Chronique Express

Ondubground x Chill Bump / Supachill « Sofa » (2018)

22 novembre 2018, Aiollywood
supachill sofa 2018 album chronique critique

Les deux chroniques express mettent à l’honneur aujourd’hui non pas deux mais trois groupes : ceci s’explique par une collaboration inédite entre Ondubground et Chill Bump… puis par une nouveauté bien rafraîchissante du nom de Supachill.

Ondubground x Chill Bump (20 octobre 2018) chez ODG Prod -HIP HOP/DUB/ELECTRO-

L’idée d’une collaboration faisait saliver d’avance. D’autant plus que ces deux groupes n’ont pas fait les choses à moitié : histoire de laisser une trace indélébile de leur rencontre, ces derniers ont sorti un album ainsi qu’un live sur mesure et éphémère pour marquer le coup. Cette collaboration, créée de toutes pièces pour l’édition 2018 du Télérama Dub Festival qui est en train de s’achever (il ne reste que la date parisienne, ce samedi), il semblerait que les gaillards aient toutefois décidé de jouer les prolongations puisque un passage est prévu à Toulouse, le 1er décembre prochain. En voilà une bonne nouvelle… Avant de les (re)découvrir sur scène, il était impensable de ne pas jeter une oreille aux premiers sons dévoilés sur galette. Pas avare, le méga crew a sorti 9 titres. Connaissant la force de frappe de Chill Bump avec son flow dévastateur et ses beats alléchés… et celle d’Ondubground, avec sa sauce dub bien léchée, on s’attendait à avoir du très lourd. Malheureusement, il faut commencer par là, le rendu est dans l’ensemble bon sans forcément tutoyer les sommets. Le début d’album correspond vraiment à ce que l’on attendait : Wingsuit est hybride, quasiment atmosphérique, une bombe dub digitale, qui rappelle les récents penchants sombres d’High Tone. Chemistry, déboulonnée par le flow de MC Miscellaneous, se déguste également d’une traite et c’est Chill Bump qui donne le ton. Leurs deux mondes sont à l’unisson sur Shake dat thing, où des influences trap s’invitent sans crier gare, tandis que Riding shotgun fait monter la pression ! Une fois la moitié d’opus passée, on sent bien que les tourangeaux ont envie de dépasser leurs univers musicaux pour essayer d’autres choses, laissant le tout se déliter au profit d’expérimentations sonores variées. Herd mentality est très riche, voire même un peu trop, même si le rythme effréné de ce track nous force à accrocher sans résistance. Les 4 derniers tracks s’aventurent dans des méandres hasardeux, dont l’auto-tune, où les influences clubbing plombent globalement l’ambiance. Dommage…

Supachill « Sofa » (12 octobre 2018) chez Banzaï Lab -HIP HOP/TRIP HOP/JAZZ-

Après avoir abordé ces deux groupes qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai, place maintenant à Supachill, une découverte automnale signée chez Banzaï Lab. Ce projet n’est pas anodin et il est d’ailleurs bichonné par un des fondateurs du label, Senbeï. Ce dernier est à la manette de la prod’ et du mastering de « Sofa »… et ça s’entend ! Constitué de musiciens jazz, de chanteuses soul et de rappeurs, Supachill est un projet, là aussi, éphémère. En 10 titres, « Sofa » parvient à se tailler une place aux côtés d’artistes qui aiment manier hip hop, trip hop et jazz. Mars en jazz, qui lance l’album, dresse le portrait, sans accroc de cet opus : les instrus sont propres, on peut se retrouver sans malaise au fond d’une veille cave hip hop comme sur les trottoirs poisseux de la Nouvelle Orléans. Ici, on cause underground et on sait y mettre du rythme : la compo partagée avec Youthstar, Open up, est une véritable bombe ! Le flow est percutant, les cuivres donnent le tempo et réchauffent les cœurs. L’arrivée de l’indémodable Skarra Mucci, sur Money maker, confère des penchants roots à Supachill qui ne sont pas sans rappeler les excellents stéphanois de L’entourloop (ressemblance très frappante sur ce morceau). Pourtant, Supachill s’en démarque aisément en explorant d’autres genres musicaux pour présenter son projet : en creusant des facettes davantage soul (Shaolin soul sister, The scribbler…), Supachill parvient à ne pas se rapprocher de l’univers de Wax Tailor grâce l’omniprésence des cuivres. Les 40 minutes de « Sofa » se dévorent en une seule écoute et il est impossible de ne pas citer les ballades hip hop de Peace ou de Sofa, suspendues sur un fil. Un album à écouter, un groupe à découvrir.

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