Nous y voilà à ce fameux week-end de l’enfer où il fallait choisir (entre autres) entre TINALS à Nîmes ou ID-ILE à Avignon… Pour nous le choix est fait depuis longtemps tant nous sommes devenus des inconditionnels de l’ambiance unique du festival provençal de ce début de saison. Entre disco foot et cigales déchainées, cette édition 2026 a su une nouvelle fois nous séduire. Trois jours de découvertes et de plaisir que nous vous faisons vivre jour par jour !
Après presque trois heures de route et une belle traversée d’une campagne parsemée de ses visiteurs africains, le Château de Lourmarin émerge enfin au loin, le drapeau du festival Yeah! fièrement ancré à son sommet.
A chaque fois, cette même excitation monte en nous en approchant de la petite porte du château devant laquelle nous retrouvons les sympathiques bénévoles du festival dont l’incontournable mec de l’accueil avec sa casquette de pilote de l’air.
La porte s’ouvre et nous voici dans les allées du château au centre desquelles se pavanent quelques perches grassement nourries. Pour nous c’est le moment de retrouver notre traiteur marseillais préféré et un bon verre de vin local.

Nous commençons la soirée sur la petite scène avec l’iconoclaste artiste parisien Arthur Fu Bandini. Si on veut parler de renouveau de la chanson française, on peut sans aucun problème s’intéresser à cet énergumène qui déclame une poésie engagée dans un style évoquant à la fois Sleaford Mods ou les Viagra Boys. Sauf qu’Arthur, il est tout seul sur scène avec ses machines.
Armé de ses rythmes électro et dub, Arthur Fu Bandini nous embarque très vite avec son excellentissime Retrouver le soleil, chant d’espoir et de renouveau qui ne saurait mieux tomber en ces temps de morosité.
Mais le propos n’est pas naïf et il nous rappelle que nus sommes tous dans le même train qui file droit dans le mur dans ça va ça va ou que nous sommes devenus des zombies accrochés à nos téléphones dans Anesthésie Générale. Il en rajoute une couche dans Nos cœurs font du freejazz sur lequel il vient chercher le public pour un éventuel gentil pogo qui ne prend pas encore à cette heure là.
En tout cas, on vous conseille d’aller découvrir son univers dans son double album Ça n’a jamais été mieux avant et de le découvrir sur scène (par exemple à la fête de l’Huma ou à Rock en Seine).


Après cette excellente entrée en matière, direction la cour du château juste au-dessus de nous.
La porte en fer s’ouvre à peine que les fans du festival se précipitent en courant vers le merch pour mettre la main sur les nouvelles productions du festival. Le même scénario se répète chaque année même s’il était possible de précommander en ligne pour les plus organisés.
Nous démarrons la soirée dans un format soul avec la petite (mais grande par la classe), Michelle David accompagnée des True-Tones. Originaire de New-York, la chanteuse américaine a baigné toute son enfance dans le gospel avant de chanter avec des stars internationales telles que Diana Ross ou Michael Bolton.
Elle rejoint plus tard le backing-band True-Tones (des néerlandais !) pour se lancer dans une aventure qui dure puisque sept albums ont été produits dont l’excellent Soul woman, dernier né de la série.
Quelle belle idée que de nous immerger dans cette musique soul tellement bien incarnée pour débuter cette douce soirée.
Avec ses titres tels que Brothers and Sisters, Speak to Me, When all is said and done ou Soul Woman, nous passons un moment suspendu avec cette musique qui parle à l’âme. Après la célébration de l’anniversaire du batteur, Michelle David nous explique qu’ici, ce soir, nous sommes dans l’endroit où nous pouvons trouver la paix et où nous la trouvons. Si vous souhaitez les découvrir, le groupe passe au Théâtre de la Mer le 1er août dans le cadre de Fiesta Sète !



Maintenant que nous avons fait le plein de bonnes vides, nous pouvons prendre de plein fouet toute la noirceur des rocker suisses de Puts Marie avec lesquels nous vivrons un instant magique. Nous ne les avions pas revus depuis 2019 lors du Check-in Party à Guéret.
Les rockeurs sombres n’ont rien perdu de leur style inimitable à commencer par ce phrasé unique de Max Usata qui chante autant qu’il parle sur des sons de guitares à la fois lourdes et distordus. Tout part en cacahuètes, l’humanité est au bord de l’asphixie alors Puts Marie a sorti un album qui rassemble tout ça. Avec Pigeons, Politicians & Pinups During the End Time of Mankind, Puts Marie nous entraine dans le gouffre.
Et on y va à pieds joints tellement c’est bien fait.
Les titres sont longs et planants à l’image de Bird Breeding Man ou Hotel Asylum qui nous font passer de la béatitude à la rage dans une progression incontrôlable. Et on en redemande, toujours plus. D’ailleurs Puts Marie joue un peu la montre en étirant son dernier morceau au maximum, faisant passer la régie par un petit moment de stress bien compréhensible. De notre côté, nous regrettons que l’expérience ne dure pas plus longtemps tant cet univers est riche.



Cette claque ! Et là franchement, tu te dis quoi ? Y’a encore des concerts à suivre ? Hé bien oui. Et on ne l’avait pas vu venir ce groupe. Ils sont anglais, ils sont punks et ils ont mis le feu au château de Lourmarin. Je parle de Gans, le jeu trio déjanté de Birmingham qui ne pose aucune question hormis faire vriller le pit. Et on peut dire que ça marche.
La batterie souffre, la basse est déchainée, les machines explosent et au milieu de ce chaos résonne parfois un saxophone, parfois une flute traversière sortie de nulle part.
Avec des titres tels que In Time ou It’s Just Life, nous n’avons pas d’autre choix que suivre le rythme (ou du moins, essayer) dans un joyeux bordel qui rend tout le monde dingo.





Nous approchons doucement de la fin de la soirée quand nous voyons arriver sur scène un combo batterie / synthé modulaire qui augure encore de bons moments à venir. C’est le duo tourangeau Double vitrage qui conclut la soirée avec du gros son techno qui tabasse en mode boucherie de l’enfer.
Visuellement, c’est vraiment cool mais on a du mal à entrer dedans après la fraîcheur techno punk dans laquelle on a été baignés juste avant. Cela reste cependant un excellent projet comme on aime les découvrir en festival.


Zéro faute pour cette première soire. Le line-up était parfait et le plaisir à son maximum.
Plus que 30 minutes de route pour aller se reposer et on remet ça demain.
Crédits photos : Olivier Scher
