Rencontre avec Warnöx

9 min de lecture

Là où le rap francophone -véritable rat race d’aréopage- continue de prendre de l’ampleur, la philosophie de Warnöx détonne. C’est sans prétention et avec la plus grande sensibilité qu’il nous évoque ces dernières années, qui ont forgé sa plume et font de lui un musicien aux multiples facettes. Lors de la finale du VSR Festival (Genève, CH) nous avons eu l’occasion de rencontrer ce jeune artiste aussi humble qu’ambitieux.

– Warnöx –
© Bacchus production visuelle

Comment s’est passée cette finale ?

Warnöx : Ce soir j’étais un peu en terre inconnue, parce que je viens de Bienne. J’ai joué en premier et c’était un peu difficile de choper le public, j’ai vite remarqué qu’il était surtout là pour Mh, mon rival. Au milieu du concert je me suis même demandé si j’allais réussir à tenir jusqu’à la fin. Mais après je me suis dit que j’étais surtout là pour le jury, la visibilité… Je savais même pas qu’il y avait de l’argent en jeu !

Mais au final c’est cool, les jurés m’ont pris à part pour me dire que j’étais beaucoup plus « prêt » que mon rival, qu’ils ont choisi dans le but de mettre en valeur un artiste qui se développe à Genève. J’ai pas l’impression d’avoir perdu, j’ai vécu une expérience exceptionnelle. 

Comment est né Warnöx ? 

Warnöx : J’ai commencé à rapper parce que j’étais mal dans ma peau comme tout plein de jeunes, et j’ai bien aimé le fait qu’on puisse mettre des mots sur un mal être. Ce style de rap assez touchant je l’ai découvert grâce à Nekfeu. J’ai un peu les cheveux long, un peu la moustache donc souvent on me dit « toi t’es un Nekfeu », mais en fait non ! J’ai commencé avec lui il m’a influencé, mais à la base j’écoute pas mal de classiques, j’ai grandi avec Linkin Park, et j’adore l’artiste Pomme qui fait de la variété française.

Ta maturité est souvent évoquée dans les articles qu’on peut lire à ton sujet. Comment tu l’expliques ?  

Warnöx : C’est vrai qu’il y a plusieurs journaux qui mette ma maturité en avant, je sais pas si j’en ai plus que d’autres. Mon premier album « Étincelle » je l’ai fait assez jeune, j’avais 18 ans et ensuite j’ai eu une rupture amoureuse qu’a assez mal tourné, j’étais à la limite de la dépression. Grâce à ça je me suis découvert une sensibilité dans pleins de trucs de la vie auxquels normalement je faisais pas attention. Ça m’a renforcé et je comprends aujourd’hui que la sensibilité c’est hyper important et que tu peux en faire ta force. La mélancolie c’est un truc incroyable. Je parle aussi de sujets douloureux, comme le suicide dans mon deuxième album. Je pense que c’est des sujets qui peuvent faire écho avec une certaine maturité. Mais ce sont surtout des sujets qui pour moi sont importants à évoquer.

Comment tu gères les périodes un peu anxiogènes qu’on traverse aujourd’hui ? La pandémie, les différentes prises de conscience sociales, environnementales…

Warnöx : T’as pris l’exemple du Covid. Je dois t’avouer que je suis le genre de personne qui a « kiffé » la période Covid. De base je suis assez solitaire, les deux ans ou j’étais seul j’étais chez moi, je regardais des animes, je faisais mes prods…. Aujourd’hui on pourrait croire que j’ai pleins d’amis mais pas du tout, je sors quasi pas. Des fois je fais en sorte de ressembler aux autres et je pense que dans mon prochain album je parlerais de ça. Je mets la force de ma solitude dans l’écriture. 

Tu abordes des thématiques assez lourdes dans les textes c’était difficile d’écrire la dessus ?

Warnöx : A un moment de ma vie, l’écriture c’était une obligation pour moi parce que c’était soit ça… soit sinon je pense que je serais pas là aujourd’hui. Dans « Espoir d’amour » y’a pas mal de sons que j’ai écris en pleurant, donc c’était difficile mais tellement nécessaire. 

Alors justement, ton dernier album c’est « Espoir d’amour ». Qu’est ce que ça signifie ?

Warnöx : Je suis resté seul pendant deux ans, et tu sais quand tu n’as plus la personne que t’aime, y’a un énorme manque. C’est comme une drogue. Et t’es dans l’espoir que quelqu’un t’aime, te comprenne. Moi j’ai eu de la chance d’avoir l’amour de mes parents et de mes frères. Et finalement c’est aujourd’hui que je comprends le titre de mon album, l’amour t’es un peu piégé dedans mais en même temps t’es tout le temps à sa recherche.

Tu as d’abord été batteur, beatmaker ; la musique c’est une histoire familiale puisque ton frère est sur scène à tes côtés. C’était important de l’avoir avec toi ? 

Warnöx : En plus d’être important, c’est évident ! Pour moi mon petit frère Samuel, c’est l’artiste de la famille. C’était obligé que je l’intègre à cette équipe.

Des artistes à nous conseiller ?

Warnöx : Franchement y’en a plein en Suisse ! Je dirais Pablo un rappeur de Fribourg, avec qui je m’entends très bien… Et aussi R la rage à Bienne, et Antoino qui sont aussi très chauds.

Je te laisse le mot de la fin !

Warnöx : Déjà merci à toi ! J’aime trop ce genre d’interview, pour moi c’est presque thérapeutique. Je me livre énormément sans faire forcement attention à la manière dont je le dit. 

Faites ce qui vous plaît, si vous en ressentez le besoin, lisez, écrivez c’est hyper important. 

Et sinon mon deuxième album est sorti « Espoir d’amour ».

Gros love sur vous, et merci beaucoup.

Le dernier album de Warnöx (version courte) est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. Retrouvez-le sur Instagram et Facebook

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