Interview Rencontres

Préparez-vous au chaos avec Catastrophe !

17 janvier 2019, OlivierS

Le festival BAZR, à Sète (34), est aussi l’occasion de vous faire découvrir Catastrophe, un groupe multiforme aux projets variés. Arthur, Pierre et Blandine se sont prêtés au jeu des questions.

Bonjour Catastrophe, qui êtes-vous ?

A l’origine, Catastrophe est un collectif qui s’intéressait à plein de choses (musique, théâtre, littérature) et qui a organisé pas mal d’événements. Il a compté entre 3 et 20 membres rassemblés autour de Blandine et Pierre. Aujourd’hui le groupe s’est stabilisé autour de 7 membres sur scène.

Catastrophe, c’est un nom porteur de beaucoup de sens. C’est en tout cas un le mot qui semble résumer le mieux la période dans laquelle on vit. De votre point de vue, c’est aussi, une chance, j’en veux pour preuve ce que vous déclamez sur votre site :

« Dans un monde où tout est en l’air, Catastrophe danse. Un monde s’achève et tout tremble, mais dans la nuit nous puisons des forces. Plutôt que la résignation, nous choisissons la joie. Le monde est une pâte à modeler, pas cette masse inerte et triste pour laquelle il passe. Essayons encore, ratons mieux.
Tout change à chaque instant : c’est une chance. »

Il faut revenir à la racine grecque du terme : on parle de de bouleversement, de crise. Or la crise est un état inspirant (tout est en l’air, rien n’est perdu). Il faut distinguer l’état de joie qui est « actif » de l’état de tristesse qui lui, est « passif ». Il est donc important d’être éveillé à ce qui se passe, rester positif donc investi. C’est un état que nous essayons de partager sur scène au travers d’une attitude « ridicule » qui peut servir de catalyseur, motiver les autres membres du groupe et le public. Ceci me rappelle (Blandine, NDLR) ma période ado où j’ai joué Les misérables. Il y avait une baignoire sur scène, dans laquelle se retrouvait l’un d’entre nous lors de chaque représentation. Sauf qu’une fois, c’est de l’eau froide qui a été mise au lieu de l’eau chaude. Ceci a créé quelque chose de nouveau sur scène, une nouvelle intensité !

Parlons du public, quel rôle joue-t-il pour vous ? Quel lien établissez-vous avec ce dernier ?

Le public est un être complexe, une masse dans laquelle les gens se cachent. Nous cherchons à établir le contact de différentes manières. Par exemple, avant le concert, nous passons au milieu des gens et leur demandons d’écrire leurs peurs sur des morceaux de papier, papiers que nous engloutissons plus tard pendant le show. C’est une manière de les considérer, de les impliquer.

Nous aimons le côté imprévisible des choses. Je pense en particulier à la théorie du cygne noir (Nassim Nichol, NDLR) : au XIX° en Australie, tous les cygnes étaient blancs jusqu’au jour où on a découvert l’existence d’un cygne noir… Le monde n’est pas prévisible et tout est déterminé par des événements imprévus dont le caractère surprenant disparait sitôt que l’événement est survenu.

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Le public a donc beaucoup d’importance pour vous ainsi que le lieu ?

Oui, nous avons déjà vécu des expériences très variées depuis la forêt jusqu’au chapiteau de cirque. Nous rêverions d’ailleurs de jouer dans une station-service (si les lecteurs du Musicodrome ont une proposition à faire, NDLR) !  Notre ambition est vraiment d’impliquer le public d’où l’approche de la comédie musicale.

Êtes-vous parfois « déçu » du public ?

On ne peut pas être « déçu » par un public. On peut être déçu par des circonstances et il est vrai que cela ne marche pas toujours comme on l’aurait souhaité. Sur scène on pose des questions au public, il y a donc un risque de réponse…

Pour découvrir Catastrophe, le mieux est de les voir sur scène. Sinon, vous pouvez en savoir plus sur eux en parcourant leur excellent site web.

Interview et photos par Olivier Scher

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