Chronique

Tetra Hydro K « Ayawash-K » (2017)

19 janvier 2018, Aiollywood
album Tetra hydro k ayawash 2017

Le duo Tetra Hydro K est revenu le mois dernier sur le devant de la scène dub avec « Ayawash-K », son nouvel album. Qui dit « duo », dit « quatre mains ». Outre les quatre mains de Tetra Hydro K, Le Musicodrome n’a pas pu s’empêcher de faire la même chose pour évoquer cette seconde galette long format des bisantins : installez-vous confortablement au bord de la cheminée et laissez-nous vous dire quelques mots sur ce qui nous a branché…

A force de jouer au chat et à la souris, certains d’entre nous pourraient penser que nous sommes des éternels insatisfaits : lorsque nous sommes bien incapables de nous mettre d’accord pour savoir qui va évoquer ce « Ayawash-K », personne ne lâche son bout de gras et vous allez pouvoir vous délecter de l’avis de deux chroniqueurs entre nos murs.

L’avis d’Aïollywood

Pour ceux qui aiment avoir leur casque qui ronronne de plaisir, « Ayawash-K » risque de faire bondir tous les amateurs de dub devant les sound system du groupe. Si Tetra a toujours été friand d’expérimentation musicale en proposant de véritables créations en live, la galette arrive bien à faire retranscrire ce sentiment. Un sentiment dominé par l’excitation et la curiosité tant le duo aime se jouer des influences. En dépassant une étiquette « dub et saxo » assez grossièrement posée sur leurs dernières sorties, ce « Ayawash-K » s’inscrit plutôt dans une logique de dépassement de « Labotomie ». Déjà, à l’époque, le duo n’avait pas hésité à sortir des sentiers battus du dub, en proposant un panel de tracks extrêmement variés.

Ici, Tetra reprend la même recette pour la triturer davantage dans son laboratoire : sur ses 5 morceaux originaux proposés, le résultat est tout simplement de haute volée ! Le titre d’ouverture, Sekhmet, est une douceur qui se laisse déguster façon steppa avec des soupçons orientaux qui peuvent se rapprocher d’Ondubground par moment. La suite, amenée par Imperial dub, est pour le coup un morceau tout fraichement démoulé de ceux habituellement confectionnés par le combo THK : un saxo ravageur en guise de mise en bouche, des beats pour l’apéritif, des skanks salvateurs pour envelopper le tout et Tetra s’envole avec un des morceaux phare de ce « Ayawash-K ». Derrière cette véritable bombe, Tetra Hydro K va poursuivre son ascension avec Utopia, en mode dark dub, pour exploser de toute part sur Octopus, à l’ancienne, pour se rappeler de ses débuts drum’n’bass et jungle. C’est finalement entouré de guitares et d’étonnantes sonorités rock et de dub brumeux que Tetra bouclera l’album (Tetra Hydro Karou) en le digitalisant. En prenant, aussi, une nouvelle fois son auditoire à contre-pied.

A partir de ses ingrédients principaux, THK a une nouvelle réussi à créer une recette atypique sur ce « Ayawash-K ». Dommage en revanche que les deux remixes manquent un peu d’originalité : Blaze a fire (initialement Vibronics) fait réchauffé tandis que Youbiok (Panda Dub) semble rechercher un second souffle.

Outre ces deux constats, Tetra Hydro K réalise dans l’ensemble un album terriblement équilibré. En refusant d’être mis dans une case, Tetra Hydro K peut distiller des préparations résolument savantes qui ont le mérite de surprendre à chaque fois.

L’avis de Clem’

Il fallait oser appeler son album ainsi. Mais le duo peut se le permettre, tant ses recettes laborantines font des merveilles. Avec ce breuvage, THK nous emmène encore plus loin dans son univers psychédélique, comme si leur musique faisait écho à une constante évolution spirituelle.

Dans « Ayawash-K« , le voyage dans une trance chamanique se dessine tout au long de l’album. La diète introduit les cérémonies, avant que le breuvage nous transporte par vagues dans une infinité de formes géométriques et de couleurs. Dès Utopia, le corps et l’esprit se préparent au grand décollage. Et sur les premières notes d’Octopus, les lianes prolifèrent dans tous nos membres. Dans une montée aussi rapide que fluide, l’Ayawash-K englobe tout. L’Octopus explose, plus rien ne nous ramène au réel. La purge est totale. « On dit que lorsqu’on est prêt pour l’ayahuasca, l’esprit de la plante se charge de vous ramener jusqu’à elle ». Il semble en aller de même pour le breuvage THK, les deux chamans du dub français.

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Sekhmet
2. Imperial dub
3. Blaze a fire (remix Vibronics)
4. Utopia
5. Octopus
6. Youbiok (remix Panda Dub)
7. Tetra Hydro Karou

Durée : 33 min
Sortie : 2 décembre 2017
Album : 2ème
Genre : Dub
Label : ODG Prod

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