Live Report

Les Fatals Picards pour une fin de tournée en fanfare (Montpellier-Rockstore) | 13.11

18 novembre 2014, P'titBapt

Ce jeudi 13 novembre, le Rockstore accueillait les Fatals Picards, qui, même s’ils n’ont plus grand chose de picards, avaient pour cœur de réchauffer la célèbre salle montpelliéraine. C’est à travers cette tournée que les Fatals Picards ont même pu dépasser la barre des 1000 concerts !

Fatals 01
Les Fatals Picards au Festival Aluna 2013

Ils les suivent presque sur toutes les routes, et en profitent bien souvent pour se faire connaître auprès du public grâce à leurs premières parties : l’armée du Love, ces musiciens-chanteurs déjantés avaient promis de mettre la salle en feu. Chose à moitié réussie. L’énergie libérée sur scène est considérable, les corps de l’armée du love ne vont pas tarder à suer et à se dénuder pour le plus grand plaisir des dames présentes dans la salle. Cependant ce mélange entre différents univers, à mi chemin entre le rap et la chanson déjantée à texte ne nous aura qu’à moitié convaincus. Mais il nous aura tenu en haleine; cette première partie terminée nous voilà plongés dans l’attente d’enfin retrouver les Fatals Picards et leur « septième ciel »!

Mettant à profit le changement de plateau pour faire un saut à la buvette, nous passons devant la table de sonorisation où, fière, trônait la setlist qui nous annonce alors, avec un peu d’avance et brisant le suspens, les morceaux que nous entendrons ce soir !
Et la dernière galette, censée nous envoyer au « septième ciel », n’était pas la première à l’honneur; les trois premiers morceaux vont s’enchainer sous les yeux d’un public déjà conquis par les vieilles réussites que sont Le combat ordinaire, Le retour à la terre et la sécurité de l’emploi, et par l’énergie déjà dégagée par le groupe qui se dévoile d’entrée !

Toujours dans leur univers, jamais avare de bonnes piques aiguisées, que ce soit des blagues de jeunes, ou des blagues de vieux, le public s’y retrouve à tous les coups. Un bracelet offert par un fan à Paul (offrande quelque peu « forcée ») et la communion est réussie; il est alors temps de passer aux choses récentes, avec l’un des coups de gueule de leur dernier album dont le refrain sera repris en coeur par la foule. Il est comme ça, Gros con! De clins d’oeil, le concert n’en manque pas, pour exemple le moment où Paul harangue: « j’ai croisé le Ché tout à l’heure, il m’a dit : Manuel il est comme nous, c’est un bon », dédiant ainsi au premier ministre la très engagée Manouches, avant de chanter la chanson interdite, mais nous n’épiloguerons pas sur ce point de peur de nuire au groupe !

Avec des tournées à rallonge on pourrait se dire que les Fatals Picards ne savent plus comment innover, ne savent plus transmettre la même passion sur scène: que nenni! Et les quatre artistes vont le prouver tout au long des deux heures du set, profitant des interludes entre deux chansons pour toujours sortir la bonne vanne, et pour étaler au grand jour l’étendue de leur talent, reprenant en toute légèreté les premiers accords de Goldman, U2 et tant d’autres…

Fatals 02Attention… si vous lisez la setlist, c’est à vos risques et périls ! (setlist du Rockstore, Montpellier)

Mais ce sont par leurs chansons qu’ils vont toucher le public, alternant les horizons ils vont réussir à brasser 15 ans de Fatals Picards sans incohérence, les plus anciens s’émerveilleront de ré-entendre les premiers tubes (Les Bourgeois, Française des jeux, Chasse Pêche et Biture, Dors mon Fils…) quand les plus jeunes fans se délecteront de Pogo d’amour (avec une foule en délire et un pogo monstrueux sur toute la chanson, qui s’est conclu, comme les paroles le souhaitent, par des embrassades magnifiques), de Punk au Lichtenchtien, de Robert ou Manouches
Un bémol tout de même, mais il est de taille: « t’es un mélange d’Indiana Jones, Jean Jacques Goldman et Garcimore, ouais, en moins mort ! » vous aurez tous reconnu Bernard Lavilliers, mais pourquoi diable Goldman a t’il remplacé Léo Ferré au registre des sosies du stéphanois !

« Le sens de la gravité » et « Coming Out » seront bien entendu inclus dans ce set, où le coeur reste bien ancré à gauche, pour preuve la traditionnelle reprise de Mon père était tellement de gauche, et le fameux passage de Jean-Marc de la batterie au chant, qui décroche le prix des applaudissements.

Comblés par un rappel qui se termine sur la prenante Noir(s), grâce à laquelle les notes de la Mano Negra et de Noir Desir hantent nos têtes pour la fin de la soirée, c’est avec plaisir que nous retournerons voir les Fatals Picards, toujours aussi fringuants après 15 ans de tournées; alors on re-signe pour les 15 prochaines années et le Stade De France ?

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