Chronique

« L’homme dont les bras sont des branches » Daran (2013)

26 avril 2013, Machy

Daran sort son sixième album en solo. Le français n’est donc pas tout jeune dans le milieu de la musique, mais il est toujours temps de découvrir cet artiste. Il a préparé ces 11 titres au Québec. On ouvre ses mirettes et on s’en va à l’écoute de cet album intitulé « L’homme dont les bras sont des branches ».

Ici, au Musicodrome, on n’est pas spécialiste de Daran. Mais à y voir de plus près, on l’a déjà entendu. Cette voix chaude qui rappelle un peu Stéphane Eicher ne passe pas inaperçue. C’est d’abord avec plaisir qu’on écoute cette voix et que cet album a été épluché au peigne fin.

Il y a un animal est la chanson qui commence l’album. L’empreinte lourdement nostalgique de cette chanson laisse penser qu’au Québec il ne faisait pas beau ce jour-là. Trêve de bavardage superficiel sur la météo. Daran écrit sur les relations qui ne sont pas toutes roses. Aucune accusation n’est faite. Simple constatation. « Il y a un animal entre nous », entendez donc ici qu’il y a un problème entre eux. Quelques chose qui se nécrose. On sent bien la douleur, mais en même temps la quiétude. Assez pleuré, Kennedy arrive.

La batterie apporte du rock, c’est la fête ! Pourquoi un tel nom ? Parce qu’il est question bien entendu de la mort du président américain. Mais pas que… Sans en dire plus, car il faut bien aussi laisser une part de mystère, jugez par vous même ! Les paroles sont un peu légères et on se perd par rapport à la première chanson qui était plus noire.

On quitte le meurtre dans la voiture présidentielle pour aller Sur les quais. Daran balance un son instrumental beaucoup plus lourd. Cette chanson rappelle ces lieux déchirants où les gens se retrouvent et se quittent. La retranscription est assez juste, mais le refrain est assez gnan-gnan. Ces promesses mièvres on en fait tous sur les quais, alors on va essayer de ne pas être trop sévère avec le chanteur et de le condamner pour cette demi-faute de parcours.

Elle est partie. Elle a pris le train. L’histoire ne s’arrête donc pas là, puisque Daran sait que son bonheur n’est pas là il chante « où va la joie ». Et là, c’est le pétage de plomb avec La machine. Ce morceau aux sonorités électroniques est à écouter le matin. Les rythmes entrainants pourront résoudre vos problèmes de réveils difficiles. Les temps sont durs chante-t-il, oui mais l’album prend un virage qui donne envie d’augmenter le son et de rêver de liberté.

Impossible de s’arrêter en si bon chemin, Une caresse qui claque débarque. La batterie qui martèle rappelle un peu Noir Dés’ dans l’album « Des visages et des figures ». Un petit coup de gueule. Enfin. La partie du morceau a capella qui est suivie par la guitare effrenée appelle l’attention et vous vous surprenez à chanter à tue-tête avec Daran. Celle-là on la veut en live !

C’est le moment de la chanson éponyme. Qu’est-ce qui va bien arriver après le coup de gueule ? Sans passer pas quatre chemins, Daran dénonce et raconte l’histoire de L’homme qui a des branches à la place de ses bras. Réflexion sur la condition de l’homme contemporain. C’est le moment où vous regardez les étoiles par la fenêtre et vous vous laissez transporter pas vos pensées. Pour ne pas vous laissez trop déprimé, n’oubliez pas ces paroles de Manu Chao « la vie est belle, le monde pourri ».

On retrouve Daran avec Merci qui. « Les mecs vous avez trop déconné, réfléchissez un peu plus, et arrêtez de contempler votre nombril » serait le résumé de cette chanson. Si vous avez un copain qui sort sa battée pour chercher de l’or et dont le rêve est exploser des montagnes, vous aurez beau lui faire écouter cette chanson, ça ne le culpabilisera pas d’un poil, et il continuera à exploser du minerai.

Passons de la terre à la mer avec le Phare du jour. Le phare n’a pas rayonné assez pour sortir de ce tunnel impitoyable. C’est la déprime, et on ne voit pas comment on va s’en sortir. Sortez les cordes et les couteaux, car la guitare est lourde et trop ponctuelle pour que ça fasse du bien.

Ça y est. Daran est parti se réfugier Dans le hall de l’hôtel. Cet album n’a ni queue ni tête, le fil conducteur a été coupé en plusieurs endroits et le résultat est décousu. Mais la tristesse, la nostalgie, et tous ces sentiments sombres ne permettent pas à cet album de faire des éclats alors que tout ce qu’on veut c’est sortir de ce fichu hiver qui s’éternise. Alors oui, « tout seul comme un con » c’est un peu comme ça aussi qu’on ressent les choses quand on écoute le chanteur.

C’est dommage car on est sûr qu’il y avait de la bonne volonté là-dessus. Malheureusement ça finit sur « ne m’expédie pas » et c’est pourtant la seule chose qu’on a envie à la fin de cet album…

Daran, on aime ou on aime pas. Ici, c’est pas la grande conviction pour cet album qui n’est pas très coloré et assez plat. Après dans le genre, c’est un bon album. Il ne faut juste pas avoir envie de couleurs, de printemps et d’hirondelles…

Titres : 11 pistes
Album : L’homme dont les bras sont des branches
Sortie : 2013
Discographie : 6ème
Genres : Chanson française, rock

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