Marseille, c’est la promesse de profiter tout autant d’un excellent festival que d’une ville aux multiples trésors. Retour en images sur la deuxième soirée du festival Au Large au Théâtre Silvain.
Qu’on se le dise, une baignade matinale à Malmousque, c’est l’idéal pour bien débuter la journée. Pétole à l’horizon et une eau plus que clémente, que demander de plus ? Une virée aux Goudes ? Chiche qu’on se fait ça. En plus on peut se faire un retour vers le Vieux-Port en navette maritime…
C’est pas tout ça mais il y a un festival à couvrir ! Nous retrouvons donc le Théâtre Silvain à l’ouverture de la soirée avec les mix de Mila Necchella. Le soleil cogne et le punch est là pour nous désoiffer.

Et soudain, Bonne Nuit sort les bottes
Tandis que le public se range stratégiquement dans la zone ombrée de la fosse et que les éventails se déploient dans les gradins, deux gaillards chaussés de bottes en plastique débarquent sur scène.
Des bottes ? Sous ce cagnard ? Seuls des vendéens peuvent avoir pareille idée. Le duo ne va pourtant pas se laisser démonter. Car ce serait mal connaître Bonne Nuit. Ils sont là pour nous en mettre plein la vue et vont clairement s’employer pour ça.
Bonne Nuit, c’est un drôle de mélange entre électro et cold wave dont l’objectif affiché est de transcender nos angoisses en une fête sauvage et libératrice. On peut affirmer qu’Étienne et Théodore savent s’y prendre pour nous amener progressivement dans cet état. On retiendra leur grosse énergie et des morceaux comme Crier vomir pleurer (dur de se faire larguer) ou Mes amis qui évoque les liens qui se distendent avec nos amis d’enfance. Comme beaucoup de groupes actuels, l’écologie est de la partie avec un regard très cynique sur la situation dans On a bien rigolé. Le ton sait également être plus doux comme sur Montréal. On note également avec plaisir la superbe dédicace à Bruno Retailleau pour introduire Mort aux riches.
Les deux vendéens ont auto-produit un premier EP « Crier vomir pleurer« sorti en 2025.



Ditter relance la machine
Après cette entrée en matière détonante, nous avons le plaisir de retrouver Ditter que nous avions croisé dans une salle étudiante de Montpellier il y a quelques mois.
Contrairement aux fois précédentes où je les ai vus, j’ai trouvé le trio un poil en dessous ce soir. Faute peut-être à la fatigue des dates qui s’enchaînent cet été ou à un public moyennent réceptif qui n’a pas arrêté de parler pendant tous le set… Pourtant Rosa lance la machine avec Cringe is the new sexy puis Me, money and politics qui nous plongent directement dans l’univers bouillant de Ditter.
La basse fait le grand huit sur Do things right où le mantra « Don’t think twice, do things right » vient s’imprimer dans nos cervelles échaudées.

Rosa lance ensuite à la foule : « Est-ce qu’il y a des pleasers ici ? Des gens qui ne savent pas dire non ? » paroles qui introduisent leur excellent I do hate you (but i do like you) martelé avec le sourire tout en chantant « You’re an exquisite piece of shit« …
Ditter ose ensuite une aventure en français avec Cherche pas, morceau qui traite des violences sexistes et sexuelles. C’est presque naturellement que le trio enchaîne sur You need a break en nous évoquant les burn-out.
Puis Rosa nous explique que tout est politique, la musique comme les 40°C à l’ombre qu’on se tape en ce moment. Oui, tout est politique ! L’amour et le joie sont les leviers à activer ! Tirade qui se termine par un FUCK LES FACHOS ! bien senti avant d’enchaîner avec le génial Way too cool for you puis l’incontournable Lalala song pour chanter tous ensemble.
Objectivement, Ditter, on aime toujours autant même si ce soir on n’a pas senti la grosse énergie à laquelle le trio nous a habitués. Nous comptons donc sur eux pour leur prochain passage avec un public que nous leur souhaitons plus réceptif.




NTO particulièrement attendu par les festivaliers
La nuit enveloppe progressivement le théâtre Silvain pour la venue du DJ et Producteur NTO. On sent bienque la majorité des gens a fait le déplacement ce soir pour cet artiste. C’est donc devant un public moins dissipé qu’Anthony Favier va dérouler un set comme il aime à les faire dans son style à la fois planant et mélodique.
Alors que tout est fait pour que la soirée finisse en fanfare, voilà que les problèmes techniques s’enchaînent rapidement. Dommage, car cela transforme le début du show en faux départ. Après une bonne pause qui s’étire sur presque 20 minutes, les choses rentrent dans l’ordre ! NTO déroule un set précis et dansant qui prolonge divinement la soirée.
NTO, c’est une musique électro très soignée, jamais agressive qui évoque cette touche minimaliste que l’on entend dans les clubs berlinois. Les basses sont presque étouffées, pour mieux nous caresser et nous envelopper. On passe un excellent moment d’autant plus que des feux d’artifices apparaissent sur la corniche, au loin. Cela créé une atmosphère un peu à part pour conclure cette deuxième soirée d’Au Large.





Crédits photos : Olivier Scher
