Live Report

Mickey 3d, 11 ans après, de retour à Nîmes (Paloma, 30) 04.05

10 mai 2016, Aiollywood

Mercredi soir, Paloma. Veille de jour férié. Encore une jolie journée qui nous rapproche un peu plus de l’été. Le monde fourmille sur le parvis nimois. Mickey 3d est de retour à Nîmes après son dernier passage aux Arènes, en 2005. Plus de dix ans plus tard, la Grande Salle n’affiche pas complet mais aucun doute : à voir les plaques sur le parking, les spectateurs se sont déplacés de tous les départements limitrophes pour assister au concert des stéphanois.

Mickey 3d est un groupe paradoxal. Après des débuts galères dans les années 90 -comme un bon nombre d’artistes indépendants-, le groupe amené par Mickaël Furnon a fini par exploser en 2002 d’abord suite à J’ai demandé à la lune, écrit pour Indochine, puis en 2003 avec son fameux tube, Respire. L’opus « Tu vas pas mourir de rire » (2003) fit office de rampe de lancement pour un groupe encore méconnu un an plus tôt. Les récompenses suite à cette à cet album (Victoire de la Musique, Prix Constantin) transforment le groupe qui, inéluctablement, change la donne. « Matador » (2005) ravit les foules, même s’il est beaucoup plus léger que les précédents, et s’ensuit une tournée fleuve. Tellement fleuve que Mickey 3d en parait usé. 2007 marque au fer rouge la séparation du groupe qui continue à vivre à travers ses disques. La demie reformation de 2009 avec « La grande évasion » est en demie-teinte et passe à nouveau sous silence.

C’est bien loin des projecteurs et des radios que Mickaël reconstruit Mickey 3d en 2015. La belle Najah El Mahmoud réintègre le groupe, le noyau dur est reconstitué. Doucement et sans se presser, Mickey 3d renaît de ses cendres. « Sebolavy », tout juste sorti en avril dernier, en est le symbole. Plus intimiste, plus frais aussi avec ses penchants pop et synthés, le groupe revient avec un certain bagage et des ambitions qu’il a envie de montrer à Paloma. Dans une ambiance feutrée où les fans de la première heure mais aussi de nombreux aficionados s’étaient retrouvés, tout ce beau monde a chanté les anciennes et les nouvelles compos. Le premier tiers du concert a d’ailleurs été peu orthodoxe : Mickey 3d a choisi de proposer d’abord une bonne partie des compositions de « Sebolavy » pour ensuite passer aux vieux tracks. De leur magnifique single en hommage à Sophie Scholl, La rose blanche (groupe de jeunes résistants chrétiens allemands résistants aux nazis) au track « Mickaël touch » J’attends Mylène, Mickey 3d déroule. Avec son ami Géronimo jamais bien loin (Après le grand canyon), Mickey est toujours aussi charmeur avec les Sylvie sur l’épique Sylvie, Jacques et les autres qui était, forcément, présente à Paloma.

Bien décidés à sortir la basse des tiroirs, le nouveau Mickey 3d offre aussi des envolées funky qui déhanchent comme avec Sebolavy clairement groovy, mais aussi avec Le dernier des cinglés et sa petite touche british amusante. Impossible aussi de ne pas s’arrêter quelques instants aux côtés de ce pauvre François sous la pluie, superbement bien imagé et terriblement vrai, où la naïveté s’est munie d’une guitare acoustique éblouissante.

Traversant le temps et les époques, les joyaux lurons s’en prennent désormais à leurs précédentes galettes pour ravir une salle déjà aux anges. On prend aisément sa place lorsqu’il entonne Les lumières dans la plaine, d’une douceur abyssale (« tu vois la vie, c’est comme les lumières dans la plaine, c’est chouette, ça brille, mais c’est jamais c’qu’on croit »). D’un rêve de gosse à un autre, nous voilà replongé à l’époque de Quand on avait 7 ou 8 ans et sa mélodie entêtante sifflotée ou le fracassant Les mots. Bien décidés à lâcher l’acoustique pour passer à l’électrique, l’intensité ne cesse de monter d’un cran. En frappant contre les murs, l’union est proche : Il faut toujours viser la tête et Matador déboulent avant de poursuivre l’exploration. Respire, bien évidemment, Les gens raisonnables, éternellement d’actualité, mais aussi de vieux incontournables comme Ma grand-mère ou Jeudi pop pop.

Jamais rassasié, Paloma en redemandera et sera servie : les nîmois auront droit à une belle reprise C’est déjà ça, de Souchon, en référence à la crise migratoire du moment (« marcher dans une ville d’Europe, c’est déjà ça ») avant de faire retentir un Johnny Rep très demandé. L’ange vert a plané dans Paloma, Mickey 3d a signé un joli retour près de 11 ans après.

Crédits photos : Photolive30

 

 

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