Live Report

Télérama Dub Festival #16 : c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures (Villeurbanne, 69) 10.11

13 novembre 2018, Clem

Le Transbordeur affichait complet pour l’étape lyonnaise de cette 16ème édition du Telerama Dub Festival. Comme d’habitude, une programmation riche et surprenante attisait notre curiosité et éveillait nos envies de skank. C’est parti pour le Report !

Le rendez-vous annuel du Telerama Dub Festival s’annonce toujours bouillant mais cette année semblait particulièrement calibrée pour du skank tout azimut. Deux salles, dont la grande sonorisé par le sound system du crew anglais Sinai Sound System, un public lyonnais en nombre et une line-up très vaste : du collectif des Feminine Hi-Fi à Biga*Ranx, toute la palette du dub était une nouvelle fois représentée sur les ondes du TDF.

L’apéro dans le bus C4 servait de parfait échauffement vocal avec un chauffeur plus concentré sur le jeu de lumières que sur la route. Et c’est en arrivant au Transbo que… PUUUUUUUULL UUUUUUP !
P’zir.
L’apéro dans le bus C4 servait de parfait échauffement vocal avec un chauffeur plus concentré sur le jeu de lumières que sur la route. Et c’est en arrivant au Transbo que l’on comprend rapidement qu’il faudra avoir les articulations solides : dans la grande salle, Sinai envoie sur sa sono maison des sélections dub stepper aux petits oignons. On aurait aimé découvrir le collectif 100% féminin de Feminine Hi-Fi mais l’appel des deux stacks du sound-system est trop puissant. Le genou fléchit sévère pour venir tutoyer le sol, la hanche envoie le coupé décalé et l’épaule vient finir le mouvement avec la clavicule au bassin : le skank est lancé ! Avec son dub chaloupé et ses sirènes à l’ancienne, le collectif de Sheffield nous donne envie de tout retourner. Mais le skank impose aussi ses pauses : on file à l’anglaise se désaltérer.

Dans la petite salle du Club Transbo, Brain Damage vient de poser ses valises et commence à toucher ses machines avec son soin habituel d’artisan joaillier. Avec ses compagnons colombiens aux voix (Alerta Kamarada, Jimena Angel, Gatos Negros) d’une collaboration née en 2016, Brain Damage présente la version live de Ya No Mas ! et ça décante : son dub toujours précis se marie subtilement avec les sonorités latines, aussi festives que contestataires des chanteurs et chanteuses sud-américains. Brain Damage s’autorise quand même quelques petits solos planants pour mieux finir tous ensemble, le poing levé, les genoux pliés. Après sa collaboration avec Harrison Stafford l’année dernière, le dubmaker stéphanois continue, au fil des lives, de nous emmener dans ses univers toujours particuliers en renouvelant sans cesse son amour du dub.

Paf. Changement d’ambiance dans les deux salles où deux duos sont attendus de pied ferme. Dans la petite salle, une collaboration exclusive TDF entre le hip-hop de Chill Bump et le dub électro d’Ondubground. Dans la grande, Biga*Ranx est accompagné de son producteur Atili, pour un show exclusif autour du « Vapor Dub », présenté comme un « son minimal clairement reggae digital aux accents pop, chargé de sonorités aériennes ». Bon, on ne va pas se mentir : si le festival affichait complet, c’est en grande partie grâce à Biga et Chill Bump. Et en amoureux du roots (certains diront « en bon gros réac, »), on ne se laisse pas vraiment emballer par ses deux projets. Autant le talent est indéniable tant du côté des MCs que des prods, autant ce style entre trap, dub et hip-hop de Chill Bump meets ODG et ce Vapor Dub de Biga*Ranx & Atili nous cassent l’envie de skank.

On notera quand même le très beau remix de Panda Dub côté ODG et les freestyles a capela brillants de Chill Bump pour meubler pendant un problème de sono. Et  dans la grande salle, Biga*Ranx aura eu le mérite de nous offrir le plus grand bordel de la soirée avec un freestyle de trois minutes pour lancer une énorme basse qui faisait sauter toute la salle. Le pull-up était archi réussi et la deuxième fournée libérait toute la foule ! Mais l’enchaînement nous faisait retomber dans ce Vapor Dub dont le nom symbolise bien l’esprit : avec Paris is a bitch et un enchaînement de titres beaucoup plus pop, on perdait le ciment des soirées dub. Le public était désormais exclusivement tourné vers l’artiste plutôt que vers le sound system, et les Iphones fleurissaient pour immortaliser la star Biga*Ranx, qui se regardait chanter sur un interminable Liquid Sunshine.

La salle se vidait un peu après avoir acclamée les deux artistes. Pour clore les débats, les écossais de Mungo’s Hi-Fi venaient poser leurs platines, accompagnés de Kenny Knotts et Marina P au mic. Mais l’heure se faisait tardive et les skanks n’avaient plus la même dextérité. On rentrait repu, avec ce goût un poil inachevé de ne pas avoir pu davantage goûter l’esprit steppa de Sinai. Surtout, de ne pas accrocher aux influences trap ou pop de ces nouvelles formes de dub. Sans jugement définitif mais avec un ressenti purement instinctif d’un style qui ne chatouille pas l’oreille.

Un grand merci au Telerama Dub Festival de nous avoir concocté cette bien bonne tambouille une nouvelle fois, avec de grands moments de skank collectif. Et un immense bravo pour cet effort perpétuel de renouveler la scène dub en faisant émerger des collaborations ou en promouvant des artistes peu connues. C’est du bon boulot !

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