Live Report

Barjac m’en chante, jour 5 : de l’énergie et des amours malades à Barjac ! 03.08

4 août 2016, P'titBapt
Agnès Bihl à Barjac m'en chante

Comme une douce habitude depuis maintenant cinq jours, la foule s’est amassée devant le château de Barjac pour avoir la chance d’être au plus près des paroliers d’aujourd’hui. La file d’attente allait chatouiller la fontaine de Barjac, quelques minutes avant les concerts de Valerian Renault et de la très attendue Agnès Bihl.

Comme une autre habitude, Barjac m’en chante proposait ce mercredi 3 aout, en préambule de l’énergique Agnès Bihl, une nouvelle découverte : Valerian Renault.

Valerian Renault sur la grande scène de Barjac

Et comme souvent sous les feux de Barjac, c’est une belle révélation qui s’est offert sans peur et avec une assurance digne des plus grands au festivaliers posés sous les étoiles gardoises. Valerian Renault chante, en français, des textes souvent tristes et intelligents, accompagné de sa guitare électrique et de sa voix qui captive presque directement. Le chanteur cultive un certain art de la chute, et on se laisse surprendre avec gourmandise à chacune de ses ponctuations finales.

De références à Brassens aux contes de ses déboires amoureux, Valerian Renault nous enchante : l’idée de jouer Joueuse puis de repeindre la même histoire d’amour avec le pinceau du second protagoniste est excellente. Une chanson à la diction saccadée au service de la musicalité, pour nous mettre dans sa poche assez facilement.

Valerian Renault sur la grande scène de Barjac

Le jeune chanteur va également nous faire voyager, en Gaspésie avec Petite Vallée, très belle chanson qui détonne du reste du set, pour le plus grand malheur du chanteur, mais les québécois ont inspiré une bien belle chanson au chanteur. Et lorsqu’il se balade moins loin, du côté de Montauban, entre Lino Ventura et une Flambée Montalbanaise, le chanteur réussira son tour avec une chanson drôlement bien écrite avec un sujet de l’inspirant pourtant pas le moins du monde.

D’un cours sur l’asexualité des fourmis à une Berceuse dont la musique lui a été confiée par Charles Aznavour, en continuant ses chansons d’amour, Le Lien, T’es belle, le concert est varié et théâtral, et ne pouvait se terminer autrement qu’avec un rebondissement inattendu : le chanteur refusera de se plier aux modalités de la sortie de scène et du rappel prévu à l’avance, et ne partira pas, histoire de soigner son retour.

Sacré découverte, une bouille, une guitare et des mots qui mériteraient plus d’oreilles, c’est une des caractéristiques de Barjac de nous faire découvrir ces jeunes talents, bravo à eux !

La traditionnelle pause entre les concerts se déroule toujours dans le calme, entre deux bières et des réactions à chaud d’après le concert, avec dans tous les esprits la même hâte d’aller tâter du verbe d’Agnès Bihl, attendue comme le loup blanc sur la grande scène de Barjac.

Agnès Bihl 36 heures dans la vie d'une femme Barjac

La chanteuse commence à connaître ce village dévoué à la chanson, et elle vient jouer dans cette édition de Barjac m’en chante son spectacle « 36 heures dans la vie d’une femme (parce que 24 c’est pas assez) », avant de repartir sur les routes avec son « Cabaret électro rétro » qui s’annone détonnant lui aussi !

Entourée de ses guitariste, pianiste et contrebassiste, la chanteuse est au chaud au milieu de la scène, scène avec laquelle elle joue comme on se joue d’un amour terminé. Et ce n’est pas un hasard si pour son retour à Barjac, la chanteuse ouvre son set par la magnifique Je reviens !

Les jeux de mots sont légions, les textes sont rudement bien écrits, les têtes n’ont pas le temps de refroidir, c’est frais et ça fait du bien au milieu de cette belle soirée tiède. Et bien en évidence entre les interventions de la chanteuse, les coups de gueules s’esnchaînent et reflètent le cœur même de l’artiste, qui s’en prend sans se retenir aux politiciens dans Bla bla bla, et qu’on aime à l’entendre assurer : « aussi vrai que la terre est ronde, on va le changer ce putain d’monde » au milieu d’une Insomnie, on adore se blottir dans ses chansons et les imaginer dans un autre contexte.

Agnès Bihl s’aventure, au fond d’un livre au cours d’un texte émouvant de la fille à la mère, ou en dépeignant un monde d’acteur, un univers cinématographique où elle prend Brel dans ses bras, trinquant avec tous les grands acteurs. Et de ses aventures naissent des chansons, et de ces chansons naissent des espoirs bercés par la voix assurée et rassurante de la chanteuse.

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Entre les histoires d’amour ratés, le féminisme en fer de lance, Agnès Bihl passe par toutes les émotions, et La Déprime semble répondre à La Retraite d’Allain Leprest, avant de s’en aller user de sa plume acerbe et fine pour la mettre au service des combats qui lui sont chers, de l’égalité des sexes à l’égalité tout court, en passant par la Sainte Vierge et Le Baiser d’la concierge, chacun aura son bon mot.

Pour ce spectacle bien rodé, le quatuor interprétera La Plus belle c’est ma mère, à la sublime écriture, à la musicalité très prenante, comme sur toutes les chansons où les musiciens donnent de leur personne et se greffent à ce spectacle aux petits oignons, plein d’énergie et de vitalité.

S’en est fini du concert d’Agnès Bihl, après une heure et demi de set sans pause. Fini? Presque. Un rappel rapide, une chanson et tout s’arrête, pour de vrai cette fois, trop tôt, trop vite. Mais chanter Merci Papa, Merci Maman, ce constat amer que le monde part ailleurs, le jour même où on apprend qu’en Israël, les enfants peuvent désormais se retrouver en prison pour terrorisme à partir de l’âge de 12 ans, est tristement d’actualité. Décidément les mots d’Agnès Bihl sont d’époque, sans être dans l’époque, et ils nous confient l’espoir, car sa chanson, c’est du partage.

Encore une soirée pleine de rêves à Barjac, rendez vous ce soir pour le dernier soir du festival, avec Eskelina et Debout sur le Zinc.

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