Bonbon Vaudou + Kap-Kap au Sonambule (Gignac, 34) 24.01

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Le Musicodrome serait-il tombé amoureux de la Réunion ? Peut-être un peu tant l’île intense recèle de belles pépites musicales. C’est dans le cadre du festival Mots parleurs, que nous filons direction Gignac pour une soirée aux couleurs du Maloya.

Le Maloya, c’est un peu l’âme de la Réunion. A la fois musique, danse et chant, le Maloya puise ses racines dans l’histoire des esclaves malgaches et africains des plantations sucrières. Inscrit en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, sa forme originelle se composait d’un soliste et d’un chœur accompagnés de percussions.

Avec sa longue histoire, le Maloya s’est enrichi de nombreux apports au fil du temps pour aboutir à des versions plus actuelles toujours centrées autour du chant et d’instruments traditionnels tels que le kayamb, le bobre ou le roulér.

Ce soir c’est Kap-Kap, le frisson en créole, qui ouvre le bal avec ses compositions originales tout en douceur. Le trio est composé de Charlotte Espieussas (accordéon, chant), Mary Baré (chant, kayamb) et David Doris (percussions, chant). C’est une formation toute jeune puisque le groupe n’existe que depuis un an et qu’il se produit ce soir pour la première fois de manière « officielle ».

Pour Charlotte, la rencontre avec la Réunion s’est d’abord faite à Toulouse quand elle était étudiante. Impactée par la force de le musique jouée par les musiciens qu’elle a rencontrés, elle a, plus tard, eu la chance de côtoyer le grand jour d’accordéon René Lacaille. D’abord initiée au Séga, elle a pu faire voyager son accordéon jusqu’à la Réunion. Elle y fera la rencontre d’un autre musicien important, Zanmari Baré, dont la fille, Mary a rejoint Kap-Kap au chant. C’est finalement avec David, rencontré au travers du groupe Parranda la Cruz que le trio naît enfin.

Sur scène, la magie opère et le public est rapidement envouté par la voix pure de Mary et cette musique qui vient directement parler au cœur. Et que dire de la joie immense qui transparait dans les grands sourires de ces musiciens portés par leur talent ?

Tel un fougueux adolescent, René Lacaille les rejoint sur scène en fin de set pour partager avec eux un peu de cette grande histoire réunionnaise.

L’histoire de famille se poursuit avec Bonbon Vaudou, groupe dans lequel on retrouve une certaine Oriane Lacaille. Si le groupe est originellement un duo complété de JereM Boucris, il est ce soir accompagné des Piment Piment pour explorer les rivages de leur dernier album Épopée métèque.

A l »image du bonbon piment, friandise croustillante à l’extérieur qui excite les papilles une fois son cœur consommé, nos cinq musiciens défilent sur scène dans une ambiance de carnaval qui réchauffe immédiatement la salle. Les tenues sont colorées et la Cérémonie du Piment Piment peut commencer en croquant le Bonbon Vaudou !

Contrairement à l’usage, les musiciens ont droit à une présentation dès le début du set.

Maintenant que l’on connaît tout le monde, on peut se lancer dans la paradoxale Flemme au rythme chaloupé qui fera irrésistiblement bouger ton boule dès le titre suivant (avec du Mouss & Hakim dedans).

La chaleur monte dans l’enceinte du Sonambule qui se laisse doucement embarquer par ces zazous coiffés de jolis plume, l’occasion de faire un clin d’œil à la grande Brigitte Fontaine dont le titre Le nougat est repris en créole. Nous retrouvons également Bernard Lavilliers sur la route avec Les mains d’Or.

Armés d’un groove implacable et de vannes tintamarresques, Bonbon Vaudou et les Piment Piment enchainent les titres de leur épopée parmi lesquels Afrodiziak ou Testostérone. Nous n’oublions pas de passer par le Cimetière créole comme nous y avait emmené Gren Sémé en fin d’année.

La fin du concert rend hommage aux mots et à la poésie avec Fonkèr avant de nous conter l’importance du Rituel, quel qu’il soit. Tout le monde est alors invité sur scène de Kap-Kap à René Lacaille pour un final foutraque et joyeux à l’image de cette belle soirée pleine d’humanité.

Bonbon Vaudou avait également convié SOS Méditerranée à la fête, l’occasion de vous rappeler l’importance de soutenir les actions de cette association.

Et si vous voulez poursuivre l’exploration de la musique créole, on vous conseille deux dates au Dancing à Sète : le 27/02 avec René Lacaille puis le 02/06 avec Danyel Waro !

Crédits photos : Olivier Scher

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