Dub Traveller + Hedena au Cratère (Alès, 30) 15.04

7 min de lecture

Pour ses 20 ans, le festival de la Meuh Folle est revenu avec de nouveaux arguments et surtout une formule enrichie d’une proposition « hors les murs » qui méritait qu’on y accorde toute notre attention. En collaboration avec le théâtre du Cratère, scène nationale, les deux structures ont rendu possible une exportation du festival en plein centre-ville d’Alès. Une très belle initiative !

Dans un temps plus lointain, autour des années 2010, le festival organisé par les étudiants de l’école des mines d’Alès, avait réussi à faire installer une scène, sur le parvis du Cratère, pour y organiser des concerts de soutien pour le Téléthon. Quelques années plus tard, le festival changeait de dimension en doublant pratiquant son affluence (passage de 4 000 à 8 000 festivaliers en moyenne) et la formule initiale, sur les 2 jours d’événement, se voyait être enrichie (installation d’un sound system sur le camping, augmentation du nombre de groupes programmés, etc.).

En 2023, pour cette édition anniversaire, le festival a donc travaillé avec le Cratère pour proposer une 3ème salve moulée « Meuh » pour son « Cratère Club », le tout accompagné d’une expo rétrospectives. Après deux premières sessions clairement estampillées rap et hip hop, ce nouveau Cratère Club a certes eu lieu à un horaire inhabituel (de 16h00 à 18h30) mais il a permis de ne pas empiéter sur le second soir du festival.

Placé sous le signe de la découverte, ce moment aura permis de s’intéresser à deux groupes certes opposés par leur genre de prédilection… mais bien décidés à nous ouvrir les portes de leur univers. D’abord, c’est Hedena, un duo italien prometteur puisqu’il avait fait parler de lui déjà en fin d’année dernière : en effet, Hedena a remporté le tremplin musical des Before organisé par le Conseil Départemental du Gard à La Moba. Étiqueté « electro-pop », n’allez pas croire qu’Hedena cherche à surfer sur un genre qui a plutôt le vent en poupe actuellement. C’est difficile d’haranguer la foule à cette heure-ci, hors contexte et presque de manière intemporelle, surtout lorsqu’on constate que les spectateurs manquent un peu à l’appel. Avec une grosse 50ène de personnes au compteur, ce Cratère Club est loin d’avoir battu des records d’affluence et c’est bien dommage !

Dans tous les cas, le public présent a adhéré au set et à la sincérité véhiculée par Hedena : que la foule soit bercée par une pop soyeuse où la guitare acoustique s’est faite une place… ou tout simplement baignée dans des effluves groovy, les présents n’ont pas été insensibles au son proposé. Par moment, des envolées plus incisives pouvaient laisser penser à des virées de Woodkid tandis qu’à d’autres, c’est une cascade clairement plus électronique qui déversait. En alternant le rythme et les facettes musicales, Hedena a grandement rempli le contrat. Une très belle découverte !

Peu après 17 heures, c’est Dub Traveller qui a pris le relais. Changement d’ambiance, l’intensité gravit des échelons à pleine vitesse ! Nouvelle session découverte en vue avec un dubmaker qui déboule sur la scène française trance : Dub Traveller. Tout fraîchement installé chez Baco (Shop) pour la sortie de son tout premier disque dévoilé il y a quelques jours (« Infinity »), Dub Traveller est arrivé dans le Cratère avec une mission claire mais complexe : parvenir à faire décoller le vaisseau sur des contrées majoritairement trance dans la très feutrée Salle d’à Côté… juste après l’heure du goûter ! S’il a avoué pendant son set en avoir douté, l’artiste a pourtant réalisé un énorme tour de force en remportant son pari !

Au gré de ses escapades musicales, Dub Traveller a proposé des fragments de ses facettes musicales en mode bulldozer pendant une grosse heure. Du dub à la trance, de la techno au dubstep, des percus aux basses, Dub Traveller a sorti la grosse machine pour retourner ce Cratère Club ! Le seul hic sera peut-être celui lié à la communication des heures de départ des navettes pour rallier le parc des expositions : le démarrage ayant été légèrement décalé, la majeure partie de la foule a quitté la salle avant la fin… laissant l’artiste boucler son show dans une salle quasi-vide. Dommage, car les spectateurs ont grandement apprécié le show !

Globalement, ce troisième Cratère Club est réussi car il a permis de découvrir deux groupes talentueux qu’il va être intéressant de suivre. Ensuite, deux acteurs importants de la scène culturelle alésienne et gardoise ont permis de diffuser une partie de l’ADN de la Meuh Folle en centre-ville pour renouer du lien. Et, enfin, la Salle d’à côté du Cratère, par sa configuration debout (gradins rétractables) démontre aussi tout son potentiel pour accroître la proposition d’événements musicaux alternatifs et indépendants dans ce lieu incontournable de la ville. On espère que ce genre d’initiative pourra se répéter !

Crédits photos : Aïollywood / pas de photographe disponible ce jour-là (qualité médiocre – smartphone).

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