Nous avions découvert son album « Suave Bruta » l’an dernier et avions hâte de la découvrir sur scène. La chose a été rendue possible grâce à la soirée Ritmo Sin Igual programmée au dancing, à Sète en juillet dernier dans le cadre du festival Fiesta Sète. C’était bien LA soirée à ne pas louper ce moi-ci et nous vous racontons pourquoi.
Tout commence donc à l’invitation de Ritmo Sin Igual, un concept basé sur l’échange autour des musiques sud-américaines. Ce moment aqui y ahora est l’occasion de parler, d’échanger, de ressentir et de vivre l’âme de l’Amérique latine.
Présentée par Sabor A Mi, la soirée débute par une discussion sur le parcours d’Ëda Diaz puis sur les projets portés par l’association montpelliéraine Los Cumbiamberos Del Sur. Cette échange fut l’occasion de découvrir qu’Ëda Diaz n’avait, au départ, pas prévu de jouer de la cumbia mais qu’elle s’est retrouvée connectée à ses origines colombiennes grâce à un festival qui cherchait une chanteuse de cumbia. Ceci alors que sa base naturelle était plutôt le rock.


Son premier album Suave bruta fait référence à un titre de Joe Arroyo paru en 2001. Le célébre chanteur colombien, mort à 55 ans, était tout autant connu pour ses frasques (alcool, drogue) que pour ses textes engagés sur ses origines africaines et sur l’esclavage. Pour en revenir à Ëda Diaz, elle nous explique qu’elle a commencé comme DJ sous le nom de DJ Suave Bruta afin de lancer son projet. Ceci fait le lien avec la culture colombienne des picó, à savoir des sound system plus ou moins gros qui se retrouvent tout le long de la côte atlantique.

Avec Los Cumbiamberos Del Sur, nous abordons du caractère originel de la cumbia, musique née de part et d’autre du fleuve Magdalena en Colombie, qui fait le lien entre les indigènes et les africains exploités par les espagnols. Si cette musique représente d’abord la fête, c’est avant tout une cérémonie et nous en aurons un large aperçu après ce moment de discussion.

Place ensuite au concert d’Ëda Diaz dans la salle du dancing. La magie va opérer toute soirée. Entourée de ses trois acolytes Léna, Anthony et Baptiste, Ëda Diaz nous propose un voyage enchanteur captivant entre tradition colombienne et musique électronique. On pense parfois à Björk dans cette manière si naturelle de mixer sonorités expérimentales et douces intonations vocales.

Si nous retrouvons ce soir des morceaux issus d’un premier EP, à l’époque de son duo Ëda (Silencio, Paso Paso), c’est bien l’intégralité de son album Suave Bruta qui sera mis à l’honneur. On apprend par exemple que la voix de sa grand-mère de Medellín est présente sur la chanson Nenita ou qu’à l’image de sa soif de fusion, son plat préféré est la crêpe au caramel beurre-salé et au citron vert (sa maman est bretonne).
Que ce soit dans des morceaux tels que Sabana y Banano, Tiemblas, Por Si Las Mocas ou Tutendé, on a l’impression de voir devant nous la fusion de Björk avec Rosalia, le tout agrémenté de touches de contrebasse que la musicienne dissémine avec élégance.

Au milieu du set, nous aurons l’honneur de découvrir sa reprise en français d’un classique colombien La casa en el aire de Rafael Escalona qui lui avait valu un certain succès sur les réseaux sociaux.
Cohérente jusqu’au bout, aucun rappel ne sera proposé mais au contraire, un boléro d’adieu participatif Dulce de Mar, qui conclut avec douceur cette soirée lumineuse et magique avec une artiste fantastique que nous rêvions de découvrir sur scène.



Crédits photos : Olivier Scher