Chronique

NohOï « Maelstörm » (2017)

11 octobre 2017, Aiollywood
Critique Nohoï Maelström 2017

Découvert en concert lors d’un passage avec NaÖ dans l’agglo lyonnaise, le duo NohOï a eu le temps de retranscrire toute son énergie live à travers sa toute première galette, « MaelstrÖm », dévoilée en fin de mois de janvier dernier.

Adepte des tendances post-rock et electro, NohOï est à classer, pardonnez-nous du terme, aux côtés des mentors français du genre, tels que NaÖ ou des sonorités d’Ez3kiel à leurs débuts. Si l’étiquette est souvent facile à accoler à un groupe, cela n’empêche pas non plus à l’auditeur de la décoller à sa guise. Car au-delà d’un amour de la musique et du genre travaillé, il faut que le groupe arrive à vous transporter. Le mois dernier, nous vous parlions du dernier opus de Mogwaï, atmosphérique. Cette capacité à faire voyager, tout le monde ne l’a pas.

Sur « MaelstrÖm », NohOï y arrive presque avec facilité. Avec une dizaine de titres, le duo s’amuse, triture, joue au yo-yo avec nos sens et le rythme. Tantôt énervée, tantôt posée, l’ambiance mute et nous transporte ailleurs. A l’image du titre d’ouverture, A slOw riOt, le voyage est immédiat. Même si les sons très proches de l’univers de Mogwaï, le track ne manque pas de saveurs. L’ascension ne semble pas vouloir s’arrêter, provoquée par les nappages d’une guitare électrique qui s’envole. Parlons-en, justement, de cette ascension : plusieurs tracks nous blindent nos réserves d’oxygène (33 révOlutions par minute, Organ 131 ou le un peu long MaelstrÖm et ses 12 minutes bien pesées). Ici, chaque déplacement est assez lent et l’élévation se fait à pas feutrés.

A l’image de ses mentors, NohOï va s’hasarder dans les pratiques habituelles liées à ce jargon musical. Sur des nombreux tracks, on perçoit aisément la construction rythmique en trois temps : douce montée, brutale re-descente, et tentative de nouvel envol. Oak en est le magnifique exemple : en parfait équilibriste, le chef d’orchestre brouille les pistes avec un carillon et une guitare à crever le cœur avant de subitement chuter dans des abîmes rock. La tentative de remonter vers la lumière sera belle mais veine, il rejoindra la pénombre en un souffle. MeO sera également calqué sur ce même schéma.

On notera également la présence de morceaux tapageurs dans le répertoire du groupe comme Shady lane, entre deux mondes, ou encore Hans bach où l’énergie monte crescendo avec des machines devenues omniprésentes. Impossible enfin de ne pas citer des bombes construites à l’acide avec une force de frappe incontrôlée tels que Lester (qui sonne très NaÖ pour le coup) ainsi que Hobby hOrse. Une explosion des sens pour des sons à se cogner la tête contre le mur, il fallait bien ça pour compléter le premier tableau proposé par NohOï.

Même si les sonorités rencontrées tout au long de ce dix titres font quelques fois échos à ce que d’autres artistes du genre proposent, NohOï pose sa toute première griffe avec brio sur ce « MaelstrÖm ». L’album provoque une belle évasion, entre douceur et fureur. Nul doute que le duo façonnera plus en profondeur son identité sur sa seconde création. A suivre !

FICHE TECHNIQUE

Tracklist
1. A slOw riOt
2. Lester
3. Hobby hOrse
4. 33 révOlutions par minute
5. Shady lane
6. Oak
7. Organ 131
8. MeO
9. Hans bach
10. MaelstrÖm

Durée : 59 min
Sortie : 28 janvier 2017
Label : autoproduit
Genres : Post rock / Electro

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