Déjà quatre ans que nous n’étions pas venus faire un tour du côté d’Avignon (84) pour son festival Résonance. Pourtant son concept a de quoi charmer : un mix entre musiques actuelles et patrimoine architectural. Et du patrimoine, ce n’est pas ce qui manque dans la cité papale. Nous partons donc à la découverte de l’espace Jeanne Laurent pour cette 18ème édition.
A l’assaut du Palais des Papes
Originellement programmé au mois de juillet, pendant le festival d’Avignon, Résonance s’est déplacé au mois de septembre depuis l’an dernier, période un peu plus calme de la cité des Papes. En revanche, ce qu ne change pas, c’est le choix de produire des concerts dans des lieux normalement non dédiés à ce type d’activités.
Ce soir, nous nous retrouvons dans l’espace Jeanne Laurent, un espace niché au cœur du Rocher des Doms. Il s’agit d’un ancien réservoir d’eau potable du XIXe siècle réaménagé dans les années 90 afin d’y accueillir des événements (congrès et mariages).
Avant d’y accéder nous patientons un petit moment au pied du Palais des Papes, attendant sagement l’ouverture de la grille du jardin des Doms qui nous permettra de rejoindre ce fameux espace Jeanne Laurent. Une petit foule s’est déjà rassemblée quand nous avons enfin l’autorisation de grimper dans le noir jusqu’à la porte d’entrée de la salle.

Nous faisons alors face à quatre nefs voûtées en pierre de taille de grande hauteur qui s’ouvrent sur le Rhône et le Fort Saint-André par une grande baie vitrée circulaire. Rien à dire, le lieu est impressionnant. C’est ça, aussi, le festival Résonance !

A l’intérieur, c’est dans une des nefs qu’a été installée la scène qui va nous faire danser cette nuit…
Un line-up résolument électronique
N’oublions pas que nous sommes samedi soir, le moment idéal pour découvrir la scène électro. Et c’est avec une DJ avignonnaise, Cami G, que nous démarrons la soirée. Il n’est jamais facile de démarrer une soirée et il faut reconnaître qu’elle a sacrément bien géré avec sa proposition naviguant entre Nu Disco et Indie Dance. Elle nous cueille avec sa bonne humeur et une vraie envie de partager que l’on retrouve dans ses mix très entraînants piochant autant du côté de Mory Kanté, Dire Straits que de Britney Spears. Nous passons un excellent début de soirée sous cette voûte ancestrale baignée de poussière, ce qui donne parfois un effet magique aux lumières qui l’arrosent.


Nous retrouvons ensuite une DJ en pleine ascension, Lylia Mandre qui nous surprend par une entame très musclée à laquelle nous ne nous attendions pas forcément. Reconnue pour ses textures deep et minimales, c’est un set plutôt puissant et techno que la jeune femme nous propose sur une bonne partie de son set. C’est bien plus tard que des sonorités deep house se font entendre, se rapprochant un peu plus de ce que j’apprécie. Lylia Mandre est déjà bien reconnue, ayant eu l’occasion de jouer à des festivals tels que les Plages Électroniques (Cannes), le Moga Festival (Maroc) ou à Ibiza (Hï Ibiza).



Amour Propre en guise de clôture
Le closing de ce troisième soir du festival Résonance arrive avec le duo Amour Propre. Il se compose de Sami et Clément. Eux aussi se glissent dans la tendance Indie Dance et Deep House de la musique électronique. Si leur musique semble bien imprégnée par l’incontournable héritage de la French Touch, leurs explorations intègrent également des sonorités issues de la Synthwave ou de la New Wave. Leur set est très joyeux et dansant, démontrant l’habitude que les deux compères ont, à se produire dans les plus grands clubs de la planète, de Paris à San-Francisco, en passant par Ibiza !




Et alors cet espace Jeanne Laurent ?
A y regarder de plus près, nous ne sommes pas convaincus par le choix de ce lieu pour écouter de la musique électronique. Si l’espace est majestueux avec ses grandes nefs, la scénographie était bien pauvre (mais les possibilités d’aménagement ne devaient pas être énormes). En revanche, on avait la sensation de nous retrouver dans un petit club sous terre, dès que nous entrions par l’une des deux ouvertures. A coté, les grands espaces non aménagés donnaient une sensation de vide même si l’accès à l’extérieur face au Rhône était un vrai plus. Pour ce qui est de la soirée, j’espérais retrouver une techno plus minimale mais ceci reste très personnel.
