Live Report

Retour sur l’édition 2015 du Festival Emmaus !

4 septembre 2015, Jack'

Plus d’un mois après, Le Musicodrome a décidé de revenir sur l’édition 2015 du Festival Emmaus de Pau-Lescars. Nous y étions en qualité de festivalier, mais cela nous tenait à cœur de revenir sur ces deux jours de musiques, de discussions et de rencontres ! Une programmation éclectique, un village associatif plutôt aguichant et des conférences-débats organisées. Bref, Emmaus, et pas pour rien.

Une affiche plutôt alléchante, un prix plus que correct et des « à-côté » à l’allure intéressante et instructive ! Nous y sommes allés pour prendre du bon temps. Une fois arrivé en train à Pau, il a fallu aller sur site, quelle aventure, après une ribambelle de bus et un bon kilomètre de marche nous sommes finalement arriver sur le camping du festival. Une étendue de ce qui restait d’un champ de maïs, coincée entre des champs de maïs. Ça sentait, à notre grand plaisir, l’ambiance plus que joviale !

Tout a bien commencé, même si nous sommes arrivés en retard. Heureusement, nous n’avons pas loupé Tricky pour se mettre en jambe, une énergie sur scène ravageuse, il prenait son pied et était en parfait osmose avec son trip-hop mêlent hip-hop, soul music et rock. Bref une bonne heure de patate, et un changement de scène pendant lequel on a pu déguster une excellente barquette de frite et un délicieux hot dog pour des prix des plus raisonnables.

Une fois cela englouti, nous voici de retour devant la scène pour la prestation très attendue du groupe français anglophone The Do ! Quelle claque. Super jeu de scène, une énergie positive, un public acquis et une chanteuse franco-finlandaise omniprésente tant par sa voie magnifique, que sa tenue futuriste ! Un condensé de pop, de rock, de musique électronique et d’une voix pop-soul, flirtant parfois avec le hip-hop !

THe Do emmaus 2015

Olivia Merilahti chanteuse de The Do, pour une performance de haute volée – crédit photo : Facebook Emmaus Festival

Changement de plateau, on a testé les pissotières bricolées en tuyaux coupés et accrochés le long d’un grillage. Plutôt ingénieux comme système. Changement d’univers et de sonorités. Gojira, armé de leurs lourdes guitares, d’une double pédale acérée, de riffs puissants et d’une voie gutturale, nous en met plein les oreilles. Les fans de métal-music ne peuvent qu’apprécier, nous aussi tant leur musique est accessible, à condition de se protéger les tympans ! 1h30 de violences décibelliques qui font la réputation de ce groupe bayonnais. Pour la suite, pris de fatigue, nous aurons rejoint nos tentes après une bonne journée de vadrouille, ce qui nous aura fait louper Vandal et Logilo Dj set.

Le lendemain, direction le village associatif bien dodu du festival, et c’est ce qu’on aime. A partir de 10h pour les matinaux et jusqu’à 22h pour les retardataires. Ceci agrémenté de conférences-débats dans un grand marabout, sur le sujet à la mode : le climat. Agréable donc de sentir tout ces gens venir aussi pour le côté associatif et très engagé de cet évènement. Fondation abbé Pierre pour le maintien des APL, Green Peace pour le combat contre la destruction industrielle de notre faune et flore, La confédération paysanne pour lutter contre l’olligarchie des agro-alimentaires, les faucheurs volontaires d’OGM pour enrôler des volontaires anti-OGM, Kokopelli pour lutter pour le maintien des semences agricoles anciennes et fertiles, Emmaus Palestine pour évoquer les problèmes de la bande de Gaza, un collectif anti-TAFTA pour lutter contre ce projet économiquement fasciste… et j’en passe ! Un nombre de stands de petites associations locales sur des projets humanitaires, sur la transition citoyenne, sur des monnaies locales… ont fleuris au coeur du petit hameau du village Emmaus !

18h30, les concerts reprennent ! Barcella, paf d’entrée ! On ne le connaissait pas, maintenant oui. Une simplicité, une proximité, et une patate rarement vue pour ce petit groupe champenois. Le chanteur jongle avec intellect entre les mots et conquit le public. Un énorme coup de coeur. Un mélange entre chanson française, swing, slam et rap ! la soirée attaque très très bien… La suite est assurée par les Hurlements d’Léo qui chantent Mano Solo. Un vibrant hommage pour un personnage de la musique française. De plus que Fredo des Ogres les a rejoints sur scène… Mais la pluie a, elle aussi, redoublé d’intensité.

 Les Hurlements de Léo Emmaus 2015

Les Hurlements de Léo et Fredo chantent Mano Solo – crédit photo : Facebook d’Emmaus Festival

Cella dit cela n’a empêché aucun festivalier de s’éclater sur le groupe local, et bien connu, Zebda ! Un prestation décapante, une énergie à revendre, un public sur-excité et nombreux. La fête se faisait sous la pluie et sur les airs populaires du groupe. Une ambiance de feu, bercée dans de l’ultra-convivialisme, avec un pluie qui n’en finissait plus de tomber pour essayer d’éteindre cette fournaise !

Pause et changement de plateau fatal pour le suivant Arthur H, le compositeur-interprète aura officié devant une foule réduite et trempée dans son style si particulier. Les festivaliers étant allés se changer et se réchauffer sous le grand marabout où des mini-concerts de percussion s’étaient organisés. Un partie des gens attendait la suite, Fauve. Une autre partie s’en était déjà allée. Dommage car le collectif Fauve aura assuré un spectacle agréable, et surprenant. Énergique, bouillonnant et fort dans leurs paroles, ils nous auront fait plaisir sous cette pluie intraitable. Malheureusement nos os trempés jusqu’à la moelle ne demandaient qu’à aller se sécher sous la tente, et nous n’aurons pas fini sa prestation, ni assisté au groupe suivant. Et pas des moindres puisqu’il s’agissait de Ez3kiel.

Nul doute, le festival Emmaus est un festival incontournable dans le sud-ouest. Qui change et qui est engagé. Nous le conseillons à tout le monde, car il ne s’agit pas juste de se mettre dans un état second, ou pas, pour apprécier la musique, mais aussi d’accrocher à l’esprit Emmaus. Qui cette année est tournée vers une nécessité de changer notre consommation excessive, de rétablir de vrais liens humains entre nous, et de respecter notre support de vie : l’environnement.  D’ailleurs il y aura eu lors de la première soirée, un long discours d’un membre d’Emmaus, intéressant et éloquent sur notre société actuelle. Certains auront été gonflés par ce monologue, c’est bien dommage, car il était plutôt intéressant. On ne peut pas obtenir une croissance économique infinie dans un monde ou les limites physiques et chimiques sont finies. Un brin décroissant Emmaus ? On ne peut pas leur donner tort. Lucide.

Les bon points du festival :

– Une restauration de qualité et peu onéreuse

– Les gestes écologiques : Toilettes sèches, distribution de sacs poubelle et écocups sont de mise ! (oui certains festivals n’en sont pas encore là)

– Passerelle pour personnes à mobilité réduite

– Un village associatif vivant et très étoffé, un vrai côté alternatif donné au festival

– Pour la musique, mention spéciale à The Do, Zebda et surtout Barcella. Bête de scène et de fosse !

– Le sound system ambianceur pendant les changements de plateau

– Le vestiaire organisé par les bénévoles, pour éviter de se faire confisquer certains objets au risque de ne pas les récupérer

– L’immensité des parkings de campement du festival. Et les énormes bennes de tri situées au milieu

Les points moins sympa (il y en a peu) :

– Forcément relatif à cette édition, la pluie. Mais on ne peut rien y faire.

– La localisation « loin de tout » du site, mais au moins ce n’est pas dérangeant

– La vente de soda issue de grandes firmes trans-nationales qui ne colle pas trop avec l’esprit Emmaus. Cela permet bien au SAM de boire quelques choses, mais pourquoi ne pas proposer des sirops, ou encore des sodas artisanaux (limonades…).

Article rédigé par Jackonthemoon

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