Nada Surf au Rockstore (Montpellier, 34) 29.05

7 min de lecture

De retour en terres héraultaises après les péripéties calendaires Covidiennes, Matthew Caws et sa bande furent à la hauteur de l’attente.

Le groupe new-yorkais aux plus de 30 ans de carrière, avec un répertoire long comme le bras, arrive à son image, avec sobriété. Daniel Lorca, clope au bec, dreadlocks à la nuque et sourire aux lèvres, semble apprécier ce retour en tournée. Le trio aura le temps de distiller hits radio et b-sides (en sont elles vraiment ?) durant ces 2 heures. Et cela commence fort avec un message à son public avec So much love, issu du dernier album qui se devait d’être défendu sur scène après 2 ans d’attente.

Daniel Lorca, toutes mèches dehors

Cette introduction toute enrobée de sucre laisse place à un retour près de 20 ans en arrière avec Hi-speed soul, dans cette usine à tubes qu’est Let Go. Les cordes de Matthew Caws résonnent et dès les premiers accords, le public commence à se déhancher et opiner du menton, entre cette immersion shoegaze et ces riffs garage. Vient alors le moment que tous (et surtout l’un de mes comparses du soir, Nouns) attendaient avec les power chords de The plan. L’histoire raconte que c’est lors d’un showcase au Virgin de Montpellier (oui oui, ça date) qu’un fan averti, après une longue discussion avec Daniel Lorca (en français s’il vous plait) que le groupe a définitivement ajouté ce titre dans le set. Et en même temps comment passer à côté de ce titre en plusieurs temps, à la fois énervé, pressé et posé, entre l’urgence de la déraison et le pas de côté.

Le set se poursuit sur les nostalgico-planant Friend hospital et Killian’s red, où la voix de Matthew Caws exprime avec légèreté et pudeur cette sensation douce amère. Bon, on n’est pas là pour se morfondre et Looking through nous permet de croquer ces madeleines adolescentes qui nous faisaient osciller si rapidement entre euphorie et mélancolie. Cette sensation perdure lorsque les 1ers accords du sirupeux-mais-on-n-en-veut-encore Inside of love retentissent. C’est beau tout simplement. Nada Surf sait construire ces tubes puissants, taillés pour le cinéma et ne s’en privent pas.

C’est là qu’on attendait Happy kid pour nous remettre sur les rails, hélas, ce titre enjoué ne fait pas parti des étapes françaises… En lieu et place, Je t’attendais et Là pour ça viennent rappeler la rencontre entre Matthew et Daniel, au lycée français de New York. Le groupe nous expliquera en aparté qu’avec la quantité de titres à leur disposition, préparer un set est un vrai casse tête. On notera également l’absence de Mother’s day, en ce jour de fête des mères, titre certes un peu décalé en regard de l’intensité qu’il dégage ! Le message ayant été transmis, le prochain passage du trio nourrit l’espoir de l’ajout de ces bijoux !

Blizzard of ’77 – Un finish en acoustique en communion

Les Beautiful beat se poursuivent et le passage au ravitaillement en houblon nous donne accès à un de ces petits moments de bonheur, ces épiphanies qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. Alors que commence à résonner le riff qui définit le grandiose final de Fight Club, où un monde s’écroule devant les yeux de Marla et Jack, que les « whou hou » se font entendre, les fans les plus aguerris reconnaissent immédiatement : « oh putain, ils reprennent même du Radiohead ! »Where is my mind donc, avec cette véritable question qui reste en suspens. S’enchainent les hommage puisque Blonde on blonde, cette fabuleuse berceuse s’ensuit.

La fin du set fait la part belle au dernier album avec Mathilda, Looking for you, Just wait et Something i should do, entrecoupé des enjoués Hyperspace, toujours parfaitement maîtrisés et See these bones, non sans faire penser aux belges de Girls In Hawaii. Les tubes majeurs viennent clôturer le show avec un surprenant pogo se mettant en place dès le début de Popular, de concert avec des mèches balancées d’avant en arrière. Bon ok, notre contribution y était volontairement prononcée. Le plus récent (t’es sûr ?) Always love, hit soft mais extrêmement efficace, arrive alors, pour lentement préparer les adieux, en acoustique et regroupé autour de Matthew Caws et ce Blizzard of 77. Quelle soirée magique, entre nostalgie et énergie !

Setlist : So Much Love, Hi-Speed Love, The Plan, Friend Hospital, Killian’s Red, Looking Through, Inside of Love, Je T’Attendrais, Beautiful Beat, Là Pour Ca, Where Is My Mind, Blonde On Blond, Mathilda, Hyperspace, Looking For You, See These Bones, Something I Should Do, Just Wait, Popular, Always Love, Blankest Year, Blizzard of ’77.

Photos Olivier Scher Photographie.

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