Chronique

Tetra Hydro K « Labotomie » (2016)

29 avril 2016, Aiollywood

La semaine dernière, OnDubGround nous avait scotché avec leur fameux « Addvice ». Aujourd’hui, Le Musicodrome a une nouvelle fois de la ressource pour vous présenter « Labotomie », le tout premier album du duo Tetra Hydro K. Après une série d’EPs, le crew passe en mode long format et, franchement, cela valait le coup d’attendre.

Avec « Labotomie », Tetra Hydro K a concocté un skeud à l’image de ses influences et de ses envies. Nous l’avions déjà dit auparavant, le constat se vérifie encore : la scène dub française se porte bien. Pendant que les Tetra se sont construits une véritable identité sur scène, « Labotomie » reflète parfaitement l’image que le groupe s’est forgée tout au long de ses nombreuses soirées dubber. L’album tape, cogne, secoue à tout va et ne s’enferme pas dans une boîte lisse et monocorde. On sent bien la griffe du groupe avec son « dub au saxo » sur le premier vrai titre, Playmobil knight, identifiable sur les derniers EPs. Si la surprise a fait son temps, les skanks fonctionnent et contribuent au lancement de l’album.

Ce lancement va d’ailleurs se transformer en catapultage. Subitement, le laboratoire s’affole et joue aux apprentis chimistes : Karnage porte bien son nom mais dans le bon sens du terme. C’est steppa, c’est percutant et entraînant, Karnage répand ses ondes sur fond cuivré et psyché. Elles débordent même sur Exode, brûlot corrosif né d’une rencontre avec l’incontournable panda national (Panda Dub). Partie de quelques notes orientales, la réaction chimique est immédiate : dans une ascension progressiste qui s’agite sans ménagement, le track se sature, d’un dub steppa à des beats electro qui n’en finissent plus de résonner.

L’évolution sonore tend vers l’hybride et devient plus obscure : les Tetra seraient-ils tentés par les nouveaux sentiers empruntés par High Tone ? Tetra Hydro kamasutra a beau être plus dark, la machine ne semble pas être sur le point de s’enrailler. Les vols planés de Grand hotel sub bass n’y changeront rien, Tetra se digitalise et prouve une nouvelle fois sa faculté à explorer les méandres du dub et ses variantes.

De contrées plus ethno et plus electro, les THK sont en plus bien accompagnés : les featurings fleurissent sur l’album, que ce soit sur B is the key (feat. Saadji) ou sur I try (feat. Sama Renuka), l’aisance de Kanay et Krilong aux machines se révèle à nouveau. En guise de clin d’œil au passé, le crew se permettra même de replonger dans ses débuts : Nampous et K’n bass font tomber le masque de THK, un masque résolument drum’n’bass et jungle qui risque de secouer les chaumières…

En tous cas, cela ne laisse aucun doute : pour son premier LP, Tetra Hydro K a réussi à rassembler sur une même galette l’étendue des influences qu’il aime explorer avec une bonne dose d’intensité.

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Tetra Hydro khemistry
2. Playmobil knight
3. B is the key (feat. Saadji)
4. Karnage
5. Exode (feat. Panda Dub)
6. Tetra Hydro kamasutra
7. Nampoux
8. K’n bass
9. I try (feat. Sama Renuka)
10. Grand hotel sub bass

Album : 1er
Durée : 49 min
Genre : Dub
Label : ODG Prod

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2 commentaire(s)

  • Répondre Clém 29 avril 2016 at 16 h 17 min

    Super article !! Je suis en train d’écouter, ça donne envie de skanker en effet

    • Répondre Aiollywood 29 avril 2016 at 16 h 20 min

      Entre OnDubGround et Tetra Hydro K, ça fait de bonnes sorties dub en ce moment 🙂
      Et ce n’est pas fini, j’en ai d’autres en stock ! Pour le séminaire Musicodrome je peux essayer de faire une petite playlist… Bapt’ va être fou^^

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