Chronique

Hildebrandt : un premier album qui part dans le vent

5 octobre 2016, Daffy

Hildebrandt sort son premier album en solo. L’auteur et interprète de J’ai plein de pas, single sorti il y a 3 ans déjà et premier titre de cet album, nous propose une chanson empreinte de poésie. Si vous ne connaissez pas encore Hildebrandt, ancien de Coup d’marron, le modèle éprouvé de la chronique « à qui ça s’adresse » vous donnera les clés pour le cerner. 13 titres et trois quarts d’heure plus tard, vous en saurez plus.

A toi l’éternel optimiste, le premier titre est un appel à la joie de vivre. Peu importe demain, puisque : Tout part dans le vent, tout partira sûrement, et je danse en attendant. Apologie d’une joie de façade perpétuelle dans des moments qui pourraient ne pas être évidents, soutenue par des chœurs en fin de refrain,  pour retrouver celle qu’on aurait pu perdre… On a perdu ce feu qui fait bouger nos pas, les gens n’ont plus que le sucre et les écrans sous la voix, alors à leur insu, à leur insu je danse en moi.

A toi l’amateur de rock anglais façon Franz Ferdinand ou Arctic Monkeys, (on reconnaîtra sans peine la guitare lourde sur un riff approchant de leur hit Do I Wanna know ?Les animals est faite pour toi avec des riffs ravageurs qui tapent d’entrée. Des basses grasses et vibrantes sur une batterie très synthétique ne sont pas révélatrice de l’intégralité de l’album qui contient des titres bien plus calmes et enivrants.

A toi le marin rêveur, à qui une guitare psychée d’un autre monde façon Volin te transporte par delà les océans, à qui La traversée de Radio Elvis donne des frissons, les titres suivants sont écrits pour toi. A croire que cette sonorité de gratte a le vent en poupe (Les ondes) et que la thématique « mer » reste intemporelle, en métaphores, contre vents et marées (Un peu lasse) ! On reconnaîtra aussi cette invitation au voyage, même pour une destination proche, dans le titre C’est jamais loin. Une guitare douce en arpèges se demande d’où vient le vent et nous emmène effleurer le sein d’un amour germano-hispanique, joli titre d’amour, très doux mais revigorant !

A toi la grande gueule, ferme-là. Vos gueules présente une facette de l’auteur (s’identifie-t-il ?!). Une facette houleuse, celle d’un homme qu’on imagine calme et introverti, subissant un détestable brouhaha ambiant, prêt à exploser, à briser la glace immuable de son épiderme, recelant des secrets pour qui sait le déchiffrer.

A toi le gamin toujours ou déjà avide de refrains enfantins Coup d’caillou est taillée pour toi.  Hildebrandt entraîne l’auditeur dans un univers déconstruit qui rappelle à chaque couplet de fragments de cours de récréation. Tu pourras également te réjouir du titre suivant, dans lequel l’auteur chante « Pour les chiens » dans une nostalgie et cette petite incohérence qui laisse libre cours à l’imagination.

A toi l’amoureux, le fan de Georges Brassens, L’essentiel à t’apprendre t’emmènera dans l’univers du parolier français, entre ses titres bien connus et sa tombe sur laquelle Hildebrandt se rend à plusieurs reprises dans sa chanson avec son « béguin » du moment. Bel hommage au moustachu, des références subtiles et restreintes au thème de l’amour, comme il aimait en parler.

Un premier album complet qui fait la part belle à la chanson et la poésie. On regrettera peut-être un manque d’engagement, de prise de position politique ou autre auquel nous habituent souvent nos paroliers contemporains et qu’on aime tant. L’occasion de terminer sur A quoi tu France ? Libre sera laissé chacun sur l’interprétation du titre…

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. J’ai plein de pas
2. Les animals
3. Les ondes
4. Un peu lasse
5. Gracias
6. Vos gueules
7. C’est jamais loin
8. Déjà
9. Coup d’caillou
10. Pour les chiens
11. Tu dévoiles
12. L’essentiel à t’apprendre
13. A quoi tu France

Sortie : 30 Septembre 2016
Durée :
 44 min
Album : 1er
Genres : Chanson/rock
Label : AT(h)ome
Infos / Dates de la tournée : FB

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1 commentaire

  • Répondre Mario 9 octobre 2017 at 23 h 05 min

    Album magnifique, tombé par hasard sur FIP, et la voix a porté, puis ensuite les paroles et la musique. C est le genre d album qui s installe dans ton inconscient et finalement toutes les chansons portent. L ecriture fait parfois penser a Bashung, une poesie particuliere qui se ressent plus qu elle ne s analyse.
    S il continue comme ca il va devenir incontournable, et ce tout le mal qu on lui souhaite.

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