Sébastien Tellier + DeepFaith à Paloma (Nîmes, 30) 13.03

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Le printemps approche tout doucement mais ce soir, c’est dans la douceur rassurante de la bête Tellier que nous avons décidé de nous lover. Un retour sur scène attendu quelques jours après la sortie de son dernier album. Une soirée à guichets fermés que nous vous racontons.

Il y a foule ce soir à Paloma pour célébrer le retour de Sébastien Tellier sur scène. Du monde oui, mais aussi pour la soirée au club qui reçoit le groupe montpelliérain Denuit et sa dark wave magnétique. Pour notre part, ce sera soirée dans la grande salle pour profiter à fond de l’affiche qui nous attend.

C’est d’ailleurs une sacrée surprise qui se présente à nous en première partie avec un duo plus qu’original tout droit venu d’Australie, DeepFaith. Bon, en fait ils vivent désormais à Paris mais ceci ne change rien à leur originalité. Le duo se compose du très excentrique Byron Spencer au chant, flûte ou laser et de Danial aux machines et batterie (et anciennement batteur des excellents Midnight Juggernauts qui ont produit l’incontournable « Into the Galaxy » à la fin des années 2000).

Nous sommes tous ébahis par ce projet mixant avec finesse énergie club et chant baroque sous un habillage arty parfois déconcertant. Le contraste entre ce batteur barbu et chevelu, déchainé sur ses fûts, et ce chanteur à la voix haut perché, crée un spectacle hypnotisant et dansant totalement inclassable. Nous acclamons avec ferveur ce néo-gourou futuriste qui nous arrose de lasers puissants tout en scandant un Ave Maria puissant qui se termine simplement par la phrase I love Men.

Le temps s’étire lentement après cette expérience surprenante. Puis, petit à petit s’installe une drôle de musique dans laquelle se mêlent des hennissements de chevaux avant l’arrivée, depuis le fond de la scène, de l’imposante silhouette de Sébastien Tellier.

Nous y sommes. Sébastien s’installe derrière son piano sans manquer de saluer le public et les photographes dans le crash, ce que ne fait jamais aucun artiste.

C’est sur le cultissime Sexual Sportswear que le show débute. Un long morceau instrumental qui plante le décor et nous plonge immédiatement dans l’univers de l’iconique compositeur. Accompagné sur scène par quatre musiciens (deux synthés, une guitare, une batterie), la configuration nous rappelle le concert que nous avions vu à Arles en 2021.

A peine installés dans cet univers, voilà que Roche débarque, l’un de mes morceaux préférés de la pop française. Mon appareil photo en mains, je murmure les paroles de ce morceau qui me renvoie immédiatement à la chaleur de l’été évoquée dans la chanson. C’est le bonheur total.

Nous découvrons ensuite le premier morceau de « Kiss the Beast », sorti il y a quelques jours avec le morceau Refresh. Le rythme est soutenu et nous aussi, nous prenons le train de ce nouveau Tellier qui nous invite à actualiser le jeu.

Retour aux sources avec la Ritournelle, Finger of Steel et Look tous trois issus du cultissime album « Sexuality ».

La scénographie est spectaculaire créant une atmosphère tantôt psychédélique, tantôt onirique en fonction des morceaux joués. Finalement, assez peu de titres du dernier album sont joués mais on prend notre pied sur Naïf de cœur, où , seul au piano, Sébastien Tellier se retrouve multiplié à l’infini dans les miroirs qui l’entourent. A noter également Thrill of the Night dans une ambiance psychédélique multicolore.

Nous retrouvons également le puissant Domestic Tasks, unique morceau de l’album « Domesticated ».

Et derrière tout ça, nous recevons une version assez rock de l’Amour ou la Violence qui nous anime les synapses. Que c’est bon tout ça ! Mouton et ses bêlements impromptus vient nous ramener doucement à la réalité.

Le temps s’arrête avant le premier rappel qui débute avec le magnifique Parfum diamant, ultime morceau de Kiss the Beast que nous entendrons ce soir. Et ça repart avec le morceau yéyé Divine, histoire de presque finir le tour de l’univers de « Sexuality ». Puis, c’est sans le voir venir que nous prenons en pleine tronche le reprise de Stunt de Mr Oizo. Ça tabasse comme il faut avant une sortie de scène qui nous rend déjà triste.

Sébastien revient une dernière fois sur scène, avec sa guitare, pour interpréter Fantino avec beaucoup de douceur. C’est beau et touchant, le morceau parfait pour se dire adieu. Le set se conclut avec un gros Bisou sur fond rouge qui apparait en fond de scène.

Quel pied cette soirée ! On a pris un grand plaisir à retrouver Sébastien Tellier qui a assuré un show dantesque et poétique ce soir.

Une tournée que nous ne pouvons que vous conseiller, d’autant plus qu’il se produit à Sète le 25 juin dans le cadre du festival Quand je pense à Fernande puis le 18 juillet au Festival de Nîmes !

Crédits photos : Olivier Scher

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