Live Report

A bout de souffle avec Humanophones et Faada Freddy au Bikini (Toulouse, 31) 12.04

15 avril 2016, Groum'
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En ce mardi 12 avril, le Musicodrome s’est rendu au Bikini pour assister au concert des Humanophones et de Faada Freddy, deux groupes entièrement dépourvus d’instruments. Une soirée sous le signe de la performance vocale, qui nous a littéralement laissée sans voix.

En ce mardi soir, la file d’attente était longue au Bikini. Et pour cause : venues de tous les horizons de la région toulousaine, ce sont 1200 personnes qui ont rempli la fameuse salle du Bikini à Ramonville.

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La soirée commence sur les chapeaux de roues, avec les Humanophones, qui nous présentaient leur nouveau spectacle, Corpus. Pesant chacun de leurs mots, chantant le plus souvent sans paroles, ils ont su s’accompagner du plus ancien des instruments de percussion : leur corps. Dès leur première chanson, ils nous amènent dans la jungle, où s’entremêlent animaux exotiques et espèces singulières. Dans un mélange astucieux de documentaire animalier et de mimes d’une espèce autochtone, ils réussissent à créer une ambiance bien à eux, et à nous y faire rentrer par la grande porte. Reprenant le voyage en main, ce sont les deux chanteurs qui vont se répondre sur Pourquoi Tu Dis Oui ?, où sans que tu t’en rendes compte, “ton corps s’agite”. Après un solo de basse a cappela complètement déjanté, le groupe se munit finalement de deux instruments ; des clochettes. Avec Si on s’éveille pas, Humanophones nous fait maintenant voyager dans le temps, en interprétant une chanson dont les mélodies rappellent celle de Pastime Paradise de ce cher Stevie, tout en restant dans l’univers perché qu’ils se sont complètement approprié.

Mais ce groupe change d’ambiance musicale comme de chemises, et il leur aura suffit d’une petite intervention de leur percussionniste, nous demandant pourquoi nous n’étions pas à Nuit Debout, pour faire quelques milliers de kilomètres et se retrouver en Savoie, où leur swing savoyard avait parfois des accents marocains.

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Sur T’es cap ?, les Humanophones nous emmènent cette fois dans la basse cour, avant que les deux percussionnistes s’essayent à une battle improvisée de percussions, se transmettant à toute allure des boules d’énergie dotées de sons variables. Enfin, la dernière chanson possède un rythme lent digne d’un rap des années 90, et une mélodie de celles qui ne se trouvent qu’en Inde. Les Humanophones, inspirés par Jules Verne, nous ont fait faire le tour du monde en 8 chansons !

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Après une courte pause, Faada Freddy entre sur scène après le reste de son équipe, et installe une ambiance qui captive instantanément le public. Habillé en gentleman des années 30, des dreadlocks dignes d’un Jack Sparrow qui sortent de sous son chapeau melon, Faada est plus que présentable, comme il nous l’indique lors de son interview (interview à venir), pour nous interpréter Truth. Enchaînant avec une chanson de sa composition, Reality, dont la mélodie à la fois larmoyante et poignante émeut les spectateurs, qui restent suspendus aux lèvres du chanteur. Gisella, de sa voix de diva, avec des choeurs faisant penser à ceux de Cry Me a River accompagne Faada, qui choisit de finir cette chanson de manière introspective, avec un “Inside Of Me”, qui, selon des sources fiables, résonne encore dans la salle.

Faada sait s’habiller, mais il sait aussi s’entourer. Avec Letter To The Lord, le groupe qui l’accompagne était aux aguets, que ce soit Jean Marie armé de ses basses très graves et puissantes, ou Philippe et ses sons beaucoup plus hauts et effilés. Le rythme, partie intégrante de l’univers musical qu’ils créaient sous nos yeux, était impeccablement distillé par Mickaël, en percussions corporelles. Manu, quant à lui, complétait la performance de Faada à la manière de deux complices qui se connaissent parfaitement.

Introduisant Lying to Me, titre de son prochain album, par “ce que tu dis est tellement beau, mais tes yeux sont tellement faux”, Faada sait communiquer avec son public ; et cela passe par le réveil du Maestro qui sommeille en lui. Guidant les applaudissements du public pour le faire participer activement à la création du spectacle, il réussit à captiver son audience, navigant sans effort entre le rap américain et la musique de fin d’un film Disney.

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Puis vient Borombi, où le chanteur nous fait découvrir le temps d’une chanson sa langue maternelle, le sénégalais, avant de faire jumper les foules sur son fameux In Time. Puis, au fil des chansons, le rythme devient plus lent, les paroles plus saccadées, pour nous amener jusqu’à une ambiance caverneuse qui marque le début de Slow Down. A cet instant, Faada tient son public dans la main, et sait que celui ci l’écoute, même lorsqu’il ne parle pas.

C’est ce moment là qu’il choisit pour faire les présentations, laissant à chacun des membres de son équipe 5 minutes de show, où ces derniers se présentent à nous sans filet, a cappela. Puis, clamant “Imagine this world without war”, Faada se joint au reste du groupe pour dénoncer les travers actuels qui le touchent, comme il nous l’expliquait lors de son interview.

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Finalement, existe-t-il un style que Faada ne nous ait pas fait découvrir ? Le reggae, peut être ? Ayant entendu nos paroles, ils s’engouffre lors des rappels dans un No Woman No Cry qui aurait fait frissonner le grand Bob… Et des saluts qui l’auraient fait sourire, s’il avait pu apercevoir la fillette invitée à monter sur scène pour saluer avec le reste du groupe.  

Respecté dans le monde de la musique, Faada l’est aussi par son public, qui a eu la bonne idée de ne pas gâcher le concert avec d’innombrables téléphones prenant des vidéos tremblantes et de piètres qualités, comme l’on peut voir dans la plupart des concerts actuels. Seuls quelques smartphones étaient levés, de manière ponctuelle, et les mains qui les tenaient étaient parfois plus âgées que le cliché le laisserait supposer. Car oui, Faada Freddy est un artiste que l’on écoute de 7 à 77 ans, sans modération.


Crédits Photos : Tyat

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