Chronique Express

Jean du Voyage « The closest » / GraniT « Cris » / Sonic Area « Madness & miracles »

6 février 2014, Aiollywood
Jean du Voyage

Le mois dernier, nous vous avions parlé de JFX Lab, le Net Label de Jarring Effects. En activité depuis novembre dernier, le principe est simple : proposer tous les mois 3 EP des artistes qui font leur première gamme sur le label digital de la prod’ lyonnaise. Pour ce nouveau volet des chroniques express, place cette semaine à 3 EP qui nous ont particulièrement marqué, à savoir les créations de Jean du Voyage, Sonic Area et GraniT. Les déclinaisons des musiques électroniques sont au pouvoir. 

Jean du Voyage « The Closest EP » (janvier 2014) -ELECTRONICA- 

Jean du Voyage. Un nom atypique qui, forcément, donne envie de se rapprocher un peu plus près de l’univers du DJ afin d’en découvrir ses merveilles. Écouter un EP de 4 titres n’engage pas grand chose me direz-vous. Alors tournons le bouton et montons le son. Beatmaker, turntablist depuis 1998 et d’ailleurs titré à de nombreuses reprises au sein du duo Broken Drop, Jean du Voyage a donc décidé de faire le grand saut. Un saut dans un monde où les influences s’embrassent (indiennes, africaines…) qui ne font qu’épouser les bonnes vibrations qui émanent de sa fournaise. D’une douceur planante proche de l’abstract (Good morning) et de l’electro acoustique, la voix chaude de Djélà, en featuring sur The closest ghost, donne le tempo sous une enveloppe soul/hip hop afro-américaine. Mais dans cette armoire à sons qui vous transporte d’un continent à l’autre en frémissant, Jean du Voyage sait, aussi, faire chavirer les têtes : les deux derniers tracks sont de véritables bijoux en compagnie de Pierre Harmegnies. Prana, imprégné d’une chrysalide dubstep, jongle entre les soubresauts d’un sample au saxo et des basses massives entraînantes tandis que Untitled n’aurait pas à rougir aux côtés des ballades naphtalines d’Ez3kiel qui s’assombrissent. Jean du Voyage, EP coup de coeur de ce début d’année.

Sonic Area « Madness & Miracles » (novembre 2013) -ÉLECTRONIQUE HYBRIDE-

Sonic Area

La ballade sonore entreprise depuis quelques minutes marque un premier temps d’arrêt. Aux côtés de Sonic Area, changement de décor : ici, l’atmosphère devient lourd et stressant. Se lançant dans une véritable course poursuite contre le temps, The moonlight express fracasse le casque, martèle les murs de son empreinte industrielle bien pesée. De ce contexte quasi-cinématographie né pourtant une invocation hybride, là où la techno tribale peut brutalement se mélanger à cette compo fragmentée (Sacrifice for sun). Déchiré mais imprévisible, Sonic Area arrive même à prendre à contre-pied son joli monde : entre grincements, soupçons métalliques et vieille épave abandonnée, on s’imagine bien le temps de quelques minutes se retrouver dans The abandoned Nautilus. Au cours de cet aller-retour maîtrisé, la réalité finira toujours par éclater : comme si les machines reprenaient le pouvoir, Sirens in the sky (2.0) tombe enfin le masque. Le masque d’un fracas industriel, un masque d’urgence provoqué du plus bel effet.

GraniT « Cris » (novembre 2013) -DUBSTEP, MINIMAL-

 Granit

Avant de terminer ce petit tour consacré aux EP, dernière pause en compagnie cette fois de GraniT. En réalité, il y a de grandes chances pour que vous connaissiez déjà qui se cache derrière ce bloc de pierre. En effet, révélé par l’emblématique Télérama Dub Festival, GraniT n’aurait du être qu’éphémère. Pourtant, ce nouveau projet a été monté de toutes pièces par Uzul (machiniste de Kaly Live Dub qui insuffle les influences dubstep au groupe, entre autres) et Molecule (grand adepte de la minimale allemande). Le résultat de ce combo est donc facilement prévisible… mais ô combien intense. Épilepsie en garde la trace, une effusion de machines à vous en faire transpirer, où une alchimie de techno et de machines incongrues s’entrechoque. A l’abordage, le dub n’est jamais loin sur Cris, même si le jeu de piste est clairement brouillé : survitaminé et saturé, le rythme s’affole, se crispe puis explose tout au long de ces 6 minutes. Le dubstep, en fil rouge, a lui aussi droit à son heure de gloire : Watch yourself, soupoudré de minimale fusionne les genres avant que Polar se pare d’un costume taillé de toutes pièces pour le dancefloor… A bon entendeur !

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