Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, le festival Yeah! ne fait pas exception à la règle ! Ceci n’enlève rien au plaisir de revenir sur Lourmarin pour cette troisième journée, à commencer par le traditionnel Disco Foot qui se joue cette année sous le cagnard.
le dimanche, c’est tournoi de pétanque et Disco Foot avec l’invariable vainqueur de la compétition, la bien nommée équipe de Cucuron ! Honnêtement, chapeau aux équipes qui se donnent à fond malgré la chaleur écrasante du jour. Même si le terrain est partiellement occulté par des fanions colorés, je salue les belles actions de danse et foot auxquelles nous assistons.



Le terrain de Disco Foot se transforme dès la fin de la finale (acharnée) en une vaste piste de danse rafraîchie par des brumisateurs humains au moment où la jeunesse prend le pouvoir aux platines. Le set est excellent, motivant une foule compacte à danser sous le cagnard puis à suivre ces jeunes bergers jusqu’au château pour l’ultime round du Yeah!.




La joyeuse troupe arrive ainsi au château, de grands sourires sur tous les visages et une foule prête à se jeter dans le bain de cette troisième soirée.
De mon côté, je ne change pas une équipe qui gagne et c’est direction panisses et poulpe pour bien attaque cette nuit ultime.
Ce que j’aime avec le Yeah! c’est la manière dont l’équipe sait nous surprendre avec une programmation jamais consensuelle mais toujours qualitative. C’est encore le cas ce soir avec l’atypique accordéoniste finlandais Antii Paalanen. Avec sa barbe fournie et sa grosse voix, on aurait presque cru que le Père-Noël venait d’arriver à Lourmarin. Vue la période, nous avions affaire à un tout autre phénomène. Et quel phénomène !
Simplement équipé de son accordéon, le gentil finlandais à l’œil rieur nous envoie dans sa boite de nuit nordique où les chants gutturaux se mixent aux rythmes électroniques. Le poète finlandais nous explique chacune de ses chansons dont sa propre histoire où, rêvant d’une guitare, il se retrouve avec un accordéon dans les mains. Il nous parle souvent de l’importance de vivre (elää) et de tous ces moments précieux que l’on ne conserve que dans notre cœur (Takatukka).
Il évoque aussi les fleurs et les abeilles (Kirsikankukka) tout en nous confiant que si nous chantons assez fort, elles pousseront partout autour de nous…
Un très joli moment, poétique et dansant qui m’a parfois fait penser aux sessions électro-trad de l’hiver à Victoire 2.



Après ce joyeux moment nous montons vers la cour où nous découvrons une petite scène posée au milieu de la fosse. Tiens, tiens, ça évoque un bon souvenir, ça, à savoir le passage de La Jungle en 2022. Mais cette fois-ci, c’est un set techno live qui va déferler dans l’enceinte du château de Lourmarin.
Le duo MARTA, composé de Joachim Baumerder (violon) et Simon Lacouture (batterie) propose un concept drum & violon atypique et physique qu’on avait pas vu venir. Leur premier EP ROOM, sortie en 2025 annonçait pourtant déjà la couleur. Très rapidement, la foule compacte se presse autour des deux musiciens qui offrent une expérience de transe comme on les aime.
Issus du jazz, les deux copains proposent une fusion techno à la fois léchée et puissante que les notes piquées de violon viennent enrober. Personne ne reste indifférent à cette entrée en matière succulente.




Après cette fulgurante introduction c’est le mec de la billetterie (aka Pierre Tomi des soirées Rock it to the Moon) qui aura la lourde tâche d’assurer les inter-plateaux du jour. Mission réussie haut la main pour le montpelliérain, sous l’œil du boss Laurent Garnier.

Comme chaque année, le dimanche, la musique électronique prend le pouvoir.
Et là, c’est une méga baffe que nous allons recevoir. Il y avait quand même quelques incidences quand nous avons vu l’arrivée sur scène de de gros et beaux synthés modulaires.
Cette baffe de bonheur monumentale, c’est Jasmine Not Jafar qui nous l’envoie en plein cœur. Elles ont fait 8h de route pour rejoindre Lourmarin et ont pourtant conservé leur énergie intacte pour nous offrir un show insolent et rageux. Les kicks claquent tout autant que les basses qui retournent nos entrailles. Les voix s’ajoutent à ce show XXL pour nous convoquer à une fête joyeuse où le lâcher prise prend le pouvoir.
Les titres s’enchainent dans un rythme soutenu que le duo nous motive à suivre.
Les séquences sont balancées du bout des doigts sur des synthés modulaires aux câbles entremêlés et colorés. Le set se termine sur un Dance Like Nobody’s Watching, comme un cri de liberté et d’espoir.
Si vous voulez les découvrir, courez à Avignon le 24 juillet (Théâtre l’Arrache-Coeur) ou patientez jusqu’au 2 octobre à l’Espace Julien (Marseille). Toutes les dates sont indiquées sur la page de Floral Records.






Pouvez t-on rêver de mieux ? Difficile de descendre après un show pareil.
La nuit s’est déjà bien installée quand Barbara Butch s’installe derrière les platines. La DJ et productrice parisienne que beaucoup ont découvert lors de la cérémonie des JO de Paris fait l’objet de nombreux appels au boycott depuis quelques semaines du fait de ses prises de position favorables au gouvernement israélien (soutien à la proposition de Loi Yadan en particulier). Quelques pancartes sont d’ailleurs présentes dans le public ce soir.

Au delà des polémiques, je ne rentre pas dans son set après la tornade vécue juste auparavant. C’est donc au bout de 20 minutes que je décide de plier bagage et de retrouver les routes provençales afin de profiter d’une courte nuit avant de retrouver le bureau demain.
Alors que dire, hormis Chapeau! à toute l’équipe du Yeah! pour nous proposer chaque année un aussi beau festival avec une programmation toujours pointue et des moments inoubliables.
A l’année prochaine pour de nouvelles aventures 🙂

Crédits photos : Olivier Scher
