Villa Fantôme « Seconde zone » (2025)

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Au printemps 2022, un nouveau groupe fleurissait sur le paysage du rock alternatif français du nom de Villa Fantôme. Derrière ce clin d’œil aux Specials se cachent deux noms, Manu et Pierrot, deux membres exilés du groupe de ska « La Ruda ». Le 10 octobre dernier, leur deuxième album, « Seconde zone », a vu le jour. C’est le signe que les affaires reprennent !

Si La Ruda ronronne depuis de longues années (pas de nouveaux sons mais des reformations certains étés), Manu et Pierrot n’ont pas perdu de temps afin de composer le successeur de leur premier album éponyme, sorti il y a maintenant 3 ans (chronique ici).

A l’époque, ce disque nous avait franchement emballé avec une première partie d’album qui symbolisait presque le prolongement musical de La Ruda avant de découvrir, plutôt sur la seconde partie, les racines originelles et les influences musicales de nos protagonistes. Une réussite !

Mais comment réaliser un bon second album quand on s’appelle Villa Fantôme ?

En débutant par Dance hall prayer, il n’y a pas de courant alternatif pour Villa Fantôme qui ouvre cette galette avec un titre qui aurait pu figurer sur les anciens disques de La Ruda, bien boosté par la trompette pour donner la rythmique. Ici, pas de fanatisme mais bien un appel à la danse, à l’unisson, pour une communion électro-mystique !

Et cet état d’esprit à la fête risque de se retrouver sur French boy. Ici, toutes ressemblances n’est pas coïncidence : French boy est une ode faite par Villa Fantôme à tous ces groupes rock des années 80 qui ont fait vibrer nos agitateurs du moment. En tapant dans les refrains de tous ces grands classiques du rock (Rolling Stones, etc.), Villa Fantôme se taille un bon bout de gras pour faire chanter le public en live !

Villa Fantôme ne cherche pas à refaire le même coup du premier album : il ne met guère de temps avant de nous proposer des morceaux portant leur sceau musical. Avec Origine, on se délecte de ce rock 80’s à la mélodie si entraînante, où le fil conducteur est donné par le synthé. Tout est fluide, batterie et guitare reprennent le pouvoir, on est déjà là sur une des premières belles surprises de ce disque.

En 2022, l’album portait le nom du groupe et cette fois c’est une des compos de ce « Seconde zone » qui endosse l’habit de lumière. Villa Fantôme, c’est l’environnement recherché pour s’exiler, s’y perdre ou pour mieux se retrouver soi-même. « Je sais cet endroit où la lune brille, une villa fantôme », accompagné de cuivre et d’orgues. Nouveau tour de force, nouvelle belle composition entêtante qui s’enchaîne.

Après ce début d’album résolument puissant, Villa Fantôme semble bien décidé à mettre le rock en première ligne : avec Les Paul, c’est toujours sous haute influence anglaise dans la musicalité que l’on se complaît et on se laisse très facilement emporter par sa mélodie bien percutante. Guitare dehors, c’est une invitation à se retrouver, une main tendue vers un moment de lâcher prise face à la noirceur du monde.

Comme attiré vers les bas fonds de la déchéance, Villa Fantôme se laisse emporter dans une frénésie bien agitée avec une grosse virée rock : avec Imprudence, une rencontre ne ferait pas bon ménage. Plus loin, avec Labyrinthe, on se retrouve pris au piège dans un palais de cristal remplit de pensées malsaines.

Villa Fantôme lève à nouveau le pied et nous retrouvons le clavier si cher au groupe sur plusieurs compos qui nous ont franchement emballé : il prend tout son sens sur Longue histoire, que ce soit pour apporter ces touches rock eighties mais aussi pour y apporter des notes bien groovy, reggae/ska. Pierre Lebas n’a pas perdu cette envie de nous raconter les soubresauts du temps.

Sur cette deuxième partie d’album, Villa Fantôme se délecte de ce qui l’anime avec fougue depuis de nombreuses années déjà : il y a ces fameux personnages mis en musique, vieille recette déjà employée aux côtés de La Ruda. Que ce soit à côté de Billy Ricker, il n’est pas sans rappeler que le temps file inexorablement alors autant s’en jeter une avec Billy Ricker avec une petite dédicace au Rockstore montpelliérain. Comme un symbole d’une époque rock qui parait un peu plus lointaine. Ce retour dans le passé, il s’immortalise aussi avec un certain Jean Gabin sur une planche de surf, à coup d’orgue et de notes rocksteady, qui nous amène vers un ailleurs assumé qui a le don de faire taper du pied.

Deux pépites se dissimulent d’ailleurs dans cette fin d’album et il ne faudra pas hésiter à aller jusqu’au bout pour s’en délecter : Saisons grises, sous ses airs agités, est certes un rock cuivré qui cherche à mieux faire passer la pilule d’une séparation mais la mélodie est tout simplement terrible ! Elle nous fait voguer à la croisée des chemins, l’acoustique se mêle à l’électrique, presque jazzy, pour faire jaillir une étincelle d’espoir !

Enfin, l’album se conclut sur Adélaïde, un morceau imbibé d’un rock vintage type eighties, boosté par une ligne de basse démoniaque, bien aidé par une rythmique qui appelle à la danse. Un morceau signature qui correspond à l’ADN musicale de Villa Fantôme. Un régal !

Plus personnel que leur premier album, ce « Seconde zone » de Villa Fantôme est une très belle mouture à déguster dans le casque et qui laisse présager une belle énergie live. Le groupe se façonne une identité musicale singulière même si La Ruda est bien en elle mais impossible de leur reprocher. Un album à écouter les yeux fermés pour tous les amateurs de rock cuivré et de rocksteady.

Villa Fantôme, « Seconde zone », 12 titres (41 minutes), disponible depuis le 10 octobre 2025 sur le label A(t)home.

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