Au Large Festival, jour 3 (Marseille, 13) 27.06

8 min de lecture

C’est déjà la dernière soirée d’Au Large Festival qui s’annonce sur la corniche. Nous sommes forcément un peu tristes mais nous comptons bien en profiter d’autant plus depuis l’annonce de la présence de Gaël Faye en remplacement de Kerry James qui a du annuler sa tournée.

La météo est toujours torride à Marseille. Heureusement la mer n’est pas loin pour nous permettre de nous rafraîchir dans la journée.

Nous arrivons tranquillement au théâtre Silvain accompagnés par les scuds de Big Buddha qui assure les transitions ce soir.

Tifol lance le dernier soir de ce Au Large Festival 2026

Planteur en main, nous découvrons le groupe Tifol qui assure le démarrage de cette dernière soirée du festival Au Large. Entre guitares folk et belles voix qui piochent autant dans la chanson (en français et créole) que dans le rap, Tifol nous offre une musique à la fois engagée et chaleureuse.

Les rythmes chaloupent entre reggae ou Bossa-Nova, de quoi nous lancer agréablement dans cette ultime soirée marseillaise. Les paroles de Mayotte, Femme des Tropique ou Maman nous parlent de lien, d’histoire, de métissage et de combats à mener, encore…

Une belle surprise que vous pouvez découvrir sur leur soundcloud afin de vous imprégner de leur belle énergie positive.

David Walters fidèle à lui-même !

La programmation, toujours aussi bien pensée par Sarah Lepetre (La Mesón), nous permet d’accueillir David Walters et son énergie incandescente.

Comme pour NTO hier soir, le début du set de David Walters est un peu perturbé par des problèmes techniques. Mais il en faut plus que ça pour troubler le musicien globe-trotteur qui attaque tranquillement son concert en guitare voix avec Light puis avec avec une cover de Somewhere over the rainbow d’Israel Kamakawiwoʻole.

On retrouve ensuite un de ses titres récemment sorti Radio Bam Bam qui emmène le public vers une session de funk implacable. Il enchaine avec Kryé Mwen puis Manyè et déboule dans le public pour y partager sa bonne humeur contagieuse.

Avec un public désormais chaud comme la braise, David n’a plus qu’à dérouler son programme funky pour continuer à faire danser le public sur Kité Koulé co-écrit avec Keziah Jones ou sur Water Get No Enemy du roi de l’afro beat Fela Kuti.

David Walters est un vrai show-man qui sait transmettre sa passion du funk et partager son incroyable énergie, créant une bulle de bonne énergie qui donne le smile à tout le monde. On en redemande !

Gaël Faye : sincère et puissant

Place ensuite au grand Gaël Faye, la très bonne surprise de ce changement de programmation de dernière minute. Pas d’album à défendre pour le chanteur écrivain mais le plaisir de retrouver la scène et la présentation, tout de même, d’un nouveau titre.

L’entrée en scène se déroule dans l’énergie du Faya faya avec un inédit, 40 K, né des milliers de commentaires racistes reçus sur les réseaux sociaux. Un morceau qui dénonce la mécanique haineuse implacable de ces derniers et la manière dont ils se propagent à grande vitesse.

Sur scène, il est toujours entouré de ses fidèles Louxor aux machines, Guillaume Poncelet à la trompette, Hugo Crost à la batterie et l’incontournable Samuel Kamanzi, artiste franco-rwandais qui l’accompagne ensuite sur Petit Pays.

Gaël Faye déclame alors : « On va entrer dans une période pénible et j’espère qu’on va rester unis« . Des paroles justes pour introduire Seuls et Vaincus, intense hymne antiraciste écrit par Christiane Taubira. On retrouve le puissant Lueurs dans la foulée qui finit par un long solo de guitare qui fait monter la pression.

Il dédie ensuite Fils du Hip-Hop à Spartacus, à priori dans l’assemblée qui s’occupe d’ateliers d’écriture à Saint-Denis de la Réunion. Nous retrouvons la belle image des deux fleuves qui se rencontrent pour n’en former plus qu’un dans la chanson Métis qui suit.

La température continue à monter ! Il faut dire que le Faya faya a contaminé l’assemblée qui peut se jeter à corps perdu dans l’enchaînement Respire. Même constat sur Boomer, titre sur lequel Gaël Faye s’offre une belle immersion dans le public.

Il revient ensuite sur scène pour interpréter l’hommage à sa Femme et reste sur le même registre avec Histoire d’amour puis Chalouper.

Comme il le dit si bien :

Il n’y a qu’une seule vérité, jusqu’au bout du chemin il faut chalouper…

Vivement 2027, toujours Au Large !

Voilà une belle conclusion pour un festival toujours aussi réussi et agréable à vivre. Le secret: une programmation journalière ultra cohérente qui nous fait passer d’une esthétique à l’autre soir après soir.

Cela reste aussi un festival à taille humaine dans un théâtre Silvain aussi magique que le théâtre de la Mer à Sète. Surtout avec cette Méditerranée toute proche que l’on devine dans les embruns qui arrivent parfois jusqu’à nous.

Le festival Au Large nous a permis de faire la connaissance du superbe duo Tessina que l’on va suivre avec intérêt ou des fantasques Bonne Nuit chaussés de leurs bottes de mille lieux. Il nous a offert d’inoubliables moments avec Pomme, NTO, David Walters et Gaël Faye dont je ferais bien le prochain Président de la France !

Merci encore à Barbara et Sarah pour l’accueil ! Rendez-vous l’année prochaine à Marseille pour la suite de cette très belle aventure.

Crédits photos : Olivier Scher

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