemment placée sous le signe des rencontres, du partage, de l’échange et d’une passion partagée : le dub. 

A 20h30, l’espace encadré par le « High Tone Hall » (Dock Eiffel) et le « Stand high Hall » (Dock Pullman) est déjà bien comble et respire la bonne ambiance. On aperçoit même un espace calage très sympa, idéal pour siroter la première bière de la soirée, fumer une sèche ou tout simplement faire des rencontres. On commence d’ailleurs à regretter que la soirée ne soit pas le 25 juin au lieu du 25 novembre. 

Notre premier choix de la soirée sera de se diriger vers le High Tone Hall pour Harrison Stafford and Brain Damage et quel merveilleux choix !

Le duo composé par le chanteur du groupe emblématique Groundation et le dubmaker stéphanois entame sur Liberation Time, éponyme de l’album.  La voix emblématique du Professor résonne dans les airs et s’adapte parfaitement bien aux sonorités totalement variées de Brain Damage. Le dubmaker envoie des effets tous plus fous les uns que les autres et prend même plaisir à s’amuser avec la voix d’Harrison. L’ambiance est au top et dans le public les bonnes vibes se manifestent par la danse, les sourires, les regards, les accolades…

En bref, avant même de parler de performance musicale, le duo impressionne avec toute l’énergie et la bonne humeur qu’il communique. D’une part Harrison Stafford chante avec un engagement et une ferveur incroyable. On entendra d’ailleurs dans le public « Il est incroyable… on a l’impression qu’il prêche ». Et oui, c’est bien l’impression qu’il donne, c’est pourtant tout le contraire… « It’s not religion that makes you spiritual, It is you » s’exclamera le chanteur.

D’autre part, il y un Brain Damage complètement perché dans son vaisseau à distiller du dub qui nous régale d’un son impeccable.

Le concert se terminera part une reprise acoustique magique et pleine de sincérité de Picture on the wall (de l’album « Hebron Gate » de Groundation) et par une puissante session dub by Brain Damage. A ce moment précis, le volume sonore double, les mouvements corporels s’intensifient, et Brain Damage se déchaîne. La soirée va définitivement être bonne. Merci à eux.

Direction le Stand High Hall (que l’on pourrait décrire en deux mots comme « la salle aux Sound Systems »). C’est bien deux Sound Systems disposés de part et d’autre de la salle qui nous attendent. Les artistes, au centre, sont totalement masqués par la foule. Nous verrons tout juste la fin du set de Iseo and Dodosound. Le dubmaker espagnol nous balance un son très lourd à travers les deux murs de sons, sur lequel Iseo vient déposer son flow mélodieux avec légèreté comme avec technicité. On entendra parmi les morceaux des classiques reggae comme Fisherman Raw des Congos.

Encore une belle découverte (nous vous conseillons d’ailleurs vivement d’écouter leur album « Roots in the Air » ) !

En résumé, les gens présents sont heureux et possédés par la son. Nous retrouverons les plus possédés la tête dans les enceintes… comme à chaque fois !

Avec High Tone, pas besoin d’avoir la tête dans les enceintes pour être submergé par les vagues de basses. Les lyonnais entament leur set avec The Orientalist  qui sera validé à l’unanimité par la foule. Les maîtres du dub parfaitement dans leur élément nous feront la « surprise » d’avoir des invités (l’affiche High Tone and Friends nous avait déjà mis la puce à l’oreille).

Parmi eux, Pupajim qui aura profité d’une heure de battement avant de lui même commencer son set avec Stand High Patrol pour venir nous jouer le classique Rub a Dub Anthem. On aura également vu Shanti D ou bien Omar Perry venir poser leur flow sur les morceaux d’High Tone. Omar Perry, avec assurance, régale le public avec une prestation scénique bien roots, venu tout droit de Kingston.

C’est encore une belle réussite pour les membres d’High Tone qui auront parfaitement bien fêté les 20 ans du groupe.

Un rapide saut à la Skankers Area, troisième salle du festival, nous permettra de profiter de quelques riddims de Dub 4 sur lesquels la MC écossaise Soom T débitera ses lyrics avec une énergie impressionnante. La densité de personne dans la salle nous fera renoncer à rester plus longtemps. Soom T a du succès et ce n’est pas étonnant.

C’est alors au deuxième géant de la soirée de prendre les commandes pendant prés de trois heures de set : Stand High Patrol. Les projections vidéos d’une part et d’autre de la salle donnent une dimension complètement psychédélique au show du groupe breton. Les visuels sont variés, à la fois perchés et à la fois plein de sens. Malgré le plus apporté par la vidéo, c’est bien le son qui donnera son charme à la prestation de Stand High Patrol, enchaînant vieux riddims à l’ancienne et remix de leur propres titres. On aura d’ailleurs le droit à un No matter how longs it takes (issu de l’album « Matter of Scale ») pour le moins original.

Stand High plonge son public dans un état d’hypnose incroyable… On est bien, on profite on est heureux et on n’a besoin de rien d’autre pour le moment. C’est à peu près l’état d’esprit que semble avoir l’ensemble des personnes présentes entre les deux murs de sons.

De retour dans le High Tone Hall et après avoir vu la dernière chanson de Mahom, c’est sur Dub de Gaïta que la fatigue aura raison de nous vers trois heures du matin. Avec les dubmakers colombiens accompagnés de chanteurs en tenue traditionnelle, on s’attend à quelque chose de musicalement très intéressant. Malheureusement ce quelque chose n’arrivera pas à temps et nous resterons sur notre faim pour les premiers morceaux du concert. N’ayant vu que les premiers morceaux nous ne pourrons évidemment pas donner d’avis objectif sur leur prestation.

Après le succès de l’édition lyonnaise, l’édition parisienne confirme la réussite du Télérama Dub Festival 2017. Le prochain et dernier rendez vous de l’édition 2017 aura lieu le 16 décembre prochain à la Réunion au Kabardock au Port avec Stand High Patrol.

Enfin pour clôturer ce live report, quoi de mieux que de laisser la parole aux festivaliers présents ce samedi 25 novembre ?

Anne Charlotte : « Mon moment d’évasion, ISEO !! Quand t’oublies tout ce qui t’entoures tellement le son te fait du bien » 

Anaïs : « Il y avait plus de monde que les autres années, j’ai vraiment adoré la programmation, les visuels était tops, le son parfois un peu agressif dans les aiguës mais non à part ça pure soirée, pure ambiance. Je recommande ! »

Clo : « Le public était vraiment de tout âge, la culture dub est quand même ancienne et elle se perpétue visiblement. Le télérama est quand même devenu une grosse machine par rapport aux première éditions. « 

Steph« Ils ont déchiré sur le visuel des murs ! Sinon que de bonnes vibes et du love »

Paul : « Moi ce qui m’a fait délirer c’est quand j’ai vu les chanteurs traditionnels colombiens (Dub de Gaïta)… Ça se voyait à leur regard qu’ils hallucinaient de jouer devant une foule de dubbers complètement perchés ! En tout cas pure soirée ! « 

William : » Je n’ai pas vu passé la soirée, je me suis vraiment laissé emporté par la qualité du son et par la créativité des dubmakers »

Victoria : « Ce qui m’a marqué le plus c’est la dernière chanson d’High Tone ou j’ai profité du mouvement de la foule pour me retrouver trois rangs devant la scène et profiter des basses et des vibes intenses qu’envoyaient High Tone..Et j’avoue que Brain Damage m’a vraiment transporté. Le duo était magique, touchant, transperçant… »

Julie « Pour le son qui était mortel, pour l’ambiance trop cool , pour les potes au top, pour le froid glacial et pour les nouvelles rencontres… j’adore ! « 

Crédits Photos : Olivier Hoffschir

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