Portrait de Scène

Gignac (34) repense la Culture avec l’association du Sonambule

23 janvier 2015, Aiollywood

Le Musicodrome poursuit son tour des structures culturelles de la région Languedoc-Roussillon et cette fois nous faisons une halte du côté de Gignac, dans l’ouest de l’Hérault. Hier, nous avons échangé avec Mathieu Siorat, directeur et programmateur de la salle du Sonambule afin d’évoquer, ensemble, la place qu’est en train de se creuser l’association au coeur du territoire héraultais. Ce qui est sûr, c’est que la détermination et le dynamisme de l’association contribuent pleinement à son essor souligné ces dernières années.

Nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre en disant que dans le département de l’Hérault, une écrasante majorité des concerts se déroule à Montpellier. Cette dernière joue en effet le rôle d’aimant par la diversité de ses salles de concerts et sa multitude de lieux et de tailles diverses. Pourtant, de l’autre côté du département, la résistance s’organise. Mathieu Siorat n’aurait vraisemblablement pas aimé que j’emploie le mot « résistance », alors hâtons-nous de remettre les choses dans leur contexte. La culture, et ce maux est malheureusement national, c’est un peu comme le célèbre ouvrage de Jean-François Gravier avec son « Paris et le désert français » : dans l’Hérault il y a Montpellier… et le reste.

Mais le rayonnement de Montpellier d’un point de vue culturel n’a en tous cas pas ébloui la détermination de l’équipe du Sonambule qui, fin 2005, voit se concrétiser son projet. En cherchant dans l’essence-même de la culture, l’idée que cette dernière doit être au coeur des territoires et surtout proche de ses habitants a fini par faire son chemin. En 2006, les murs et un toit sortent de terre sur la petite commune de Gignac et ses 6 000 habitants, à environ 20 km de Montpellier.

Dans la Vallée de l’Hérault, en marge de Montpellier, l’accès à la culture devient alors le véritable étendard du Sonambule. Ses actions culturelles sont de différentes portées : de l’accompagnement des artistes à des mises en résidence, ou à la création d’ateliers destinés aux scolaires, conscience culturelle, pédagogie et volet artistique marchent désormais dans la même direction. Ces notions de « partage » et de « territoire », Mathieu Siorat les garde en tête. Diplômé d’une Licence d’Histoire/Géographie, il a pu notamment y travailler les dynamiques d’un territoire, la manière dont il faut le voir mais aussi de comment faut-il le penser. Moi-même licencié dans la même discipline, je me rappelle que l’on insistait sur la nécessité de rétablir cet équilibre territorial qui continue, encore aujourd’hui, d’handicaper les milieux ruraux. Et ça, le Sonambule l’a bien compris : « les territoires bougent sans cesse, évoluent, il faut toujours garder cette notion de dynamique en tête » précise le directeur. Autrement dit, il faut insister sur le fait qu’il faut multiplier les points d’accès à la culture, même sur des territoires moins urbanisés. Par le théâtre, le cirque, les spectacles, les ateliers d’écriture et, forcément, les concerts, la force de frappe de l’association est donc multiple.

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Arrivé à la tête du Sonambule depuis maintenant un an, Mathieu Siorat accorde donc de l’importance à « la complémentarité des différents partenaires », à savoir ainsi évoluer, ensemble, dans ses domaines propres, avec une obligation certaine : tisser entre-eux des liens forts pour « travailler en réseau ». S’il parait évident qu’il ne doit « pas y avoir d’antagonisme », il faut surtout « rester cohérent en terme de programmation ». Ce penchant « musical » relevé depuis 2014 n’est pas anodin. En effet, le Sonambule et ses partenaires avancent à présent communément sur cette voie des concerts. S’ils sont parfaitement conscients qu’ils ne peuvent prétendre au statut de SMAC car, pour l’Hérault, c’est Victoire 2 qui en est une, l’association s’affère à trouver « de nouveaux modèles économiques » pour perdurer.

De plus en plus attractif dans la région, le Sonambule a fait un de ses maillons forts la rencontre. « La médiation culturelle, les projets d’éducation populaire et les différentes soirées proposées nécessitent de la proximité » pour Mathieu Siorat. Et ce constat doit s’adapter aussi pour les concerts : au Sonambule, vous pourrez rencontrer les artistes après les concerts autour d’une petite mousse. Que ce soient les habitués ou les nouveaux adeptes, aucun ne peut rester insensible à ce détail, là où les grosses salles de concert sont actuellement en train de se déshumaniser.

En gardant ce détail à l’esprit, le Sonambule vogue ainsi entre différentes tendances : des groupes de renommées nationales tels que Dimoné (24/01), Astonvilla (13/02), Orange Blossom (13/03), des groupes émergent comme The Dukes (nouveau projet d’anciens membres de No One Is Innocent ou encore Superbus) (13/02) tout en n’oubliant pas les artistes régionaux (résidence du Comptoir des Fous (18/03) et de Djamanawak (26/03), concerts de Mauresca (25/04)), le Sonambule a bien des cordes à son arc.

Merci à Mathieu Siorat, Directeur et programmateur du Sonambule pour le temps accordé pour cette interview.

Teaser de la programmation « Janvier-Juin 2015 » du Sonambule 

Le Sonambule en quelques chiffres

680

Places. C’est le nombre de personnes que peut accueillir la salle de concert du Sonambule dans son configuration fosse. La salle, amovible, peut accueillir 500 personnes en mixant fosse et gradins ou 250 personnes toutes assises. Un club de 150 places (debouts) existe également.

35

Projets. C’est le nombre de projets artistiques lancés depuis le début de la saison culturelle 2014/2015. Ateliers scolaires, ateliers d’écriture, rencontres dans les médiathèques, résidence, concerts… Le Sonambule est à Gignac mais aussi en mouvement sur les territoires héraultais.

Salariés. L’association compte actuellement cinq salariés, donc un qui a rejoint l’équipe au début du mois.

Plus d’informations sur www.lesonambule.fr

Crédits photos : photo n°1 Jean-Luc Bouazdia / photo n°2 Frédérique Rigoulot

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