Chronique

R-DuG « Elephant kush » (2016)

7 mars 2016, Aiollywood
R-DuG

Un premier album en 2014, une programmation remarquée dans le célèbre Télérama Dub Festival 2015, chaque année réserve son lot de surprises au côté de R-DuG. En plein boom, l’ardéchois ne compte pas s’arrêter là : le 22 février dernier, l’artiste a déboulé dans les bacs avec son second opus, « Elephant kush ». On se pose, on s’attache, le voyage va pouvoir commencer.

On se demande comment, ces dernières années, de nouveaux groupes estampillés « dub » peuvent encore émerger. Il faut bien le reconnaître, la scène dub française fourmille d’une multitude d’artistes dub, plus ou moins connus, qui enflamment les soirées sound system, en plein air, dans des salles et même dans les bars. Cependant, l’Ardèche est une terre fertile, très friande de dub. On y retrouve un gros public dub pour des soirées souvent épiques, mais aussi des projets qui basculent subitement de l’autre côté de la barrière.

R-DuG Elephant kush

R-DuG a, en tous cas, trouvé la formule bien équilibrée qui pousse l’auditeur à s’intéresser à ce projet d’un plus près : Bruno Pronesti s’occupe du chant et surtout des machines tandis que Florent Fusillier est armé d’une guitare pour apporter la petite touche personnalisée de R-DuG. R-DuG n’est pas pressé, il aime prendre le temps d’explorer les contrées traversées. Il y a du dub, bien entendu, mais pas que. Le genre est en effet dépassé : Dub fairy town renvoie aux racines du dub, presque down tempo, avant que la guitare apporte des sonorités indiennes limites psyché. Ces tendances massives, domptées par la guitare, se retrouvent également sur Tanaghmelt. Du dub, oui, mais aussi des savantes notes plus world.

Même si, comme à chaque périple, il faut aussi des penchants roots, Atom fire pourrait rapidement rivaliser avec le crew du Stand High au sommet de sa forme : le son pulse, le chant percute, les machines envahissent les ondes. Ce reggae/dub incisif se retrouve aisément sur d’autres tracks, tels que celui d’ouverture Mecanic skank ou encore Hellebore, voire même sur les très très dubby Dug strikes back/Black arrow. Les influences se sentent, R-DuG s’imprègne également des « papas », Réanimator Hifi est lui aussi lourd, rappelant les envolées fantastiques d’High Tone sur son mythique « ADN (Acid Dub Nukleic) ».

A la limite des vastes prairies bien vertes et d’un désert aride, R-DuG tire le bénéfice de ses embardées : la poussière se met subitement en suspension, planant au-dessus des plaines, balancé au beau milieu de La ronde des pachidermes. D’une douceur abyssale, bercée par la brise, R-DuG affronte aussi l’eau, Galant captain, avant que celle-ci le faire tanguer dangereusement (Bass corner).

R-DuG, en contact avec les éléments, se sert de sa faculté à mélanger les genres et les influences pour concocter un second opus ingénieux : dépassant le cadre du dub et des tendances steppa, à nouveau en vogue actuellement, le groupe propose une recette variée, alliant dub et reggae, le tout agrémenté de penchants world et plus particulièrement oriental. Le cocktail annonce un joli volcan sur les planches, au croisement des quatre saisons et des quatre coins du globe.

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. Mecanic skank
2. Dug strikes back
3. Galant captain
4. Hellebore
5. Dub fairy town
6. Black arrow
7. Tanaghmelt
8. Guernica
9. Réanimator Hifi
10. Bass corner
11. Atom fire
12. Ronde des pachidermes

Durée : 57 min
Album : 2ème
Sortie : 22 février 2016
Genres : Dub / Reggae / World

Articles affiliés :

Critique Asian Dub Foundation A History of now 2011

Asian Dub Foundation « A history of now » (2011)

19 février 2011
Le Peuple de l'Herbe Next Level 2014

Le Peuple de l’Herbe « Next level » (2014)

9 octobre 2014

Scratch Bandits Crew « Stereo 7 » (2015)

19 mai 2015

Pas de commentaire

Donnez votre avis

Conception & réalisation : Cereal Concept